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Google à Bissen: réclamation du Meco



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«Si les besoins en eau de Google devaient se concrétiser, les incidences sur l’environnement en seraient aggravées alors qu’elles n’ont pas été prises en compte au niveau de ces récentes études», s’inquiète le Meco. (Photo: Shutterstock)

Le Mouvement écologique a annoncé ce vendredi 12 juillet avoir introduit une réclamation auprès du ministère de l’Intérieur sur le reclassement du potentiel site de Google à Bissen.

Nouveaux remous dans le cadre du dossier Google à Bissen. Après le départ fin juin du CSV du bourgmestre de la ville Jos Schummer, le Mouvement écologique (Meco) a introduit, ce jeudi 11 juillet, une réclamation auprès du ministère de l’Intérieur «dans le cadre de la procédure de reclassement d’une zone de près de 35 hectares en ‘zone spéciale data center’ décidé par le conseil communal de Bissen», annonce le Meco dans un communiqué ce vendredi 12 juillet.

L’objection, rédigée par l’avocat de l’organisation, Maître Thibault Chevrier, repose principalement sur cinq arguments. Le premier portant sur la «non-conformité avec la loi concernant l’aménagement communal et le développement urbain (2004)». «En décidant de reclasser le site en ‘zone spéciale data center’, les auteurs ont en effet omis des précisions nécessaires pour justifier que le site convenait à la désignation spécifique qui lui était attribuée, en l’occurrence l’implantation d’un centre de données de cette ampleur», explique le communiqué.

Un reclassement contraire «aux exigences légales»

Pour le Meco, «ceci est en contradiction flagrante avec la loi, qui dispose qu’une zone spéciale peut être déterminée ‘exceptionnellement, si les caractéristiques ou les particularités du site l’exigent (...)’. Or, la question de savoir si un approvisionnement suffisant en eau à des fins de refroidissement était garanti n’a, par exemple, pas fait l’objet de la moindre analyse.»

Le Meco rappelle également que la commission d’aménagement de l’État avait demandé dans son avis sur le reclassement que tous les aspects environnementaux pertinents soient examinés à un stade précoce de la planification, ce qui n’avait pas été le cas à ce moment, concluant ainsi que le reclassement était contraire aux exigences légales.

«Pas de communication sur les études»

La réclamation déposée insiste également sur le fait que «les informations cruciales et utiles doivent absolument être présentées publiquement au moment du vote portant sur la modification du PAG, et non pas ultérieurement, dans le cadre d’une phase de planification en aval».

«Il faut encore souligner que le public n’a (intentionnellement?) pas eu accès à des études qui étaient mentionnées dans le dossier de modification du PAG et qui auraient par conséquent dû être accessibles aux citoyen/nes dans le cadre de la procédure publique, notamment des études concernant l’approvisionnement énergétique ou la présence d’espèces protégées (chauves-souris). Malgré plusieurs demandes en ce sens, le Mouvement écologique n’a pas obtenu, à ce jour, une communication de ces études», ajoute le communiqué.

Un reclassement «inacceptable»

«Si les besoins en eau de Google devaient se concrétiser, les incidences sur l’environnement en seraient aggravées alors qu’elles n’ont pas été prises en compte au niveau de ces récentes études», s’inquiète le Meco. «Cela signifie concrètement que — même sans Google, dont la consommation est estimée à un équivalent évalué à 5-10% de la consommation nationale — le Luxembourg est déjà confronté à de graves problèmes d’approvisionnement en eau. Avec Google, trouver une solution s’avérera nécessairement encore plus délicat.»

La conclusion de l’opposition introduite par le Mouvement écologique est ainsi catégorique: «Un reclassement du site — sur la base des documents mis à disposition des citoyens et révélant le caractère insatisfaisant et incomplet des études réalisées — serait absolument inacceptable. Le ministère de l’Intérieur est donc invité à ne pas approuver la demande de modification du PAG», conclut le Meco.