ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Les mini-entreprises 2020

ProtectIt, pour ne plus péter de câble



Aida Bjelic, Mika Ney, Lia De Roy, Isabelle Resch, Felix Reuter et Laura Biagi ont imaginé un embout pour éviter l’usure des chargeurs de téléphone. (Photo: ProtectIt)

Aida Bjelic, Mika Ney, Lia De Roy, Isabelle Resch, Felix Reuter et Laura Biagi ont imaginé un embout pour éviter l’usure des chargeurs de téléphone. (Photo: ProtectIt)

ProtectIt est arrivée à la seconde place au concours des mini-entreprises de Jonk Entrepreneuren grâce à ses protections pour câbles d’iPhone. Elle souhaite étendre sa solution à d’autres marques de smartphones et devenir une vraie entreprise en s’inscrivant à la Chambre de commerce.

Le Lycée Robert Schuman regorge de talents. Il a vu naître les deux mini-entreprises à la tête du podium lors du concours organisé par Jonk Entrepreneuren . En première position, FrëschKëscht . En seconde, ProtectIt.

À l’origine de cette dernière, six élèves âgés de 17 à 18 ans autour d’une table: Aida Bjelic, Mika Ney, Lia De Roy, Isabelle Resch, Felix Reuter et Laura Biagi. «Pour le cours en option de mini-entreprise, nous avons réfléchi à un problème qui nous concernait tous et nous nous sommes rendu compte qu’au bout d’un moment, les chargeurs de téléphone s’abîmaient toujours au même endroit et ne fonctionnaient plus», raconte Isabelle Resch, secrétaire générale de la mini-entreprise. Pour y remédier, ils ont créé ProtectIt, un embout en TPU (polyuréthane thermoplastique) qui protège le câble.

«Nous avons voulu faire quelque chose d’écologique avec un produit et un emballage recyclables, et qui permet de diminuer la quantité de déchets électroniques», ajoute-t-elle.

Le prix: 2,99 euros la pièce et 9,99 euros le pack familial qui contient quatre protecteurs. Ils existent en bleu, en noir, en blanc, en rouge et en rose et sont à commander sur leur site internet. Les élèves le produisent eux-mêmes grâce à leur imprimante 3D. Ce premier investissement de 320 euros a été financé par leurs actionnaires (des proches) et leur sponsor (BGL) de départ. Ils commandent les matières premières sur Amazon et assurent la livraison du produit fini eux-mêmes ou par voie postale selon la distance. L’équipe estime la durée de vie de ses embouts protecteurs à un an minimum.

1.720 euros de chiffre d’affaires

Cette idée leur a permis de réaliser 1.720 euros de chiffre d’affaires (calculé le 5 juin) grâce à la vente de 680 pièces depuis la mise sur le marché de leur produit en décembre dernier.

Elle leur a valu, en plus de la deuxième place à la finale des mini-entreprises, le prix de l’innovation de BNY Mellon et de la meilleure vidéo par Moskito. «Au début, nous avons eu du mal à réaliser», sourit Isabelle Resch. Cette aventure leur a apporté «beaucoup d’expérience dans tous les domaines de l’entrepreneuriat», de la comptabilité à la communication. Les 1.700 euros remportés grâce à ces différents prix leur serviront à se verser un salaire. L’équipe songe aussi à donner une partie à une association.

Surtout, elle souhaite poursuivre l’aventure. Les six élèves comptent contacter la Chambre de commerce pour s’inscrire en tant qu’entreprise et payer la TVA. Afin de proposer à leurs clients une nouvelle version de leur produit, qui s’adaptera aux autres chargeurs que ceux d’Apple. Aujourd’hui, le ProtectIt n’est compatible qu’avec les câbles d’iPhone.

Pour doper ses ventes, la mini-entreprise prévoit aussi des collaborations. «Par exemple, avec Orange. Nous pourrions leur fournir des pièces de couleur orange que leurs clients recevront lorsqu’ils achètent un nouveau téléphone», illustre Isabelle Resch. Jongler entre les cours la journée et l’entrepreneuriat le soir ne pose pas de problème à la lycéenne, qui espère pouvoir continuer à ce rythme encore un moment.