PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Ada

Développement autonome et finance inclusive



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Mia Adams, la fondatrice d'Ada, en octobre dernier, lors de la soirée anniversaire d'Ada: «Je ne me suis jamais imaginé que Ada deviendrait si grand.» (Photo: ADA)

En marge du 20e anniversaire de Maison Moderne, Paperjam.lu propose, chaque lundi, de présenter une personnalité, un lieu, une société, et de le replacer dans le contexte qui était le sien en 1994… Aujourd’hui, la création de l’asbl Ada.

Mia Adams-Bormans est une femme heureuse. «Je ne me suis jamais imaginé qu'Ada deviendrait si grand. Je voulais avant tout qu'Ada soit bon et efficace dans ses domaines. Si en étant bon et efficace, on devient grand, c’est bien. Mais ce n’est pas une fin en soi», expliquait-elle en octobre dernier, au moment où l’asbl célébrait ses 20 ans.

C’est en effet le 11 mai 1994 que l’association Appui au développement autonome a été constituée par Mme Adams, appuyée par un groupe d’amis issus du secteur financier, alors convaincus que la microfinance constitue une aide efficace pour lutter activement contre la pauvreté. C’est même au rez-de-chaussée de son propre domicile, pendant trois ans, que l’asbl – qui dispose d’une mise de départ de 300.000 Luf (7.400 euros…) sera «logée».

Nicolas Schmit lui met le pied à l’étrier

Les premiers projets réalisés par Ada le seront au Sénégal, en particulier dans un programme de formation financière pour des groupements de femmes entrepreneuses ou encore dans l’appui financier apporté à de jeunes pêcheurs.

Les premiers pas de Mia Adams et d'Ada, en 1994, au Sénégal. (Photo: Ada)
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Ada dispose, pour son démarrage, du soutien d’un fonctionnaire du ministère de la Coopération: un certain Nicolas Schmit, aujourd’hui ministre du Travail et de l’Emploi.

C’est en 1997 que l’asbl emménage dans des locaux propres, au boulevard Joseph II, et qu’une secrétaire à mi-temps est embauchée. C’est aussi cette année-là que la Grande Duchesse Maria-Teresa apporte, pour la première fois, son soutien à Ada (un soutien qui deviendra, en 2007, un «Haut Patronage» officiel).

Un an plus tard, en 1998, un premier fond en microfinance est créé: Luxmint, doté de 800.000 Luf (20.000 euros) et qui permet aux institutions de microfinance (IMF) d’accéder à des financements, mais également à des conseils et des appuis techniques. En 2009, un autre fond est créé: le LMDF (Luxembourg Microfinance and Development Fund): une sicav dont l’objectif est de soutenir les institutions de microfinance responsables et qui «pèse», aujourd’hui, quelque 17 millions d’euros. 

2007, un tournant

Au fil des ans, Ada a continué à grandir, bénéficiant, aussi, de l’éclairage apporté par «l’année internationale du microcrédit» instaurée par les Nations unies en 2005. Mais c’est en 2007 que l’existence de l’association prend un tournant décisif: après avoir été soutenue par le biais de plusieurs cofinancements et autres subsides, l’asbl signe en effet un mandat spécifique d’une durée de cinq ans avec le ministère de la Coopération en vue de la réalisation d'un important programme d'actions en matière de microfinance. Un contrat qui sera renouvelé en 2012 pour cinq années supplémentaires, autour de cinq types d’activités: le développement de services financiers inclusifs et innovants; le renforcement de capacités et l’appui aux acteurs du secteur; les services d’investissement en finance inclusive; la recherche; et, enfin, la gestion et la diffusion des connaissances.

Aujourd’hui, Ada travaille avec plus de 150 IMF dans le monde et facilite l’accès aux services financiers à près de cinq millions de personnes dans 23 pays en développement. Fin 2012, la finance inclusive (qui va bien au-delà du seul service de microcrédit et dont l’appellation, d’ailleurs, remplace progressivement celle de «microfinance») concernait plus de 200 millions de clients et quelque 73 milliards de dollars de prêts en cours.