ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Stéphane Gutfrind (Atelier d’architecture du Centre)

«Les pratiques du métier sont multiples»



Stéphane Gutfrind: «C’était davantage la recherche d’un désir d’agir qui a probablement poussé mon choix vers des études d’architecture.» (Photo: Atelier d’architecture du centre)

Stéphane Gutfrind: «C’était davantage la recherche d’un désir d’agir qui a probablement poussé mon choix vers des études d’architecture.» (Photo: Atelier d’architecture du centre)

Dans le cadre du «10x6 Quand les architectes parlent des architectes» organisé par le Paperjam Club le mercredi 26 avril, l’un des orateurs, Stéphane Gutfrind (Atelier d’architecture du Centre), expose sa vision de la profession d’architecte.

Monsieur Gutfrind, qui ou qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’être architecte?

«Si l’envie peut être l’un des chemins d’accès à l’architecture, je ne suis pas certain que dans mon cas cela fut la discipline architecturale, en tout cas telle qu’on la définit dans sa globalité, qui a forgé une envie du métier d’architecte. Ce fut davantage la recherche d’un désir d’agir qui a probablement poussé mon choix vers des études d’architecture, désir d’agir et d’entreprendre, en l’occurrence sur les questions de l’espace et de sa fabrication: l’espace du bâti comme l’espace des villes au travers desquels l’on acquiert une solide compréhension du besoin d’autrui. Mais je sais aussi que j’aurais pu être scénographe par exemple, un autre métier de la fabrication de l’espace… pourtant très éloigné des enjeux du cadre commun!

Ensuite, le goût du dessin a pu jouer un rôle dans la synthèse de mes choix, dans l’attrait pour des études avant le choix d’un métier où j’allais pouvoir communiquer avec ce langage singulier. C’est en tout cas lorsque j’étais adolescent que tous les signaux de mes intentions se sont allumés, ce qui m’aura permis d’ailleurs d’assimiler tout un pan de l’apprentissage de la culture architecturale bien avant d’aborder mes études d’architecture.

Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon architecte?

«L’architecte a la possibilité d’exercer son métier dans divers champs d’application. C’est sûrement l’un des intérêts majeurs de sa formation. Formation plus solide encore lorsque l’architecte a fait le choix d’un double cursus. Les pratiques du métier sont multiples, que l’on agisse dans le rôle du concepteur de projet, de l’accompagnateur comme du vérificateur, que l’on fabrique ses propres projets ou que l’on explore ceux des autres, la compétence de l’architecte ne réside-t-elle pas essentiellement dans sa capacité à bien comprendre la question posée afin que la réponse formulée, même si elle est peut-être l’une des possibilités, permette d’inscrire son action dans la durée? Répondre à qui et répondre à quoi? Répondre à des préoccupations d’usage partant du prérequis qu’un édifice est un outil servant l’humain à travers une institution, une entreprise ou son propre toit. Répondre à des spécificités du lieu d’intervention considérant qu’au sens topographique du terme, et plus largement pour ce qu’il représente comme enjeu dans son contexte plus global, le lieu va trahir la capacité de l’architecte à impacter de manière dommageable ou de manière favorable son environnement.

Comment avez-vous choisi le bâtiment dont vous parlerez lors du 10x6 Architecture?

«Je souhaitais davantage évoquer la pratique de l’architecte au travers de l’un de ses projets plutôt que de commenter uniquement un bâtiment et de le faire découvrir suivant un propos déambulatoire. Le choix du bâtiment n’est qu’un prétexte finalement: s’il traduit certes la justesse de la réponse de l’architecte, le bâtiment révèle plus largement la rigueur de son engagement.

Lorsque ma consœur Tatiana Fabeck a participé à un concours pour un bâtiment administratif, s’agissant d’une consultation restreinte, la réponse attendue par le maître d’ouvrage était sans aucun doute sous l’influence des critères qui pèsent sur toute opération de construction. Les possibles réponses pour le projet d’un bâtiment administratif sis sur une pente sensible n’appelaient peut-être pas à un spectre très large de propositions. Pourtant la conception du bâtiment Haron à Munsbach a bénéficié à la fois de la vision nuancée de l’architecte et de la typologie revisitée d’un bâtiment emblématique de l’histoire antique. Puiser des ressources dans les écritures du passé en les revisitant n’est-il pas une démarche audacieuse parce que cela défie notre devoir de modernité, notre capacité à réinventer?»

Les inscriptions au «10x6 Quand les architectes parlent des architectes» sont ouvertes sur le site du Paperjam Club.