POLITIQUE & INSTITUTIONS

Rosario Grasso (Vice-bâtonnier)

«Je serai candidat bâtonnier»



Rosario Grasso est associé du cabinet Kleyr Grasso Associés. (Photo: Olivier Minaire / archives)

Rosario Grasso est associé du cabinet Kleyr Grasso Associés. (Photo: Olivier Minaire / archives)

À l’approche de l’ouverture de la liste de candidature de la plus haute fonction du Barreau de Luxembourg, le vice-bâtonnier, Rosario Grasso, brise le suspense et s’exprime sur l’éventuel passage à un mandat de deux ans pour le bâtonnier.

Monsieur Grasso, vous arriverez bientôt au terme de votre deuxième année de vice bâtonnat. Il n’y a pas d’automaticité, mais il est quasiment naturel que le vice-bâtonnier devienne bâtonnier?

«Oui, s’il n’y a pas de candidature concurrente. Cela dit, il faut toujours qu’il y ait le nombre suffisant de votes. L’année du bâtonnat de Me Guy Harles, Alex Schmitt s’était présenté comme vice-bâtonnier, mais il n’a pas été élu à cause d’un manque de voix (l’implosion du cabinet Bonn, Schmitt et Steichen avait quelque peu semé le trouble au sein de la profession, ndlr). Nous sommes aujourd’hui en deuxième année de mandat. Me Diederich est dans sa deuxième année en tant que bâtonnier. Je suis dans ma deuxième année en tant que vice-bâtonnier. Comme tous les ans, l’assemblée générale des avocats se réunit le premier jeudi du mois de juillet. Quelques semaines auparavant, les listes auront été déposées à la Maison de l’avocat. Il y a la liste des membres du Conseil de l’ordre, la liste des candidats bâtonniers et la liste des candidats pour le vice bâtonnat. Une fois les listes ouvertes, je m’inscrirai en tant que candidat bâtonnier.

Savez-vous sur quels dossiers vous plancheriez en tant que bâtonnier?

«Ça, il y en a du pain sur la planche. Nous prendrons notamment contact avec nos confrères à l’étranger. Nous avons des jumelages auxquels nous voulons donner plus de substance. Il y a d’autres questions qui concernent la profession en tant que telle, au niveau de certaines directives européennes notamment. Nous partageons avec nos confrères européens des problèmes communs. Nous pourrions définir des solutions communes.

Êtes-vous favorables au projet de loi déposé le 17 janvier modifiant la loi sur la profession d’avocat et selon lequel le mandat du bâtonnier passerait de un à deux ans?

«Pendant à peu près un siècle, jusqu’à la loi de 1991, le mandat du bâtonnier courait sur deux ans. Il y a avait donc cette tradition. En 1991, les avocats ont décidé de renouveler leur confiance au bâtonnier d’année en année. À l’époque, nous étions aux alentours de 300 avocats. Avec un nombre relativement restreint d’avocats, les devoirs et obligations du bâtonnier n’étaient pas ceux qu’il connaît aujourd’hui.

Maintenant, nous comptons beaucoup plus d’avocats inscrits, le bâtonnat en tant que tel n’est plus simplement honorifique. Cela comporte de plus en plus de travail. C’est dans cette optique-là que nous avons estimé, sous le bâtonnat de Me Guy Harles, qu’il faudrait réfléchir à revenir à un mandat de deux ans. Idem pour le Conseil de l’ordre. Une année s’écoule tellement rapidement. Pour permettre au bâtonnier de mener différents projets d’importance à terme, le mandat de deux ans paraît davantage approprié. Dans la pratique et si on reste dans la même logique, cela ferait deux ans vice-bâtonnier, deux ans bâtonnier et un an bâtonnier sortant. Cela fait cinq ans. Nous sommes donc proches des mandats retrouvés à l’étranger. Cela permet de fonctionner de manière plus efficace.»