COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Management

Laure Belin (Neurolead)

«Les neurosciences pour inventer le management 3.0»



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Laure Belin (Neurolead) partage ses réflexions sur le leadership positif. (Photo: DR)

Préalablement à la journée de workshops organisée par le Paperjam Club le mardi 13 octobre, un des formateurs, Laure Belin (Neurolead), présente ses réflexions sur le leadership positif.

Madame Belin, en quelques mots, pouvez-vous expliquer ce qu’est le leadership positif?

«Résultat de la rencontre entre les neurosciences, la psychologie positive et notre expérience de terrain, le leadership positif propose d’exercer les missions de base du leader, en respectant et utilisant les principes du fonctionnement optimal de l’esprit humain pour améliorer les comportements avec adaptation, performance et plaisir. 

En effet, les organisations se heurtent au défi de maintenir l’engagement et la performance dans un climat général caractérisé par le 'VUCA world' (Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity) avec des conditions de travail à flux tendus, et des niveaux d’exigences et de pressions croissants sur les collaborateurs. Si l’innovation technologique permet d’améliorer sans cesse la productivité des machines et des ordinateurs, le cerveau humain, lui, a ses limites. C’est là que les neurosciences permettent d’inventer le ‘management 3.0’, c’est-à-dire un leadership ‘brain-friendly’ qui tient compte des forces et du mode de fonctionnement optimal du cerveau. Une approche qui oriente vers une entreprise humaine et permet de développer en synergie bonheur et performance au travail.

Ainsi, concrètement, le leader positif éveille les consciences. Il inspire par son authenticité, son ouverture d’esprit, sa flexibilité mentale et son exemplarité. Il est pleinement conscient et présent à lui et aux autres, transparent dans ses intentions, bienveillant dans ses interactions, constructif dans ses actions. Face aux défis, il déploie et suscite en permanence un ‘growth mindset’, un esprit de développement, d’apprentissage et de progrès. Il construit sur les forces de chacun et les succès collectifs et suscite l’innovation. Il crée un climat de confiance et de coopération en cultivant les émotions positives et en activant les leviers de motivations universelles et intrinsèques. Il utilise son intelligence émotionnelle, sociale et cognitive pour cultiver un état d’esprit positif et adaptatif au sein de ses équipes.

Les entreprises sont-elles sensibles à cette approche?

«Nous constatons une prise de conscience dans le monde de l’entreprise que l’avenir du leadership, c’est de jouer ‘avec’ et pas ‘contre’ l’esprit l’humain. La compréhension du fonctionnement des comportements humains est devenue quelque chose d’essentiel, et n’est plus une option. Comment rester humain en maximisant la performance est un challenge dans le ‘VUCA world’. Or les neurosciences démontrent que c’est en étant plus heureux (stimulé, mobilisé, et non stressé) et dans un environnement de collaboration confiante qu’on est plus performant. Ce qui est confirmé d’ailleurs par de nombreuses études (l’épanouissement au travail augmente en moyenne la performance individuelle de 27%, l’engagement de 32% et la satisfaction au travail de 46% - Harvard). Cette approche du leadership basée sur la biologie humaine ouvre des perspectives immenses en termes de gain de motivation, de productivité, de créativité et de plaisir au travail. Nous ne sommes qu’au début de l’optimisation des performances mentales et managériales.

Lorsque l’on parle de leadership, on pense souvent aux dirigeants d’entreprise. Quels sont les autres profils qui pourraient mettre cette approche à profit?

«Cela concerne bien évidemment toute personne qui encadre une équipe.

Mais le leadership positif est d’abord une posture et une attitude qui se caractérisent par une grande conscience de soi, et une capacité à gérer ses émotions et garder un état d’esprit positif et adaptatif quoiqu’il arrive. Il s’agit de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain pour interagir de façon constructive et cultiver la confiance, socle de la collaboration. Elle concerne donc tous les collaborateurs, que ce soit au sein de leur équipe, ou dans leurs relations avec leurs interlocuteurs (clients, partenaires, etc.).

Nous sommes tout d’abord leaders de nous-mêmes, et c’est la contribution de chacun qui conduit aux succès individuels et collectifs.»

Les inscriptions à la journée de workshops sont ouvertes sur le site du Paperjam Club.