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La relance verte à la hausse, la relance grise aussi



Des estimations récentes évaluent à plus de 680 milliards de dollars les formes de soutien public consacrées chaque année dans le monde à des mesures potentiellement nuisibles à l’environnement. «En seulement deux ans, ces subventions annulent déjà les 1,090 milliard de dollars de dépenses vertes qui seront réalisés sur plusieurs années», estime l’OCDE. (Photo: Shutterstock)

Des estimations récentes évaluent à plus de 680 milliards de dollars les formes de soutien public consacrées chaque année dans le monde à des mesures potentiellement nuisibles à l’environnement. «En seulement deux ans, ces subventions annulent déjà les 1,090 milliard de dollars de dépenses vertes qui seront réalisés sur plusieurs années», estime l’OCDE. (Photo: Shutterstock)

Les dépenses publiques de relance verte post-Covid ont augmenté, selon une étude de l’OCDE. Une tendance positive, même si les dépenses allouées à des mesures nocives pour l’environnement sont aussi à la hausse, effaçant les efforts réalisés.

Les dépenses de relance économique post-Covid-19 représentent 3.300 milliards de dollars dans le monde. Et, selon une analyse de l’OCDE publiée en avril , les dépenses publiques allouées à des mesures favorables à l’environnement sont en hausse: de 677 milliards de dollars fin juillet 2021, elles représentent désormais 1,090 milliards de dollars fin décembre 2021. Ce qui représente environ 33% du total des dépenses de relance annoncées depuis le début de la pandémie.

Une tendance positive, constate bien sûr l’OCDE. Même si l’organisation relativise: les 67% de dépenses de relance restantes ne peuvent pas être considérés comme neutres. 14% ont un effet mitigé ou négatif avéré sur l’environnement et 52% ne sont vraisemblablement pas sans danger pour l’environnement. Et ces dépenses ont, elles aussi, augmenté pour passer respectivement de 163 à 290 milliards de dollars et de 156 à 178 milliards de dollars.

Efforts effacés en deux ans

En outre, hors plan de relance, des estimations récentes évaluent à plus de 680 milliards de dollars les formes de soutien public consacrées chaque année dans le monde à des mesures potentiellement nuisibles à l’environnement. Parmi celles-ci, on trouve des subventions à la production et à la consommation de combustibles fossiles et le soutien à une agriculture préjudiciable à l’environnement. «En seulement deux ans, ces subventions annulent déjà les 1,090 milliard de dollars de dépenses vertes qui seront réalisés sur plusieurs années», estime l’OCDE.

Dans son évaluation, l’OCDE recense au total quelque 1.494 mesures nationales présentant un intérêt pour l’environnement, réparties entre 41 pays et l’UE. Parmi celles-ci, la plupart prennent la forme de subventions ou de prêts (environ 38%), de réductions d’impôts ou d’autres aides (19%) et de modifications de la réglementation (13%). Plus de la moitié (soit 611 milliards de dollars) des mesures identifiées ciblent les secteurs de l’énergie et du transport. Et les mesures visant à atténuer le changement climatique et la pollution atmosphérique représentent une part importante, respectivement 88% et 68%.

Agriculture et recyclage négligés

Mais l’effort reste insuffisant dans des secteurs tels que l’agriculture ou la sylviculture, la gestion et le recyclage des déchets, et même l’adaptation au changement climatique, qui revêt pourtant une importance grandissante pour les pouvoirs publics, note l’OCDE. La gestion et le recyclage des déchets ne représentent ainsi qu’environ 2% des fonds alloués. De même, les mesures à l’appui de la reprise ciblées sur la formation professionnelle et l’innovation dans les technologies vertes sont relativement peu nombreuses.

De manière générale, l’OCDE conseille aux pouvoirs publics d’adopter une approche globale pour leur politique climatique et environnementale. «Les pouvoirs publics doivent harmoniser les politiques publiques et les secteurs, et ce, de façon pérenne», explique ainsi l’OCDE. «Des mesures réparties de manière disparate d’un secteur à l’autre sont autant d’occasions manquées de favoriser la durabilité et la transformation dans des secteurs essentiels, comme l’agriculture, la gestion des déchets et la sylviculture.»

Cet article a été rédigé pour la newsletter Paperjam Green, le rendez-vous mensuel pour suivre l’actualité en matière d’environnement, de climat, de mobilité, de RSE et de green finance. Abonnez-vous ici.