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Musique

Le premier concert-test à la Rockhal, c’était comment?



La configuration du Club de la Rockhal pour cette série de concerts-tests.  (Photo: Claude Piscitelli)

La configuration du Club de la Rockhal pour cette série de concerts-tests.  (Photo: Claude Piscitelli)

De la bonne musique, des tests, un détecteur comme dans les aéroports, quelques manifestants, l’absence de bières… On vous raconte le retour de la musique à la Rockhal mercredi soir.  

21h30 ce mercredi soir, le concert de Glass Museum est terminé depuis quelques minutes lorsque l’on croise Olivier Toth , le CEO de la Rockhal. Malgré le masque qu’il porte comme tout un chacun dans l’enceinte eschoise, on voit clairement qu’il a le sourire. «Oui, je suis un homme heureux», glisse-t-il. «Les premiers retours sont enthousiastes. Avec toute notre équipe, nous avions hâte de voir les préparatifs devenir réalité. Et c’est une joie d’avoir revu ainsi le public dans notre Club et de la musique sur scène. Tout s’est passé comme nous l’espérions.»

Sur scène et surtout en coulisses

Après plus de 11 mois d’absence (le dernier spectacle datait du 7 mars 2020), la musique a fait un joli retour dans la salle eschoise. Because Music Matters, la série de cinq concerts (tous sold-out) organisés en hommage à la musique live, a donc débuté aussi bien qu’on pouvait l’espérer. Sur scène, tout d’abord, avec la belle prestation du duo belge Glass Museum (qui a remplacé au pied levé le pianiste français Mezerg, qui s’est vu dans l’obligation d’annuler sa venue pour cause de blessure à la clavicule ce week-end) et sa musique aux confins du jazz, de l’électronique et du classique. Le pianiste Antoine Flipo et le batteur Martin Grégoire, deux Tournaisiens, ont livré un set instrumental qui a fait voyager le public une heure durant. Par les temps qui courent, cela ne se refuse pas. De la Turquie à l’Islande, deux influences clairement assumées, en passant par les plaines du nord de l’Afrique.

Un double test était demandé aux détenteurs d’un ticket.  (Photo: Maison Moderne)

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 Un portique de sécurité, comme dans les aéroports, était placé devant la Rockhal. (Photo: Maison Moderne)

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Le groupe belge Glass Museum. (Photo: Claude Piscitelli)

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Le Club de la Rockhal aménagé spécialement pour cette série de concerts.  (Photo: Claude Piscitelli)

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Le batteur de Glass Museum. (Photo: Claude Piscitelli)

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Le pianiste de Glass Museum. (Photo: Claude Piscitelli)

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Mais ce qui était peut-être encore un peu plus scruté, c’était tout l’aspect logistique qui entoure cette série de concerts, organisée en collaboration avec le ministère de la Santé. Des «concerts-tests», comme on les appelle depuis que la crise sanitaire empêche la tenue de concerts tels qu’on les vivait avant. Et là aussi, tout a été parfait. «Le public a été discipliné et même enthousiaste. Il faut remercier tous les gens qui ont fait de ce rendez-vous un succès», expliquait Olivier Toth.

Des manifestants, pas de tests positifs

Si une petite poignée de manifestants avaient pris place sur le parvis devant la salle de concert, afin de souligner timidement que d’obliger les gens à se faire tester pour assister à un tel événement était une manière de limiter leurs libertés, cette initiative a plutôt fait sourire les détenteurs d’un ticket. Ces derniers n’ont vu qu’une simple formalité dans les deux tests (un antigénique et un PCR), qui étaient effectués à deux pas de la Rockhal, dans la gare Belval-Université, en attendant d’en passer un troisième sept jours plus tard pour le suivi. Dans le fond, le plus ennuyant était encore de devoir attendre la grosse vingtaine de minutes nécessaires à l’obtention du résultat. «Il n’y a eu aucun cas positif», se félicitait à ce propos Olivier Toth. Du coup, tout le monde est ensuite passé par le grand détecteur, semblable à ceux que l’on retrouve dans les aéroports, situé devant la Rockhal. Une manière de contrôler les gens sans devoir passer par une fouille corporelle.

Une fois cette étape franchie, les spectateurs étaient alors accompagnés jusqu’à leur place, dans un Club spécialement aménagé pour l’occasion. Avec une scène centrale et un public disséminé tout autour, en tenant compte de la distanciation sociale de deux mètres. Le tout dans une ambiance plutôt cosy, sans que le bar soit ouvert et avec l’obligation de rester un maximum assis. C’était forcément différent de ce que connaissent les habitués des salles de concert. Mais une fois la lumière éteinte, la magie a à nouveau opéré, comme avant le début de la crise sanitaire.  «On ne vous fait pas de bisous, mais c’était un vrai plaisir», a lancé en guise de conclusion le pianiste Antoine Flipo à la fin de son set. Un plaisir sincèrement partagé!