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Le poids réel des relations entre Chine et Luxembourg



Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, entretient de bonnes relations avec les acteurs financiers chinois. (Photo: Christophe Olinger / archives)

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, entretient de bonnes relations avec les acteurs financiers chinois. (Photo: Christophe Olinger / archives)

Les relations entre la Chine et le Luxembourg ne sont pas négligeables, comme le pointe le ministre de l’Économie Franz Fayot (LSAP), en réponse à une question parlementaire. La crise du coronavirus ne devrait pas les remettre en question.

La Chine a été le premier pays au monde à souffrir de l’apparition du Covid-19, et son économie a rapidement été affectée. Or, les relations entre le Luxembourg et l’empire du Milieu sont d’apparence très importantes, comme s’en inquiète le député André Bauler (DP). Dans une question parlementaire, il a récemment demandé au ministre de l’Économie de faire le point sur le poids de ces relations. La réponse de Franz Fayot  a pris la forme d’un bilan.

On y apprend que, fin 2019, les exportations du Luxembourg vers la Chine ont atteint 199 millions d’euros (232 millions fin 2015), alors que les importations ont grimpé à 219 millions (117 millions fin 2015).

Priorité aux importations

Les échanges de services ont atteint 1,18 milliard d’euros (dont 22% en services financiers) en 2018, contre 1,61 milliard (dont 15% en services financiers) en 2015. Si on y inclut Hong Kong, les échanges de services ont alors atteint 3,33 milliards (dont 58% en services financiers) en 2018, contre 4,12 milliards (dont 55% en services financiers) en 2015.

Le ministre Fayot pointe l’importance des relations dans le secteur de la finance. Sept banques chinoises ont établi leurs quartiers européens au Luxembourg, alors que la Bil, elle, est désormais détenue par un actionnaire chinois : Legend Holdings.

Quant à la Bourse de Luxembourg , elle a intensifié ses relations avec ses homologues chinoises au cours des dernières années.

Dans la sidérurgie et la métallurgie, ArcelorMittal est présent sur le marché chinois et possède des participations importantes dans China Oriental Steel et Vama, et Paul Wurth y est établie depuis 1995, avec un siège à Beijing et des ateliers à Shanghai.

Automobile et fret aérien

Dans le secteur automobile, deux sociétés grand-ducales sont implantées en Chine: Cebi est installée à proximité de Shanghai, et IEE, détenue par un consortium d’investisseurs chinois depuis 2014 , est implantée près de Beijing depuis 2007.

Enfin, dans le secteur des transports et de la logistique, le ministre de l’Économie rappelle que les aéroports de Hong Kong, de Zhengzhou et de Shanghai figurent parmi les destinations les plus importantes de Cargolux , et que la compagnie luxembourgeoise de fret aérien est détenue à 35% par le groupe chinois HNCA, basé à Zhengzhou, dans le Henan, qui est aussi le deuxième hub de Cargolux.

Des relations relativement importantes, donc, entre la deuxième puissance économique mondiale et un petit État logé au centre de l’Europe.