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Saga

Et SES traverse l’Atlantique



C’est depuis son château à Betzdorf que l’opérateur de satellites SES a piloté sa croissance internationale. (Photo: SES)

C’est depuis son château à Betzdorf que l’opérateur de satellites SES a piloté sa croissance internationale. (Photo: SES)

En marge du 15e anniversaire de Paperjam, Paperjam.lu propose, chaque lundi, de présenter une personnalité, un lieu, une société, et de le replacer dans le contexte qui était le sien en 2000… Cette semaine, les premiers pas de SES en Amérique.

Opérateur national de satellites à l’origine, SES est devenu, en 2001, le géant mondial que l’on connaît, avec l’acquisition de 100% du capital de GE Americom. Pourtant, c’est un an plus tôt que l’opérateur de Betzdorf décide de franchir l’Atlantique, après avoir posé un pied en Asie en 1999, avec l’achat d’un peu plus d’un tiers du capital d’AsiaSat.

Entrée en Bourse en 1998, la Société européenne de satellites, qui compte alors une flotte de neuf appareils, lance en effet, en 2000, deux grandes opérations de croissance externe. Ça commence avec l’annonce d’une prise de participation de 50% dans la société suédoise Nordic Satellite AB, alors opératrice de trois satellites Sirius comparables à ceux de SES, en orbite au-dessus des pays scandinaves. 

Cette prise de participation, d’un montant de cinq milliards de francs (environ 125 millions d’euros) est complétée par une alliance avec l'entreprise publique Swedish Space Corporation, qui détient l'autre moitié du capital. 

Participation transférée chez GE

Mais c’est surtout au cœur de l’été que l’opérateur de Betzdorf réalise son premier gros coup: l’acquisition de 20% du capital de l'opérateur brésilien Embratel Satellite Division (ESD, membre du groupe Worldcom), pour quelque 135 millions d’euros (avec une option pour 10% supplémentaires). Ce deal est loin d’être anecdotique pour SES: ESD est l'opérateur du système de satellites Brasilsat, qui constitue la plus importante flotte satellitaire d'Amérique du Sud. 

Cette opération concrétise une volonté affichée depuis l’introduction en Bourse de la société: partir à la conquête du Nouveau Monde. Europe, Asie, Amérique du Sud: l’empire de SES commence à prendre forme. Il ne manque plus que l’Amérique du Nord. Une simple question de temps, puisqu’en 2001, la société annonce l’acquisition de 100% du capital de GE Americom, scellant la création de SES Global, portée par les deux sociétés opérationnelles (SES Astra et SES Americom), gérant alors une flotte de 41 satellites.

C’est dans la filiale Star One d’Embratel, créée fin 2000, que la participation de SES va se concrétiser. Elle restera dans le portefeuille de l’opérateur luxembourgeois jusqu’en 2007, date à laquelle elle est transférée dans le giron de GE dans le cadre d’une opération de scission-échange. 

Sept nouveaux satellites d’ici à fin 2017

Aujourd’hui, SES opère une flotte de 54 satellites et affiche, au terme du premier trimestre 2015, un résultat net part du groupe de 131 millions d’euros, avec un carnet de commandes s’établissant à 7,4 milliards d’euros. L’opérateur a, au cours de ce premier trimestre, passé commande pour trois nouveaux satellites destinés à servir de levier pour la croissance future. 

Les prochains lancements sont planifiés pour le 3e trimestre 2015 (SES-9 pour la région Asie-Pacifique) et le 4e trimestre 2016 (SES-10 et SES-11 pour l’Amérique latine et l’Amérique du Nord). D’ici à fin 2017, ce sont, au total, sept nouveaux satellites qui seront lancés, ajoutant une capacité de 180 répéteurs supplémentaires, soit une augmentation de 12% par rapport aux capacités disponibles actuelles. 

Parmi ces futurs satellites, GovSat (SES-16), prévu d’être lancé au deuxième trimestre 2017. La société vient de désigner son CEO, issu du sérail SES.