PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Patrick Geortay (Partner Capital Markets and Banking, Linklaters)

«L’Afrique va être un sujet incontournable»



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Patrick Geortay, partner capital markets and banking, Linklaters Luxembourg (Photo: Linklaters)

La conférence annuelle Magenta Horizons de Linklaters qui se déroule ce soir à la Philharmonie explore les opportunités et perspectives qu’offre le continent africain depuis le début des années 2000. Prélude en trois questions avec Patrick Geortay.

Monsieur Geortay, pourquoi avoir choisi de consacrer un événement dédié au marché africain? Quelles sont les opportunités pour la Place d’une manière générale?

«Nous choisissons tous les ans un thème prospectif dont nous estimons qu’il sera dans un futur proche à l’agenda de nombreux acteurs économiques et financiers. Nous pensons que l’Afrique va, de plus en plus, être un sujet incontournable pour de nombreux secteurs économiques, eu égard aux progrès significatifs accomplis par le continent depuis le tournant de l’an 2000, et son potentiel économique énorme, à la hauteur des défis auxquels il est confronté.

Les opportunités pour la Place et les acteurs économiques locaux sont réelles. Les projets de financement en Afrique ou la participation à des projets d’infrastructures dans le domaine des télécommunications, des secteurs minier, du transport et de l’énergie, notamment les énergies renouvelables, sont autant de domaines qui intéressent les acteurs locaux, qu’il s’agisse de cabinets d’ingénieurs-conseils ou de professionnels du chiffre. Il en est de même pour les structures d’investissement diverses dans le private equity et l’impact financing.

Comment un cabinet tel que le vôtre peut-il échanger et prospérer dans des pays en voie de développement économique?

«Un cabinet comme le nôtre porte un intérêt à l’Afrique à double titre. Nous y accompagnons nos clients de provenances diverses dans les domaines d’activité précédemment cités, auxquels il faut ajouter l’activité pétrolière, l’agribusiness, la pétrochimie, la chimie, ou le domaine industriel au sens le plus large. Accompagner et conseiller les autorités locales, régionales et transnationales dans leurs efforts de développement et de financement est un autre volet de nos activités en Afrique.

Au-delà de prestations juridiques dans de très nombreux domaines du droit, tant pour le compte de clients privés que pour des clients institutionnels, nous soutenons des initiatives gouvernementales ou associatives, dans le cadre de notre programme 'community investment', où nous apportons gratuitement notre temps et notre expertise à des projets économiques et sociétaux au Libéria, en Namibie, en Zambie, au Zimbabwe ou au Malawi.

Concernant les projets d’infrastructures, quelles sont les possibilités de collaborations entre un centre financier tel que le Luxembourg et les pays africains?

«Le financement de projets d’infrastructures présente un intérêt certain pour la Place. Les fonds d’infrastructure, et le potentiel des fonds européens d’infrastructure constituent autant d’opportunités de nous positionner internationalement. Pour le continent africain, plusieurs centaines de milliards d’euros devraient être investis dans la prochaine décennie dans des projets de ce type, aussi bien au titre des sources de financement publiques et privées que des structures d’investissement qui requièrent un savoir–faire particulier dont dispose la Place. Ces projets sont par nature des investissements à dimension internationale et, en tant que juridiction offrant cette panoplie de solutions, nous pouvons faire valoir notre expertise. Par ailleurs, de nombreux pays africains sont confrontés au défi de l’accès au financement et au crédit. Le Luxembourg dispose d’outils susceptibles de répondre à ce défi.»