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Recherche: à plusieurs, c’est mieux!



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Universités et grandes entreprises privées sont complémentaires et ont compris l’avantage de travailler main dans la main en termes de R&D. (Photo: Gorodenkoff Productions)

L’époque est aux projets de recherche collaboratifs associant les acteurs académiques (universités, écoles d’ingénieurs) et les industriels (groupes internationaux, PME innovantes, organisations professionnelles). Un modèle efficace qui trouve sa place tant au niveau local qu’européen.

«L’innovation, c’est ce qui distingue un leader d’un suiveur», a dit Steve Jobs, fondateur d’Apple. Amazon, Facebook, Google, Porsche, les géants mondiaux se livrent une bataille sans merci pour dénicher de nouveaux produits, des business models innovants et maintenir leur compétitivité.

À l’instar du «think out of the box», l’innovation se trouve souvent en dehors de la société et les partenariats de recherche entre le secteur privé et les universités se multiplient. Selon Blandine Laperche, qui préside le Research Network on Innovation, «la science doit fournir une base informationnelle aux entreprises».

D’autre part, les travaux de R&D développés au sein des universités débouchent rarement sur de l’innovation, sous-entendu des produits commercialement exploitables. L’exploitation commerciale des résultats à travers des dépôts de brevets, des ventes de licences, et donc de la transformation effective de la recherche en produit vendable reste compliquée.

Universités et grandes entreprises privées sont donc complémentaires et ont compris l’avantage de travailler main dans la main.

Investissements et bénéfices partagés

Des programmes de recherche conjoints se développent aujourd’hui partout dans le monde entre les deux univers. En Europe, si les pays nordiques ont un temps d’avance, la tendance se développe rapidement dans le reste des territoires.

Ainsi, à Luxembourg, les quatre départements de recherche ont développé leur programme respectif. Le plus avancé est le SnT, Centre interdisciplinaire pour la sécurité, la fiabilité et la confiance. Dirigé par le professeur Björn Ottersten , le centre travaille aujourd’hui sur 44 programmes de recherche conclus avec des partenaires issus du secteur privé.

En s’engageant dans cette collaboration, les grandes entreprises profitent d’un réseau universitaire international et étendu et de profils de doctorants-chercheurs parmi les meilleurs au monde. Dans le cadre du partenariat, ces derniers travaillent plusieurs jours par semaine dans la société partenaire et le reste du temps au sein de l’université.

Ils représentent 70% du budget des partenariats de recherche collaborative. Les frais de recherche sont pris en charge à même hauteur par les deux parties. Les brevets issus du partenariat appartiennent pour moitié aux acteurs privés du projet, pour moitié à l’université.

Il est également possible, suivant les négociations, que l’entreprise acquière une part plus importante de la propriété intellectuelle du projet, ce transfert allant jusqu’à l’exclusivité. Pour les entreprises, l’investissement dépend des objectifs finaux du partenariat et des aides au financement qui sont accessibles, sous certaines conditions, auprès de Luxinnovation, l’agence de l’innovation luxembourgeoise.