COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Françoise Reuter (directeur général, Concept Factory)

«Le monde de la communication comme celui du jazz»



Pour Françoise Reuter, le mobile apporte de nouvelles opportunités. Et ce n'est qu'un début. (Photo: Julien Becker / archives )

Pour Françoise Reuter, le mobile apporte de nouvelles opportunités. Et ce n'est qu'un début. (Photo: Julien Becker / archives )

L’agence Concept Factory célèbre ce soir les 20 ans d’une aventure entrepreneuriale et humaine, dans une période d’évolutions technologiques nombreuses qui influent sur la manière de communiquer. Introspection avec Françoise Reuter.

Madame Reuter, 20 ans, est-ce l’âge de la raison pour une agence? 

«Âge et raison. On a en effet l’habitude de les voir figurer côte à côte. Moi, cela ne me parle pas; je n’y vois rien de foncièrement bien. Déjà que je me méfie des gens qui se prennent trop au sérieux. Cela cache normalement un malaise plus profond. Puis, quelle horreur de supposer qu’on a raison. Cela exclut toute interaction, tout échange, tout enrichissement mutuel, toute découverte. En usant de sa raison? Qu’en est-il des émotions? De la spontanéité? De la provocation? 

Je vois le monde de la communication un peu comme celui du jazz. Plus on s’y plonge, plus on apprend à maîtriser son instrument. Et plus on le maîtrise, plus on peut prendre des libertés. Explorer. Interagir et découvrir de nouvelles choses, avec les autres. S’ouvrir sur un monde passionnant. Avec un brin de sérénité en plus. La créativité est fade si elle se base uniquement sur sa raison et si elle déclare avoir raison. Cela n’intéresse personne. 

L’un des leitmotive de l’agence est «d’anticiper les mouvements du marché et de s’engager dans un mouvement perpétuel d’innovation interne». Quels seront les prochains mouvements du marché et comment entendez-vous maintenir cette innovation perpétuelle? 

«En effet, cela fait 20 années que nous ne nous sommes jamais endormis. C’est dans la nature de Dan (Eischen) et de Pol (Goetzinger) de toujours regarder de l’avant, de mettre en doute les vérités acquises, d’explorer de nouveaux territoires et d’avoir le courage de vouloir changer. Dans le respect des intérêts de l’agence, de ses collaborateurs et de ses partenaires.

Tour à tour nous étions la première agence à intégrer les concepts de 'business consulting', d’adopter les NTIC, de nous spécialiser en matière de RSE, de nous ouvrir sur les réseaux internationaux… Nous voyons aujourd’hui le secteur de l’innovation et de la recherche, l’application pratique des principes de la RSE dans les entreprises, l’intelligence marketing et la mobilité hybride comme de grandes opportunités d’avenir. Comment y arriver? En s’entourant de collaborateurs intéressés et intéressants, motivés et engagés pour bousculer les habitudes. Et bien sûr en invitant nos clients et partenaires à participer à ce voyage d’exploration.

Comment percevez-vous l’évolution de la communication sur les mobile devices dont le marché luxembourgeois est si friand?

«La mobilité est un sujet qui nous passionne. Il y a 15 ans, nous avons innové en développant pour Palm V et en lançant les premiers jeux SMS pour Luxlait, Dexia et Cetrel. Ensuite c’était l’internet sans fil avec l’installation du premier WiFi luxembourgeois à la Fil/Luxexpo. Nous avons activement participé au lancement de Hotcity. Puis les Apps mobiles, le web mobile, etc.

Le mobile nous parle et nous motive. Et ce n’est qu’un début. Si je peux communiquer avec 140 caractères sur Twitter, je peux aussi m’exprimer sur un écran de smartphone ou de tablette. Et on le voit: les entreprises apprennent à être plus pointues dans leur communication. On se concentre sur l’essentiel. Et l’essentiel est le dialogue, l’échange, l’interactivité, le réseau et la liberté de s’y aventurer. Et le business se calera dessus. Tout comme les technologies convergent vers des devices uniques, cela doit être le cas pour le contenu et les services. Il en est de même pour les agences de communication.»