COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Management

Salvatore Genovese (Genoways)

«Le relationnel est très souvent négligé»



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Pour Salvatore Genovese, le relationnel est la base du fonctionnement sain d’une équipe. (Photo: DR)

Préalablement à la journée de workshops, organisée par le Paperjam Club le mardi 13 octobre, un des formateurs, Salvatore Genovese (Genoways), présente ses réflexions sur la capacité à créer un esprit d’équipe parmi ses collaborateurs.

Monsieur Genovese, peut-on forcer l’apparition d’un esprit d’équipe?

«Qu’adviendrait-il si tel était le cas? L’esprit d’équipe est la conséquence de la structuration systémique et non le déclencheur. S’il n’existe pas dans les équipes comme dans tous les systèmes vivants un cadre bien défini ainsi qu’un processus clair de décision mis en œuvre de façon régulière, il est évident que cette carence se répercutera d’une manière ou d’une autre sur le degré d’efficience de l’équipe. Cependant, le principal instigateur d’un esprit propice à la collaboration et à la confiance mutuelle est le leader de cette équipe. C’est lui qui va insuffler ce souffle participatif et créatif, qui poussera ses collaborateurs et ses collaboratrices à être les ambassadeurs et ambassadrices de l’organisation qui les emploie. Plutôt que de définir leur succès uniquement par ce qu’ils obtiennent, ils le définiront également par ce qu’ils donnent et ils traiteront les autres personnes de la façon dont ils voudraient être traités eux-mêmes.  

Quand est-ce plus difficile de le créer: avec des profils similaires ou avec des profils très différents les uns des autres?

«C’est bien sûr plus facile avec des profils similaires puisqu’a priori, ils sont censés appréhender le monde d’une façon similaire, partager les mêmes valeurs et adopter des approches et des modes de résolution de problèmes identiques. Toutefois, imaginez un instant le degré d’efficacité collective d’une équipe constituée de clones respectifs? Par conséquent, il est non seulement recommandé, mais également impératif d’avoir dans une équipe des profils variés, ne fût-ce que pour confronter des avis et des points de vue différents ou encore pour questionner la stratégie en place et les méthodes utilisées.

On individualise de plus en plus la performance. Comment concilier cette approche avec celle du travail en commun et la collaboration entre les parties prenantes d’un groupe?

«Une équipe composée de personnes intelligentes et performantes ne constitue pas forcément un collectif efficient. Comment expliquer cette cohabitation paradoxale, à savoir, d’un côté, la volonté quasi obsessionnelle de la performance et, de l’autre, une certaine insensibilité envers le levier du collectif? Au sein d’une société ou d’une organisation, c’est presque toujours l’individu que l’on met en avant. En effet, on recrute des individus, on gère des individus, on rémunère des individus, on forme des individus, etc. Ce qui constitue la base d’un fonctionnement sain de ceux-ci, à savoir le relationnel, est très souvent négligé. Combien d’entreprises évaluent réellement leurs managers/leaders sur leurs capacités managériales? Combien d’entreprises prévoient des budgets d’équipe? Qu’est-ce qui fait que la logique préventive appliquée aux systèmes techniques ne l’est pas - ou si peu - lorsqu’il s’agit de systèmes humains?»

Les inscriptions à la journée de workshops sont ouvertes sur le site du Paperjam Club.