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Fabio Spirinelli - JSL

«Agir aujourd'hui pour construire le monde de demain»



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Fabio Spirinelli a été élu secrétaire général des Jeunesses socialistes luxembourgeoises lors de leur congrès du 12 mars dernier. (Photo: DR)

Chaque semaine, Paperjam donne carte blanche à un politicien, dans laquelle il évoque ses débuts, la manière dont il perçoit l’évolution de son parti, et un fait d’actualité qui l’a marqué. Découvrez – ou redécouvrez – Fabio Spirinelli, nouveau secrétaire général des Jeunesses socialistes luxembourgeoises (JSL).

Monsieur Spirinelli, quel a été votre premier acte militant?

«Déjà de par mon environnement familial, j’ai été sensibilisé assez tôt aux idées de gauche. À 16 ans, j’ai participé pour la première fois à une manifestation à Esch-sur-Alzette, contre le projet de loi n° 5611 sur le chômage et les mesures en faveur de l’emploi des jeunes.

Mais à l’époque, je n’étais pas encore membre d’un parti. En fait, cela ne fut le cas qu’en 2013, lorsque j’ai adhéré au LSAP après les élections législatives. Mon premier acte militant fut alors le collage et la distribution des affiches pour les élections européennes de 2014.

Comment envisagez-vous l’avenir politique du LSAP au regard des prochaines échéances électorales?

«Pour ce qui est des élections communales, il faut faire confiance aux sections locales. Elles ont l’avantage d’être proches des citoyens. À Differdange, où je suis engagé dans la section locale du parti, nos deux échevins Erny Muller et Fred Bertinelli font un excellent travail. La ville évolue de façon très positive grâce à la participation du LSAP. Nous sommes une équipe très dynamique, notre président Pierre Hobscheit fait un travail remarquable, et je suis certain que nous pourrons convaincre les gens de nos atouts.

Pour les élections législatives, il est indispensable que le LSAP reste fidèle à ses valeurs pour ne pas perdre sa crédibilité. Ces derniers mois, il y a eu des mesures plus positives, comme la subvention de loyer ou la réforme fiscale. Or, cette dernière ne va pas encore assez loin pour combattre les inégalités. D’autres mesures, comme celles du ‘paquet pour l’avenir’, ont rendu la situation de nombreuses personnes plus précaire.

En tant que JSL, nous allons continuer à nous engager pour un monde plus juste, pour les droits des jeunes et pour une Europe plus solidaire. Nous comptons participer de manière constructive et critique aux débats politiques. Notre proposition d’initiative pour la création d’un Conseil national de lutte contre les inégalités, votée et adoptée au congrès du LSAP, l’illustre parfaitement. Je suis persuadé que par nos actions, nous pouvons montrer aux jeunes qu’ils peuvent avoir un impact. En tout cas, il faut agir dès aujourd’hui pour construire le monde de demain.

Qu’avez-vous retenu de l’actualité de ces derniers jours? Quel événement vous a plus particulièrement marqué? Et pourquoi?

«L’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie a particulièrement attiré mon attention. Parce que l’Europe n’a pas réussi à trouver une réponse commune et humaine à la crise des réfugiés, nous négocions avec un régime autocratique qui ne respecte pas les libertés fondamentales et réprime la minorité kurde. Cet accord n’est rien d’autre qu’un outsourcing du problème, et des êtres humains sont traités comme des marchandises. Nous accordons trois milliards d’euros à la Turquie pour qu’elle reprenne des réfugiés ‘irréguliers’ qui sont actuellement bloqués en Grèce, au lieu d’investir cet argent dans notre propre politique d’accueil et dans l’aide humanitaire en Syrie. En plus, comment vérifier que cet argent soit utilisé à bon escient par la Turquie pour venir en aide aux réfugiés sur ses propres terres? Cet accord est un échec pour l’UE et une victoire pour Erdogan qui a su profiter pleinement de la situation.

Un autre événement attristant et tragique concerne les attentats à Bruxelles, qui ont détruit tant de vies innocentes. Il ne s’agit pas d’une attaque contre un pays, mais d’une attaque contre l’humanité. Le terrorisme se nourrit de la haine et du fanatisme. On n’y met pas fin par la guerre, l’exclusion et la méfiance, mais par la solidarité, l’espoir et l’appel à notre humanité. Nous sommes tous des êtres humains, alors prouvons que personne, pas même les terroristes, ne peut détruire nos valeurs fondamentales.»