POLITIQUE & INSTITUTIONS

Patrick Rahme (Curator, Global Shapers Luxembourg)

«Vous entendrez parler de nous!»



Patrick Rahme: «Nous avons réfléchi à comment de nouveaux outils peuvent conduire à une meilleure intégration des populations, sans discrimination, et à une plus grande solidarité au sein de la société.» (Photo: Olivier Minaire / archives)

Patrick Rahme: «Nous avons réfléchi à comment de nouveaux outils peuvent conduire à une meilleure intégration des populations, sans discrimination, et à une plus grande solidarité au sein de la société.» (Photo: Olivier Minaire / archives)

Au lendemain du meeting annuel mondial des curateurs Global Shapers, qui s’est tenu à Genève la semaine dernière, Patrick Rahme, le représentant luxembourgeois de cette initiative, revient sur les principaux enseignements à en tirer.  

Monsieur Rahme, que retenez-vous principalement de cet Annual Curators Meeting?

«Cet événement a regroupé 450 shapers du monde entier dans le quartier général du World Economic Forum à Genève. Cela nous a permis de discuter des défis mondiaux et de l’impact à venir des technologies futures. 

À titre personnel, cette expérience unique m’a non seulement permis de développer mon réseau, mais aussi de représenter le Luxembourg et de parler des avantages de notre pays qui est bien trop souvent vu comme un simple paradis fiscal. 

Au cours des discussions, nous avons été amenés à nous demander comment de nouveaux outils peuvent conduire à une meilleure intégration des populations, sans discrimination, et à une plus grande solidarité au sein de la société. La conférence a surtout tourné autour de l’importance du leadership auprès des jeunes. Une qualité essentielle afin de mener à bien des projets sociaux qui auront un impact local, voire international. Finalement, je retiendrai surtout nos échanges avec le professeur Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum. 

Les préoccupations des autres shapers sont-elles très différentes en fonction de leurs pays? Ou bien y a-t-il une base commune?  

«La situation diffère énormément de pays en pays, en effet. Les préoccupations sont donc très différentes. L’accès à l’internet, l’éducation, les guerres civiles, la migration, les crises financières ou bien la famine sont des problématiques soulevées par les différents représentants des 170 pays présents à la conférence. 

Cependant, une des bases communes qui a été relevée est l’entente entre le secteur public, le secteur privé et la classe politique. Il est essentiel pour chaque pays de voir ces trois secteurs travailler ensemble afin d’atteindre des objectifs économiques et sociaux communs. 

Un certain nombre de bonnes intentions ont été énoncées au cours de cette conférence. Comment les traduire sur le terrain, au Luxembourg?

«Le but de tout hub est de créer des projets qui ont un impact local. Notre premier objectif pour le Luxembourg City Hub est d’atteindre une masse critique de shapers qui est définie à 15 jeunes âgés de 20 à 30 ans. Nous avons donc récemment recruté cinq shapers* et sommes actuellement en train d’analyser les problématiques de notre pays en collaboration avec différents ministères. 

Il a été très intéressant d’échanger avec d’autres hubs et d’entendre que certains des projets initiés par les shapers se sont transformés en entreprise sociale indépendante du hub. À ce stade, il est difficile de répondre concrètement à la question concernant les réalisations concrètes au Luxembourg, mais je suis certain que vous entendrez parler de nous dans les semaines à venir!»

* Ces cinq shapers sont Philippe Harles (Arendt & Medernach), Stéphanie Ranninger (Rigo Trading), Viktor Mikus (EY), Yannick Oswald (Mangrove Capital Partners) et Giulia Amparo Bruni Roccia (Deloitte).