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Redonner du tonus à la gestion locative sociale



Certains appartements situés au Kirchberg ont été confiés à la gestion locative sociale. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Certains appartements situés au Kirchberg ont été confiés à la gestion locative sociale. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Ce n’est pas la gestion locative sociale qui résoudra à elle seule le problème du logement au Luxembourg. Mais c’est un outil dont le ministre Henri Kox (Déi Gréng) veut se servir dans le cadre de sa stratégie globale en matière de logement.

La gestion locative sociale (GLS) a 10 ans et a connu une belle évolution, même si elle n’a pas toujours été linéaire. Actuellement, 960 logements sont gérés par 29 partenaires du ministère du Logement, qui étaient d’ailleurs invités ce lundi afin de signer le renouvellement de leur convention annuelle. Un moment symbolique mis à profit pour (re)lancer une vaste campagne de communication autour de la GLS.

Le principe de la GLS est simple: un propriétaire qui souhaite louer son bien contacte un partenaire du ministère. Ce propriétaire et ce partenaire signent un bail locatif. Charge au partenaire, ensuite, de trouver un occupant, de se charger de son suivi, des menus travaux d’entretien et d’assumer ses charges de locataire.

Pour le propriétaire, il peut s’agir d’une bonne affaire, car si les loyers doivent se situer entre 30 et 40% en dessous des prix du marché, il a droit à une défiscalisation de 50% des revenus nets perçus via le bail. «De plus, le paiement du loyer est garanti tous les mois, même sans occupant», explique le ministre du Logement Henri Kox (Déi Gréng). «Il sait aussi que l’occupant des lieux est encadré par des professionnels. Les frais relatifs à la gestion du logement ainsi que ceux en relation directe avec les logements sont par ailleurs assumés par le ministère.» Sans oublier que le propriétaire peut également récupérer son bien dans des délais rapides, si nécessaire.

La GLS permet donc de mettre sur le marché plus de logements abordables, qui souvent étaient vides auparavant, à destination de particuliers ou de familles qui rencontrent temporairement des difficultés et qui ne peuvent trouver à se loger sur le marché privé. «Ce sont les partenaires du ministère qui choisissent les occupants, selon leur domaine d’action», explique le ministère. Parmi ces partenaires, on retrouve la Croix-Rouge, Stëmm vun der Strooss, la Ville d’Esch, Life asbl, Caritas, la Fondation Pro Familia…

Quant à ce que doit être un loyer abordable, le ministre a expliqué que selon lui, «cela ne pouvait excéder le tiers des revenus des personnes concernées».  Sur le marché privé, on est régulièrement plus proche des 40 ou 50% des revenus mobilisés pour le logement.

59% des occupants restent moins de 3 ans

L’ambition est aussi de faire bénéficier un maximum de personnes du parc immobilier de la GLS. Dans une réponse parlementaire livrée en juillet 2019 , Sam Tanson (Déi Gréng), alors ministre du Logement, expliquait que «la règle générale d’un contrat limité à trois ans s’avère adéquate» en ce qui concerne l’occupation d’un bien. En effet, le but reste que la personne ou la famille aidée assume son autonomie sur le plan du logement après quelque temps. 59% des bénéficiaires ont pu l’atteindre avant trois ans. Parmi les autres, 40% sont restés dans le logement temporaire entre trois et quatre ans. 

La GLS ne résoudra pas à elle seule le problème du logement dans le pays . Mais Henri Kox veut en faire un outil parmi d’autres de sa stratégie globale en matière de logement et estime le moment venu de lui redonner de la force d’impact. Un appel est donc lancé aux associations qui à leur tour voudraient devenir des partenaires du ministère. «Mais nous voulons aussi sensibiliser à nouveau les propriétaires aux avantages de cette GLS. Si vous avez un bien inoccupé et n’avez pas le temps de vous en occuper, c’est sans doute la solution idéale», conclut Henri Kox. Il suffit alors de contacter le ministère au 24 78 48 19.