PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Nathalie Dogniez (associée, PwC Luxembourg)

«Les ‘cyber risks’ sont aussi à l’agenda des CA»



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«La maîtrise de l'agenda réglementaire continue d'occuper les conseils d'administration», relève Nathalie Dogniez. (Photo: PwC Luxembourg)

L’Ila et PwC préparent pour le 26 janvier le traditionnel «Fund Day» consacré à la gouvernance dans les fonds d’investissement. Nathalie Dogniez en évoque les enjeux en prélude à l’événement.

Madame Dogniez, quelle valeur un conseil d’administration apporte-t-il à un fonds?

«La valeur apportée par un conseil d’administration à un fonds d’investissement (et par conséquent à ses investisseurs) dépend bien évidemment de la qualité de ce dernier. Un bon conseil d’administration va s’évaluer par rapport à sa composition (par exemple, la complémentarité des compétences qui le composent), son souci de placer la protection des intérêts des investisseurs avant toute autre considération, son indépendance et la qualité de son processus de gouvernance (par exemple, l’évaluation régulière de la gouvernance du fonds et de son conseil).

Un 'bon' conseil d’administration doit notamment pouvoir rassurer l’investisseur quant au fait que:

  • le fonds dans lequel il est investi correspond au produit qui lui a été vendu (profil de risques, politique d’investissements…),
  • les prestataires de services qui interviennent dans le fonctionnement du fonds sont contrôlés et évalués en toute indépendance,
  • l’information qu’il reçoit est adéquate, fidèle, suffisante et transparente.

Quelles actualités occupent les conseils d’administration de fonds?

«Le respect de la réglementation actuelle et la mise en place des nombreuses nouvelles réglementations occupent une place de choix dans l’agenda des conseils d’administration. La liste de ces sujets est longue: AIFMD, Ucits, Mifid, Priips, SFTR, etc. Dans ce contexte, nous relevons une attention accrue par rapport aux risques liés à la commercialisation des fonds (contrôle du réseau de distribution, définition de marchés cibles, interaction avec les intermédiaires…). La détection et la prévention de nouveaux risques, comme les 'cyber risks' notamment, occupent également une place de choix dans les agendas des conseils d’administration.

Les investisseurs sont-ils prêts à comprendre les nouvelles réglementations?

«On ne peut raisonnablement pas s’attendre à ce que tous les investisseurs comprennent et apprécient l’avalanche de nouvelles réglementations qui a envahi le secteur financier ces dernières années (dans le but de protéger à la fois les investisseurs et l’intégrité des marchés), cette tâche se révélant ardue, même pour les professionnels du secteur financier.

Nombre de ces réglementations incluent de nouvelles exigences d’informations et de transparence pour les investisseurs (AIFMD, Ucits, Mifid, Priips, SFTR, etc.). Le challenge auquel sont confrontés les conseils d’administration est le suivant: rester transparents vis-à-vis de l’investisseur et lui fournir le détail d’informations requis par ces nouvelles réglementations de manière compréhensible et pertinente. En effet, ces informations peuvent diverger quant au contenu, la méthodologie de calcul et le niveau de détail à fournir.»