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Services bancaires

Post Finance revoit sa grille tarifaire



Claude Strasser, directeur général de Post, et Gabriel de La Bourdonnaye, directeur de Post Finance, insistent sur le caractère simple et transparent de la nouvelle grille tarifaire des services financiers de la poste. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Claude Strasser, directeur général de Post, et Gabriel de La Bourdonnaye, directeur de Post Finance, insistent sur le caractère simple et transparent de la nouvelle grille tarifaire des services financiers de la poste. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

À compter du 10 janvier 2022, Post Finance étendra et simplifiera son offre bancaire «eboo» et reverra sa tarification en passant à une formule d’abonnement mensuel. La direction prise est celle d’une plus grande digitalisation des services.

Post Finance, c’est aujourd’hui près de 180.000 clients, privés et professionnels, et un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros, chiffre à comparer avec les 864,4 millions réalisés par tout le groupe en 2020 pour un bénéfice de 36,2 millions.

La vocation de Post Finance n’est pas de proposer l’intégralité de la palette usuelle des services bancaires. Son objectif depuis l’ouverture du service des chèques et virements postaux, en 1911, est de mettre à disposition du plus grand nombre des moyens de paiement et de favoriser l’inclusion financière, rappelle Claude Strasser , le directeur général du groupe Post. Un tiers des clients n’ont d’ailleurs pas accès à une autre alternative bancaire. Pour ce qui est des services plus étendus, Claude Strasser renvoie à son partenaire depuis 2016,  Banque Raiffeisen .

La nouveauté, c’est qu’eboo, l’offre e-banking de Post Finance lancée en 2020 , prend de l’ampleur et devient de facto le business model pour la filiale financière du groupe Post.

Priorité au tout-digital

La direction prise est celle d’une plus grande digitalisation des services, cela au détriment des opérations au guichet, qui, dans la nouvelle grille tarifaire, sont amenées à devenir des opérations exceptionnelles de complément. Un basculement qui n’implique pas une diminution du réseau, insiste Claude Strasser, pour qui la question de l’ajustement de celui-ci n’est pas encore d’actualité. La stratégie de proximité reste donc toujours de mise, et les 44 points de vente Post Finance ne sont pas remis en question.

À partir du 10 janvier prochain, le client de Post Finance aura le choix entre quatre offres, coûtant de 2 euros par mois (pour le service basique, incluant un compte courant et l’e-banking) à 7 euros, en fonction des options ajoutées en termes de cartes de paiement et d’assurance. Et même au-delà, si on veut ajouter des cartes supplémentaires ou de standard supérieur. «Une grille tarifaire simple et transparente, sans mauvaise surprise», explique Gabriel de La Bourdonnaye , directeur de Post Finance. Pour ce prix, tous les services délivrés via l’e-banking seront gratuits, même ceux auparavant payants, comme les retraits dans des distributeurs automatiques, et cela sur toute la planète, ou encore les virements en devises étrangères.

Ces mêmes services, s’ils sont demandés au guichet, coûteront 3 euros à chaque fois. Sont concernés les retraits d’espèces, la consultation de solde, l’émission d’un RIB et les virements. Gabriel de La Bourdonnaye relativise la hausse: «La majorité de ces services coûtent actuellement plus cher.» Tout en admettant que ces nouveaux tarifs peuvent s’avérer dissuasifs et que l’idée est de pousser les gens à favoriser les «services digitaux gratuits» partout où ils existent en mettant en avant les virements électroniques et les retraits dans les distributeurs.

Mécanisme d’exemption des frais au guichet sur demande 

À n’en pas douter, certains utilisateurs seront désarçonnés, voire incapables d’utiliser les outils digitaux à leur disposition. C’est pourquoi un mécanisme d’exception sur demande est instauré. Pour ce faire, l’analyse des demandes sera faite au cas par cas.

Parmi les personnes potentiellement concernées, les gens âgés de plus de 80 ans conserveront d’autorité la gratuité des services au guichet, tout comme les personnes souffrant de certaines pathologies les empêchant de se servir des outils numériques. Comme les aveugles. II faudra alors produire un certificat médical.

Pour ce qui est des gens qui ont des difficultés avec internet – l’illettrisme numérique est une réalité –, il faudra qu’ils se forment, concède Gabriel de La Bourdonnaye. Des formations destinées à favoriser l’inclusion numérique de tous les citoyens, qui ne sont pas forcément égaux devant un clavier. C’est le cas de  celle lancée récemment  par le ministère de la Protection des consommateurs, en collaboration avec la Commission de surveillance du secteur financier et la Fondation ABBL pour l’éducation financière.

Quant à l’impact sur le chiffre d’affaires de Post Finance, il sera positif, concède encore Gabriel de La Bourdonnaye.

Se débarrasser des comptes inactifs

Mais ce surplus de revenus n’est pas le but recherché, insiste le responsable de Post Finance. Le but premier de cette nouvelle grille tarifaire est avant tout de lutter contre les comptes inactifs, qui représentent de forts coûts. Comme l’abonnement Luxtrust, qui revient à 10 euros par an, ou encore les frais de plateforme ou de mise en conformité réglementaire.

L’autre nouveauté de la grille tarifaire, c’est l’application d’un taux d’intérêt négatif de -0,5% pour les dépôts de la clientèle privée et professionnelle supérieur à 250.000 euros, justifié par la situation persistante de taux d’intérêt négatifs. Une situation qui coûte entre 1,2 et 1,6 million par trimestre, révélait Claude Strasser, lors de la présentation des résultats financiers du groupe au printemps dernier.

Les clients seront informés un par un de cette nouvelle grille, par courrier et par entretien personnel, si nécessaire, afin de se voir proposer l’offre qui leur convient le mieux.

Le lancement de la nouvelle offre commerciale de Post Finance ira de pair avec le remplacement progressif de toutes les cartes de paiement par des cartes fabriquées à partir de plastique recyclé, pour les cartes Easy Visa, et de maïs, pour toutes les autres cartes de débit et de crédit émises par Post. «Une première au pays», insiste la société.