POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Du 15 au 17 octobre

La relation belgo-luxembourgeoise en une visite d’État



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Philippe de Belgique et le Grand-Duc Henri, deux voisins qui sont aussi et avant tout cousins. (Photo: SIP/archives)

Le Roi et la Reine des Belges sont attendus trois jours durant au Luxembourg, de mardi à jeudi. En coulisses, le protocole, l’intendance et les agences se préparent à dérouler un programme pensé pour refléter les relations entre les deux pays.

Qu’une visite d’État au Luxembourg débute en quelque sorte à la gare… de Bruxelles-Luxembourg est déjà tout un symbole. Peut-être celui d’une mobilité qui doit aussi être respectueuse de l’environnement.

C’est en effet par la voie ferrée, en train, que Philippe et Mathilde de Belgique rejoindront le Luxembourg, où ils passeront trois jours aux côtés de leurs cousins, le Grand-Duc et la Grande-Duchesse .

Durant les 2h40 de trajet, les souverains belges auront l’occasion de s’entretenir avec les 200 personnes (politiques, chefs d’entreprise, représentants du monde académique…) qui composent la délégation, tout en révisant probablement une dernière fois quelques éléments d’un programme minuté et défini de part et d’autre.

Une seule visite par règne

«La visite d’État est l’expression au plus haut niveau de la part des chefs d’État des relations entre les deux États», déclare Jean-Louis Six, ambassadeur de Belgique au Luxembourg. Arrivé en juillet 2017 au Luxembourg , le diplomate s’est vu confier cette visite d’État comme moment fort de son séjour ici.

«Une visite d’État se déroule une seule fois par règne», précise l’ambassadeur. «Les autres visites n’ont pas le même degré d’importance.» Comme le veut la tradition, les souverains belges avaient effectué leur premier déplacement à l’étranger au Luxembourg lorsqu’ils étaient montés sur le trône en 2013. Mais on parlait alors de visite officielle.

Une fois la lettre d’invitation expédiée par l’hôte, dans ce cas le Grand-Duc, une date est fixée entre chaque partie. À l’été 2018 , on apprenait que l’automne 2019 avait retenu les préférences des deux palais. La Grande-Duchesse ne pourra pas accompagner ses invités, en raison de la convalescence inhérente à sa récente opération du genou .

«Tournée vers l’avenir»

Vient ensuite la composition d’un programme qui peut prendre autant de tournures que de collaborations entre deux pays voisins, mais aussi cousins. La présence en nombre de représentants de la maison royale belge aux obsèques du Grand-Duc Jean avait illustré ces liens étroits entre la Belgique et le Luxembourg , où 25.000 Belges ont choisi de vivre.

«Le point de départ est le message que le Roi et le Grand-Duc voulaient faire passer via cette visite à la population belge et luxembourgeoise et, d’une certaine manière, au niveau européen comme exemple d’intégration», ajoute Jean-Louis Six. «Et le message est tourné vers l’avenir puisque notre analyse nous montre que nous formulons les mêmes réponses quant à la digitalisation, la durabilité, l’inclusion…»

Les représentations des agences wallonne, bruxelloise et à l’exportation sont mobilisées depuis plusieurs semaines. Et une diplomate du ministère belge des Affaires étrangères a été détachée depuis six mois au Luxembourg pour préparer cette visite.

De nombreux accords signés

L’ambassade avait justement convié la presse vendredi pour présenter un programme qui s’articule autour de plusieurs moments et qui fera visiter le pays du nord au sud aux souverains. Coup d’œil sur les éléments principaux.

Mardi: Après leur arrivée en gare de Luxembourg, les souverains participeront à une journée organisée selon le protocole luxembourgeois et comprenant notamment une visite à l’hôtel de ville, une rencontre avec la population et un banquet d’État offert par le Grand-Duc.

Mercredi: Philippe et Mathilde passeront une partie de la journée séparément. Le Roi se rendra à Diekirch pour rendre hommage aux deux militaires décédés en février dernier au camp militaire de Waldhof. Les deux armées coopèrent étroitement, notamment en matière de déminage et de traitement des artilleries.

Durant l’après-midi, trois thématiques seront déclinées durant des tables rondes qui permettront de revenir sur les collaborations existantes et à venir: le spatial, l’économie circulaire et l’audiovisuel.

En soirée, place à la «contre-prestation», à savoir un concert de gala offert par le couple royal belge en guise de remerciement à la Philharmonie. Des lauréats du prestigieux concours musical Reine Élisabeth s’y produiront aux côtés de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg (OPL).

Jeudi: Les souverains participeront en matinée à des tables rondes à la Chambre de commerce. Des entrepreneurs belges actifs au Luxembourg viendront y témoigner. À noter que la visite d’État permettra de signer une vingtaine d’accords de coopération dans toute une série de secteurs.

Après un passage au Biodiversum de Remerschen pour parler de l’économie circulaire, la délégation se dirigera sur le bateau Princesse Marie-Astrid, où il sera question… de mobilité. Un sujet majeur pour les 45.000 frontaliers belges. Aucun accord n’est prévu dans ce domaine, mais les nécessaires investissements sur le rail ou l’impérieuse question de la place de la voiture aux frontières devraient être évoqués. Reste à le souhaiter.

C’est en train que le couple belge prendra congé de ses hôtes. L’histoire ne dit pas encore si le retour se fera à l’heure.

Infos: belgianstatevisit.be