POLITIQUE & INSTITUTIONS

Christophe Pillet (Designer)

«Les objets sont chargés affectivement»



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Christophe Pillet: «Je cherche à rendre me projets compréhensibles, simples, justes» (Photo: Romain Cabon)

Invité ce mercredi par Design Friends pour présenter les différentes facettes de son travail allant de la création de mobilier au packaging, en passant par le design d’intérieur, l’architecture et la scénographie, Christophe Pillet répond à nos questions.

Votre travail est très varié pour des clients très variés. C’est quoi le design pour vous ?

«Je conçois mon travail comme celui d’un romancier ou d’un cinéaste : je raconte des histoires. Je présente une vision d'un monde auquel on peut aspirer en créant des espaces ou des objets qui proposent un environnement nouveau et meilleur. Les objets ne sont plus créés pour répondre à des besoins.

Nous sommes dans une société où, en gros, tout le monde a tout et où tout marche très bien. On achète parce que l'on a envie, par simple désir. Les objets sont alors chargés affectivement. On achète une chaise parce qu'on l'aime, parce qu'elle nous parle, nous raconte quelque chose.

Avant d’étudier le design, à la Domus Academy de Milan, vous étiez plutôt tourné vers la musique. En avez-vous gardé des traces dans votre travail ?

«Il reste d’abord une frustration de ne pas être musicien et un sentiment de ne pas être tout à fait à ma place dans l’univers du design. Mais je crois surtout qu’il me reste une notion de tempo, de rythme qui n’est pas forcément lisible dans les réalisations, mais qui m’importe. Je cherche à rendre me projets compréhensibles, simples, justes… un peu comme une mélodie ou que l’on retient facilement, qu’on a envie de partager. Le vocabulaire de la musique m’aide beaucoup pour m’exprimer dans le travail. Avec mes collaborateurs, je parle de refrain, de répétition, de tension…

Vous avez travaillé cinq ans aux côtés de Philippe Starck. Qu’en retenez-vous?

«J'y suis resté cinq ans, de 1988 à 1993, j’étais débutant et j’ai appris beaucoup et très vite. À l’époque, c’était la seule personne reconnue dans le monde du design, cela apporte forcément une certaine visibilité et surtout l’accès au meilleur en termes de fabricants, de technologie, de contacts professionnels.

Parallèlement, je continuais mon travail personnel, j'ai d'ailleurs dessiné la chaise XO alors que je travaillais chez Starck. Mais je ne voulais pas être assistant jusqu'à 70 ans. En 1993, j'ai donc décidé de fonder ma propre agence pour travailler à mon nom, en tant qu'indépendant.»

Conférence de Christophe Pillet
Le 27 novembre à 18h30 au Mudam
Information et inscription: www.designfriends.lu
www.christophepillet.com