POLITIQUE & INSTITUTIONS
POLITIQUE

De la réciprocité en amour



illusions.jpg

Quatre personnages expliquent l'amour et la vie. (Photo: Bohumil Kostohryz)

Dimanche aura lieu la dernière représentation de la pièce Illusions d’Ivan Viripaev, mise en scène par Sophie Langevin au Théâtre du Centaure.

Ils sont quatre trentenaires sur scène qui viennent tour à tour nous raconter la vie de deux couples d’octogénaires. Jeanne Werner, Eli Johannesdottir, Pitt Simon et Raoul Schlechter parlent tour à tour de Sandra et Dennis, Margareth et Albert, deux couples mariés, amis depuis toujours.

Tirant le bilan de leur existence, ces personnes s’interrogent sur l’amour qu’ils ont vécu, qu’ils ont éprouvé, qu’ils ont fantasmé, qu’ils ont feint… Ils se sont aimés, sont partis en vacances ensemble, ont cherché ensemble leur place dans le monde. Le spectateur découvrira qu’ils se sont menti et trahis, à moins que tout cela ne soit qu’une farce, un fatras d’illusions.

Auteur, metteur en scène et comédien, Ivan Viripaev est né en Sibérie, en 1974. Son théâtre connaît un succès international à travers différents festivals et adaptations. L’amour chez l’auteur est une imagination, et la vie un théâtre, souvent drôle et mauvais. C’est ce que Sophie Langevin fait parfaitement ressentir dans sa mise en scène en jetant le trouble chez le spectateur: est-on face à des comédiens qui jouent des personnages, des personnages qui jouent le rôle d’autres?

Et surtout qui aime qui finalement? Balancés de surprise en surprise à travers les confessions de chacun, nous nous interrogeons nous-mêmes sur la valeur du récit, sur l’illusion du réel et, bien sûr, sur ce qu’est l’amour. À plusieurs reprises, les personnages affirment: «il n’y a de véritable amour que dans la réciprocité» pour, quelques minutes plus tard, démontrer que l’inverse est vrai aussi et brouiller les pistes.

«Cela parle de nos vies, de nos désirs absolus d’amour. À travers ces bobards qu’ils se sont racontés, nous voyons notre condition humaine, avec ce qu’elle charrie de mensonger. À travers ces illusions, se dégage la force de la vie qui s'échappe, celle qui veut prendre des risques irraisonnables», détaille la metteuse en scène.

La pièce est servie par ces quatre acteurs tout à fait à leur place qui ont l’air de prendre un réel plaisir à nous embobiner, à nous faire croire une chose pour certifier son contraire, à se prendre pour des autres tout en nous parlant de nous. C’est absolument ça le théâtre.

Illusions, le 21 février à 18h30 au Théâtre du Centaure.