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Georges Schmit (Directeur, Luxembourg Trade and Investment Office à San Francisco)

«Des vœux d’ambition pour le Luxembourg»



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Georges Schmit se félicite du travail effectué pour renforcer les relations économiques entre la Californie et le Luxembourg. (Photo: Licence CC)

À la tête depuis quatre ans du bureau de représentation économique du Grand-Duché à San Francisco, Georges Schmit entrevoit positivement l’avenir des relations bilatérales….ainsi que celui de son pays. Trois questions à l’un des ambassadeurs du Luxembourg à l’étranger.

M. Schmit, quelle est votre méthode pour permettre au Luxembourg de se distinguer parmi ses concurrents dans l’ouest des États-Unis?

«Il me faut tout d’abord préciser qu’une large part de nos activités concerne la Californie mais que nous couvrons les 26 États américains situés à l’ouest du Mississippi. Nous assurons une présence régulière sur le terrain, lors d’événements, de conférences, ou de missions de prospection et contacts pris à notre initiative, grâce aussi à une équipe de Consuls honoraires et de Conseillers du Commerce extérieur sur place. Cela étant dit, l’année n’est pas encore tout à fait terminée mais nous constatons que notre portefeuille de contacts et de projets actifs a continué à croître, sachant que certains projets peuvent mettre du temps pour aboutir.

Il s’agit d’un travail de longue haleine et le Luxembourg a justement su se positionner positivement depuis plusieurs années afin d’apparaître, pour les acteurs de l’ICT, mais aussi ceux d’autres domaines comme ceux de la santé et de la logistique, comme une terre d’investissement et une porte d’entrée en Europe.

Sur base de ces acquis, nous devons continuellement affiner notre offre globale à destination des entreprises qui nous sollicitent davantage autour de questions du climat des affaires en général, d’écosystème, d’infrastructure technologique, de confiance, de stabilité, de main-d’œuvre qualifiée que de TVA liée au commerce électronique. Celle-ci représentait un argument additionnel par le passé mais le changement de régime ne devrait pas réduire l’intérêt stratégique des entreprises américaines pour une plateforme au Luxembourg ou être un élément déclencheur du départ d’entreprises, même si cela aura des répercussions pour les recettes de l’État dès 2015. Le Luxembourg continuera à proposer une offre globale attractive pour les investisseurs américains sur le marché européen.

Il est régulièrement question du nation branding du Luxembourg. Quelle en est votre définition?

«D’une façon pragmatique, je pense qu’il est important de véhiculer une image générale positive du Luxembourg à l’étranger, tout comme d’autres le font. Mais cela nécessite un travail en profondeur, une démarche cohérente, coordonnée et de longue haleine, pour présenter un message d’originalité luxembourgeoise, dans lequel les acteurs de la communication, publique et privée, externe et interne du pays se retrouvent.

Pour véhiculer cette image aux États-Unis, nous pouvons d’ores et déjà capitaliser sur un réseau de liens d’affaires, institutionnels ou personnels qui s’est étendu au fil des années et sur une visibilité plus grande en Californie depuis une dizaine d’années. De façon complémentaire, les efforts des acteurs privés luxembourgeois - startups technologiques ou entreprises matures - pour se positionner aux États-Unis, mais aussi pour proposer des solutions aux entreprises américaines qui comptent s’établir en Europe contribuent aussi à une meilleure perception de notre pays.

Quelle serait votre carte de vœux à destination des habitants du pays que vous ne rejoindrez pas cette fois à l’occasion des fêtes de fin d’année?

«Au-delà des vœux de santé et de satisfaction personnelles, ceux-ci seraient assurément des vœux d’ambition pour le Luxembourg. Des vœux pour embrasser notre avenir, le créer, viser des objectifs ambitieux et faire preuve de courage et d’assiduité dans leur poursuite. Ce seraient aussi des vœux d’ouverture, d’écoute, et d’échanges permanents pour une cohésion renforcée au sein de notre société, constituée d’une population si diverse et qui prend le chemin vers les 50% d’étrangers en son sein. Il est de mon vœu que nous sachions en tenir compte dans les choix économiques, politiques et sociaux que nous sommes appelés à faire dans les prochaines années.

J’appelle de mon vœu aussi que nous sachions développer les liens de solidarité entre la population dite luxembourgeoise et les étrangers dont beaucoup se considèrent d’ailleurs comme luxembourgeois. Le Luxembourg ne saura réaliser ses ambitions que grâce à la présence et à l’apport de nos hôtes étrangers, ce qui en fait un pays si particulier, original et riche en cultures: nourrissons ces qualités pour rester ce que nous sommes et devenir ce que nous voulons être.»