POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Logement abordable

Première réunion nationale sur la crise du logement



Pendant deux jours, 170 personnes liées au secteur du logement au Luxembourg ont discuté des solutions à la crise du logement dans le pays à travers des échanges, des tables rondes et des ateliers. (Photo: Ministère du Logement)

Pendant deux jours, 170 personnes liées au secteur du logement au Luxembourg ont discuté des solutions à la crise du logement dans le pays à travers des échanges, des tables rondes et des ateliers. (Photo: Ministère du Logement)

170 personnes luxembourgeois impliqués dans le secteur du logement au Luxembourg se sont réunis pendant deux jours, cette semaine, pour discuter des solutions à apporter à la crise du logement dans le pays et prendre des mesures en vue de l’introduction du droit au logement pour tous.

Les prix des logements au Luxembourg sont notoirement élevés. Ils ont augmenté de 13,9% en 2021 , après  une hausse record de 14,5% un an plus tôt .

Les deux jours de réunion des acteurs du secteur du logement, les 11 et 12 mai, étaient la première rencontre de ce type entre les communes, les promoteurs de logements sociaux, les associations dédiées à l’accès au logement et les conseillers en logement. «La première rencontre nationale pour le logement abordable au Luxembourg a été un succès pour tous les participants», indique un communiqué. «Ce dialogue constructif et participatif entre le ministère du Logement et ses partenaires sera maintenu afin de mieux progresser dans la mise en place du droit au logement pour tous.»

Les groupes de défense des droits des locataires comme Mieterschutz, mais aussi des partis politiques comme déi Lénk et des syndicats comme l’OGBL, demandent depuis longtemps que le droit au logement soit inscrit dans la loi.

Le gouvernement a présenté un certain nombre de solutions pour résoudre ce problème. Par exemple, une version révisée d’un accord entre le gouvernement et les communes vise à inciter les dirigeants locaux à construire davantage. Car les communes détiennent les clés des plans de développement sur leur territoire.

Coopération entre communes

Près de 100 communes ont adhéré à cet accord, qui leur donne accès aux ressources et aux conseillers du ministère pour élaborer des plans de logement locaux. Le premier de ces plans a déjà été soumis au ministère du Logement, qui aidera les communes à payer la facture des projets de construction. Les responsables locaux peuvent également compter sur le soutien du gouvernement pour développer les infrastructures nécessaires à la croissance des municipalités.

«J’appelle toutes les communes à poursuivre dans cette dynamique proactive», a déclaré le ministre du Logement,  Henri Kox (déi Gréng), dans un communiqué. «C’est seulement avec les communes que nous pourrons faire progresser l’offre de logements publics, abordables et durables.»

Mais d’autres projets n’en sont qu’à leurs débuts, comme le «Baulandvertrag». Il obligera les promoteurs à construire plus rapidement une fois qu’ils auront acquis un terrain, les empêchant ainsi de garder des parcelles en friche et de spéculer sur leur valeur croissante.

Il devrait également permettre d’accélérer les procédures administratives d’adoption des plans d’aménagement, qui peuvent actuellement prendre plus d’un an. Le projet de loi a été présenté en 2020, mais n’a pas encore été voté par la Chambre.

Réforme fiscale

Une réforme fiscale visant à augmenter les prélèvements sur les propriétés et les terrains vides n’a pas encore vu le jour non plus. Le Premier ministre,  Xavier Bettel (DP), avait annoncé cette mesure en octobre 2021 , affirmant qu’un projet de loi serait déposé dans l’année, laissant cinq mois au gouvernement pour faire une proposition.

Il y a suffisamment de terrains disponibles dans les périmètres de construction actuels pour construire environ 142.000 logements, selon des études. Mais près des deux tiers de ces terrains appartiennent à des privés et les propriétaires n’ont pas envie de les développer.

La prochaine réunion du groupe «logement» est prévue en octobre. Les sujets à l’ordre du jour comprennent une meilleure réglementation du marché immobilier privé, notamment une meilleure protection des locataires dans les contrats de location et la santé et la sécurité des propriétés.

Cet article a été rédigé par  Delano  en anglais, traduit et édité par Paperjam en français.