POLITIQUE & INSTITUTIONS

Laurent Federspiel (Head of cluster management, Luxinnovation)

«Inventer un modèle de création plus ouvert»



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Pour Laurent Federspiel, les clusters doivent accroître leur effort de promotion. (Photo: Luxinnovation)

Luxinnovation organise mercredi un premier forum dédié aux clusters luxembourgeois. Une opportunité de rassembler des secteurs qui ne demandent qu’à être visibles sur le plan international. Trois questions à Laurent Federspiel, chargé de l’événement chez Luxinnovation.

M. Federspiel, pourquoi avoir choisi de réunir la communauté gravitant autour des clusters durant un premier forum?

«Luxinnovation gère six clusters transversaux, plus deux clusters dédiés à un secteur plus spécifique auxquels nous collaborons: le secteur logistique et son pendant maritime. Or nous remarquons que de plus en plus de problématiques couvertes par un cluster s’appliquent à l’ensemble de nos membres. Notre «grande famille» est donc concernée par des défis communs, par exemple dans le domaine des écotechnologies. Nous devons donc rassembler les membres de cette famille pour favoriser les échanges mais aussi faire en sorte que ceux qui voudraient nous rejoindre puissent profiter de cet événement pour le faire.

Les membres des clusters sont aussi confrontés au besoin de mieux faire connaître le pays à l’échelle de ses secteurs d’activités. Cela est d’autant plus important que des initiatives semblables voient le jour à l’étranger et qu’elles se positionnent dans le cadre d’une concurrence qui devient mondiale.

Vous avez choisi de mettre en avant la notion de création de «valeur partagée» via l’intervention du professeur Jamie Anderson. Est-ce un concept important pour le futur des clusters ?

«L’idée de création de valeur en groupe est propagée par Jamie Anderson durant ses nombreuses interventions à travers le monde. Cette perspective n’est pas évidente au premier abord, car elle se heurte à la notion de concurrence entre sociétés. Or pour un pays tel que le nôtre, le rassemblement de plusieurs acteurs au niveau d’un même projet peut s’avérer bénéfique à l’égard de la concurrence étrangère. Le défi consiste à inventer un modèle de création plus ouvert. Il va de soi que l’objectif n’est pas de créer de cette manière un produit de premier plan mais plutôt les outils de seconde main.

Le programme du gouvernement vous rassure-t-il quant à l’avenir des clusters?

«Nous disposons déjà d’un certain nombre de clusters que nous voulons continuer à faire croître via l’adhésion de nouveaux chefs d’entreprises et entrepreneurs. La création de nouveaux clusters reste soumise à une certaine taille critique, en l’occurrence un nombre d’entreprises éprouvant le besoin de se regrouper autour d’une thématique. Concernant le gouvernement, nous pensons que notre travail va s’effectuer dans la continuité des dernières années, car notre ministre de tutelle reste le même (Étienne Schneider, ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, ndlr). Des objectifs ont été fixés en octobre dernier par M. Schneider dans le cadre d’une nouvelle politique en faveur des clusters. Nous allons, ce mercredi, présenter notre nouvelle stratégie découlant de celle-ci.

Luxembourg Cluster Forum, mercredi 11 décembre dès 17 heures à l’Utopolis.

www.clusters.lu