ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Fedil

Charles Krombach au service des industriels



Charles Krombach a présidé la Fedil de 2000 à 2006.  (Photo: Blitz / archives)

Charles Krombach a présidé la Fedil de 2000 à 2006. (Photo: Blitz / archives)

En marge du 15e anniversaire de Paperjam, Paperjam.lu propose, chaque lundi, de présenter une personnalité, un lieu, une société, et de le replacer dans le contexte qui était le sien en 2000… Cette semaine, l’élection de Charles Krombach, grand amateur de tennis, à la présidence de la Fedil.

C’est en mai 2000 que Charles Krombach est élu par ses pairs en tant que nouveau président de la Fedil, succèdant à Marc Assa, qui occupait le siège depuis 1987. Alors âgé de 58 ans, M. Krombach est le directeur du producteur de tabac Heintz van Landewyck. Cet ingénieur diplômé de l’Université d’Aix-La-Chapelle (1967) et de l’Insead à Fontainebleau (1968) avait démarré sa carrière comme ingénieur système chez IBM Luxembourg en 1968, avant de rejoindre HvL cinq années plus tard comme adjoint à la direction, son beau-père occupant alors la direction générale depuis… 1933.

M. Krombach en devient directeur général en 1998 et prend donc, deux ans plus tard, les rênes de la puissante Fedil, à un moment clé de l’évolution de l’économie luxembourgeoise, à l’heure où la «nouvelle économie» et les développements digitaux induisent «une nouvelle approche des affaires».

Du reste, en tant qu'organisation représentant des entreprises high-tech fortement impliquées dans les technologies de l'information et de la communication, la Fedil se targue alors de vouloir contribuer au débat sur la mise en place de la société de l'information au Luxembourg et d’accompagner ce qui s’appelle alors le programme eLuxembourg.

L’attentisme du gouvernement prend des proportions malsaines.

Charles Krombach, président de la Fedil en 2006

Les conséquences des attentats du 11 septembre; l’introduction de l’euro; l’élargissement de l’Union européenne, avec l’entrée de 10 nouveaux pays, dont huit issus de l’ancien «Bloc de l’Est»; ou encore l’émergence des pays Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont été autant de sources de pression pour les entreprises luxembourgeoises.

Le pays, du reste, n’échappe pas à certains problèmes structurels, sources de certains dérapages (inflation, coûts salariaux, dépenses publiques, chômage...). «Les handicaps structurels de notre économie ont été dénoncés à maintes reprises dans les rapports internationaux dressés par le FMI, l’OCDE, l’Union européenne ou encore dans le rapport Fontagné», rappelle d’ailleurs Charles Krombach, en 2006, à l’occasion de son dernier discours en tant que président de la Fedil.

«Au Luxembourg, les idées mêmes de compétitivité, de comparaison internationale, d’attractivité, de meilleures pratiques sont le plus souvent ignorées, quand elles ne sont pas simplement rejetées», regrette-t-il alors, mettant en garde contre «un attentisme, un conservatisme qui prend des proportions malsaines».

Administrateur au sein du groupe Wendel

La voie est toute tracée pour son successeur, Robert Dennewald, qui ne cessera, depuis, de défendre ardemment la compétitivité des entreprises du pays et de se battre notamment contre le mécanisme d’indexation automatique des salaires.

Charles Krombach, lui, passe le relais, à la tête de HvL, en 2009, à Marc Wagener. Il siège encore quelques années au conseil d’administration de Villeroy & Boch jusqu’en 2013 et est toujours administrateur de Trief Corporation (groupe Wendel).

Parallèlement à une longue et brillante carrière industrielle, M. Krombach a également un passé de sportif de bon niveau, puisqu’il fut à plusieurs reprises champion interclubs de tennis au sein du club du Spora, dont il a ensuite assumé la présidence. Son père, Jean, fut lui aussi sportif émérite. Il participa même aux Jeux olympiques de Berlin en 1936, engagé sur l’épreuve du 400 mètres.