COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

Delphine Berlemont (Deloitte, DRH )

«Les candidats ont modifié leurs habitudes»



Pour Delphine Berlemont, les jeunes générations maîtrisent les réseaux sociaux, et demandent la même chose aux entreprises. (Photo: DR)

Pour Delphine Berlemont, les jeunes générations maîtrisent les réseaux sociaux, et demandent la même chose aux entreprises. (Photo: DR)

Préalablement au 10x6 RH: trans(former) l’entreprise du paperJam Business Club organisé le lundi 30 juin, sous le parrainage du ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Nicolas Schmit, l’un des intervenants, Delphine Berlemont (Deloitte Luxembourg), livre son regard sur le rapport entre recrutement et médias sociaux.

Madame Berlemont, les employeurs ont-ils conscience que les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle dans le recrutement?

«La majorité des entreprises a aujourd’hui bien conscience de l’importance des réseaux sociaux de manière générale. Nombre d’entre elles sont présentes sur certaines de ces plateformes à usage professionnel ou privé (LinkedIn, Viadeo, Facebook, etc.) pour y véhiculer leur image, leurs produits, mais également, et de plus en plus, leurs opportunités de carrière.

Selon certaines études publiées en France et en Belgique, on estime qu’environ la moitié des entreprises dans ces pays utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux pour leurs activités de recrutement.

Ces chiffres, en forte hausse au cours de la dernière décennie, confirment la tendance des recruteurs à avoir recours aux réseaux sociaux pour identifier, attirer et contacter de potentiels futurs candidats.

Et les candidats, soignent-ils leur image en ligne?

«Avec l’utilisation croissante des réseaux sociaux dans le recrutement, les candidats ont modifié leurs habitudes. Nous assistons à la fois à une professionnalisation des profils sur des réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo, Xing) qui proposent même de pouvoir attribuer des compétences à nos contacts, et en même temps à une confidentialité renforcée pour les réseaux sociaux privés (les critères de visibilité se sont vus affinés pour les réseaux du type Facebook).

De manière générale, les candidats apportent désormais une attention particulière à leur image sur internet, car au-delà de la présence sur les réseaux sociaux, c’est en effet leur présence en ligne qui est visible par tous, et à tout moment.

Les jeunes générations sont-elles plus efficaces dans ce domaine? Ou plus exigeantes vis-à-vis d’un potentiel employeur?

«Si les jeunes générations sont des consommateurs effrénés de 'posts' et de 'tweets' sur les réseaux sociaux dits 'privés', ils n’en demeurent pas moins intéressés par leur avenir professionnel et ont tendance à soigner leur image, et à être présents même en tout début de carrière sur des réseaux sociaux professionnels.

En outre, leurs exigences sont à la hauteur de leur utilisation de ces plateformes. Ils attendent des entreprises non plus seulement une image publicitaire et aseptisée ou contrôlée, mais un réel avant-goût de l’entreprise, la possibilité d’échanger librement avec des professionnels et un discours vrai.»