PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Michel Maquil (président InFiNe.lu)

«Des aides et des résultats mieux ciblés»



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Michel Maquil: «La microfinance était initialement pensée pour délivrer des crédits, mais elle recouvre de plus en plus d’aspects et s’oriente donc vers des politiques de plus en plus ciblées.» (Photo: Luc Deflorenne / archives)

Le 6e European Microfinance Award est remis ce soir, durant une cérémonie coorganisée à la Banque européenne d’investissement (BEI) par le ministère des Affaires étrangères et européennes, la European Microfinance Platform (e-MFP) et l’Inclusive Finance Network Luxembourg (InFiNe.lu). Michel Maquil, son président, évoque la thématique de cette année.

Monsieur Maquil, le prix, lancé en 2006, a pour thème cette année «la microfinance en zone post-catastrophe naturelle, post-conflit et dans les États fragiles». Quel est l’apport de la microfinance dans pareilles situations?

«La microfinance me semble bien adaptée à ce type de situations. Tout d’abord, car, par définition, elle est active sur le terrain et en contact très étroit avec les populations dans le besoin, en particulier dans les pays pauvres. La microfinance ne s’adresse pas de manière anonyme, mais bien en fonction des orientations nécessaires pour chaque cas, en l’occurrence lors de catastrophes qui peuvent survenir.

La microfinance était initialement pensée pour délivrer des crédits, mais elle recouvre de plus en plus d’aspects et s’oriente donc vers des politiques de plus en plus ciblées. Je pense notamment au secteur des énergies vertes, par exemple dans le domaine solaire. La tendance est donc à une aide mieux ciblée pour réagir plus vite.

La place financière luxembourgeoise s’oriente fortement vers les fintech. Quels bénéfices peuvent en retirer les institutions de microfinance?

«On parle beaucoup de nouveaux moyens pour développer la finance, en dehors des systèmes bancaires traditionnels. Ces moyens concernent au premier chef la microfinance puisqu’ils permettent notamment, via les réseaux de téléphonie mobile, d’effectuer des transferts d’argent. Mais la microfinance ne se résume pas à de simples transferts d’argent. Elle concerne aussi des applications et l’acheminement de l’information nécessaire. Il peut s’agir, par exemple, de fournir des prévisions météorologiques ciblées à un producteur de riz. Grâce à de bonnes infos, à des financements adaptés et correctement acheminés, nous pouvons arriver aussi à des résultats qui augmentent la productivité dans les régions en développement. L’expérience que l’on gagnera au niveau des fintech pourra donc avoir des répercussions intéressantes en microfinance, d’autant que les nouvelles technologies nous permettent aussi de prodiguer de l’aide à distance.

Que vous inspire la prise de position de Romain Schneider, lundi à la Chambre, quant à la politique d’aide au développement du pays?

Le but de la coopération au développement et des actions de microfinance dans les cas qui nous occupent est aussi de faire en sorte que les gens soient mieux armés en cas de nouvelles catastrophes. Or il est souvent rare qu’une catastrophe naturelle survienne isolément dans certaines régions du monde qui sont aussi pauvres. J’observe que le discours du ministre est en ligne avec l’approche luxembourgeoise de longue date. Je ne peux que saluer le renouvellement de l’engagement du Luxembourg à cet égard.»