POLITIQUE & INSTITUTIONS
POLITIQUE

Alexeji Nickels (Président de l’Association nationale des étudiants luxembourgeois en droit - Aneld)

«Nous sommes très inquiets»



laexeji-profil-ok.jpg

«Nous n’avons pas réellement le libre choix de faire nos études où nous le souhaitons» déclare Alexeji Nickels, président de l’Aneld. (Photo: Aneld)

Le président de l’Association nationale des étudiants luxembourgeois en droit (Aneld), Alexeji Nickels, tire la sonnette d’alarme. Il constate que de moins en moins de Luxembourgeois sont acceptés en première année de droit en France. La nouvelle loi sur l’accès aux universités dans l’Hexagone pourrait aggraver la situation, selon lui. 

Monsieur Nickels, la nouvelle loi en France risque-t-elle de freiner davantage les étudiants luxembourgeois?

«À la suite d’échanges avec une multitude d’étudiants en droit, nous constatons déjà, aujourd’hui, que de moins en moins de Luxembourgeois sont acceptés en première année de droit en France, vu la saturation des universités françaises. Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, nous sommes évidemment très inquiets de constater que le nombre régresse encore plus.

Nous savons par exemple que le dernier étudiant luxembourgeois à s’être inscrit en première année de droit à la Sorbonne, c’était il y a trois ans. C’est pourquoi nous avons décidé que nous essayerons de mesurer la réalité du problème en effectuant dans un premier temps différentes enquêtes. Si le problème s’avère réel, nous souhaitons sensibiliser la politique nationale.

Il s’agit d’ailleurs d’une situation comparable à celle des étudiants en médecine qui luttent, depuis des années, afin de trouver une solution pour faciliter l’accès des étudiants luxembourgeois en faculté de médecine.

De manière générale, quelles difficultés les étudiants luxembourgeois en droit rencontrent-ils en matière d’accès aux universités? 

«Étant donné que notre système juridique se base sur le système français, nous n’avons pas réellement le libre choix de faire nos études où nous le souhaitons. Pour débuter des études en droit, il y a actuellement trois choix: la France, le Luxembourg et la Belgique. Tout en sachant que les capacités de l’Université du Luxembourg sont limitées, et que la Belgique effectue déjà une sélection par tirage au sort.

L’université pourra sélectionner ses futurs étudiants

Alexeji Nickels, président de l’Aneld

Avec la nouvelle loi française, lorsque le nombre de candidatures excède les capacités d’accueil d’une formation, l’université pourra sélectionner ses futurs étudiants. Les critères de sélection seront logiquement les notes obtenues au bac. Alors faut-il savoir si un bac français est objectivement comparable au bac luxembourgeois. En effet, notre bac envisage un système de notation totalement différent sans parler des matières à passer.

Que pensez-vous du nouvel accord entre l’État et l’Université de Luxembourg, qui prévoit le financement des premières années d’études en médecine et des passerelles vers des universités dans les pays voisins?

«Concernant ce dossier, j’estime tout simplement que mes compétences sont insuffisantes pour commenter cette décision. Mais je suis d’avis que tout effort et tout projet permettant un meilleur encadrement et ayant comme conséquence une panoplie élargie d’offres universitaires constitue toujours un pas vers la bonne direction. Par contre, je doute personnellement, et pas en tant que président de l’Aneld, de l’effectivité de ce projet.

En introduisant une licence en médecine, nous déplaçons le problème de deux années supplémentaires. Nous ne le réglons pourtant pas, étant donné que les étudiants doivent être réintégrés après avoir obtenu le diplôme de licence dans des universités étrangères. C’est un cercle vicieux.»