POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Plan de relance 

Plus de 4 millions pour aider la culture



«Nous traversons une période dure, avec des conséquences à long terme», résume la ministre de la Culture, Sam Tanson. (Photo: Paperjam)

«Nous traversons une période dure, avec des conséquences à long terme», résume la ministre de la Culture, Sam Tanson. (Photo: Paperjam)

Pour faire face à la crise liée à la pandémie de Covid-19, le ministère de la Culture a élaboré un plan de relance pour le secteur culturel. Plus de 4 millions d’euros seront attribués pour relancer les différents secteurs de la culture impactés par la crise.

La crise du Covid-19 n’épargne pas le milieu de la culture. Bien que celle-ci ait trouvé une place de choix au sein des foyers pendant le confinement et ait aidé nombre de personnes à passer ce cap difficile grâce à la lecture, le visionnage de films ou la participation à des initiatives numériques, les institutions culturelles et les artistes se trouvent aujourd’hui dans une situation précaire, voire parfois difficile.

C’est pourquoi le ministère de la Culture propose un nouveau plan de relance pour le secteur qui vient compléter les aides exceptionnelles déjà attribuées jusqu’à présent. Les détails ont été dévoilés ce mercredi.

Un état des lieux peu glorieux

Au total, ce sont plus d’une centaine d’expositions fermées, plus de mille concerts, festivals et autres manifestations annulés ou reportés, et plus d’un million de spectateurs qui ont dû renoncer à leur billet d’entrée.

«Nous traversons une période dure, avec des conséquences à long terme», introduit Sam Tanson (Déi Gréng), ministre de la Culture. «L’impact financier est aussi très important et les infrastructures culturelles accusent une perte de 15 à 30% de leurs revenus qui est liée à la vente des tickets ou au catering. Cette perte peut mettre en danger les revenus des artistes indépendants et des intermittents du spectacle. Aussi, le ministère de la Culture est intervenu dès le début pour soutenir le secteur, tout d’abord en accordant des subsides aux projets réalisables en temps de crise, puis en apportant une modification de la loi relative aux mesures sociales pour intermittents du spectacle et artistes professionnels afin de mieux soutenir les créatifs en temps de crise.»

Car il ne faut pas oublier que la culture est un véritable secteur économique qui emploie plus de 12.000 personnes, représentant 5,3% des emplois au Luxembourg. Un secteur qui compte dans la balance économique globale, mais qui est aussi précaire, car un cinquième de ces emplois sont des indépendants qui se retrouvent donc dans une situation de grande fragilité économique. Le 20 mai dernier, il a été décidé que ces aides seraient prolongées jusqu’au 30 juin, faisant ainsi grossir à 1,2 million l’enveloppe réservée aux artistes et intermittents en 2020.

Toutes les trois semaines, la situation sera réévaluée, mais à l’heure actuelle, nous ne savons pas encore quand nous pourrons reprendre les activités telles que nous les connaissions.
Sam Tanson

Sam Tanson,  ministre de la Culture

Depuis le 11 mai dernier, les bibliothèques et musées peuvent rouvrir, et à partir du 29 mai, les lieux de représentation, comme les théâtres, les cinémas, les centres culturels et les salles de concert, pourront également ouvrir leurs portes.

Toutefois, ces lieux devront respecter les conditions sanitaires générales, ce qui n’est pas sans poser de nombreux soucis: port du masque obligatoire dans les lieux de circulation, spectacles uniquement assis avec distanciation physique, distanciation aussi imposée pour les intervenants sur scène…

«Toutes les trois semaines, la situation sera réévaluée, mais à l’heure actuelle, nous ne savons pas encore quand nous pourrons reprendre les activités telles que nous les connaissions», assure la ministre de la Culture. C’est pourquoi le ministère de la Culture octroie un nouvel ensemble de financements pour pallier les effets de la crise qui perdurent, prévenir une précarité excessive des travailleurs culturels, amortir les dommages collatéraux dans les secteurs voisins et permettre aux structures de s’adapter aux nouvelles mesures pour attirer à nouveau leur public.

De nouvelles aides pour encore mieux soutenir

C’est dans ce contexte que les structures et associations conventionnées pourront se manifester pour demander une indemnité afin de compenser une perte financière liée à l’annulation ou au report d’une manifestation, ou la fermeture de l’institution culturelle. 1,5 million est réservé à ces indemnités.

Les Annexes du Château de Bourglinster accueillaient déjà un programme de résidence pour artiste. Celui-ci va être renforcé avec une mission de trois ans pour un collectif d’artistes financés à hauteur de 100.000€ sur deux ans et qui seront chargés de la gestion et de l’animation du lieu. Le principe de la résidence sera également valorisé dans les institutions culturelles qui pourront accueillir un artiste au moins six mois. Pour cela, elles bénéficieront d’une aide allant de 15.000 à 30.000€, pour un total de 150.000€ réservés à cette action.

Le ministère augmente également son enveloppe d’acquisition d’œuvres d’art de 150.000€, qui pourront être utilisés pour acheter des œuvres auprès des galeries.

En ce qui concerne la musique, 50.000€ sont réservés pour passer huit nouvelles commandes musicales. Le théâtre bénéficiera de 100.000€ qui seront utilisés pour l’écriture d’œuvres dramatiques qui devront par la suite être produites sur scène. Le même montant est attribué à la recherche de nouvelles formes de spectacles correspondant mieux aux contraintes des conditions sanitaires imposées par le Covid-19.

Enfin, deux très gros budgets, chacun d’un million d’euros, sont dirigés d’une part vers le soutien aux musées régionaux pour le développement et la valorisation de leur offre, et d’autre part vers les sites culturels à vocation touristique. Derrière ces deux dernières aides, il y a une volonté franche de développer ces structures jugées encore sous-exploitées et de venir enrichir non seulement l’offre culturelle, mais également de renforcer l’attrait touristique sur l’ensemble du territoire du pays. De quoi contribuer à long terme aux «Vakanz Doheem»…