POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Réactions aux annonces du gouvernement

Les patrons attendent le plan de relance dans les faits



Le ministre des Finances Pierre Gramegna a détaillé mercredi les mesures d’aide aux entreprises touchées par la crise du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Le ministre des Finances Pierre Gramegna a détaillé mercredi les mesures d’aide aux entreprises touchées par la crise du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Les représentants des différents secteurs économiques se réjouissent du contenu du plan de relance présenté mercredi par le gouvernement. Ils attendent cependant des précisions sur les 23 mesures dévoilées . L’Horesca reste, pour sa part, dans l’expectative quant à la reprise.

Prolongement des aides remboursables aux entreprises, chômage structurel pour les plus touchés, nouvelles subventions directes au commerce… Le gouvernement a présenté son plan de relance de l’économie luxembourgeoise mercredi 20 mai.

Ce nouveau paquet «Neistart Lëtzebuerg»  (un nouveau départ pour le Luxembourg) est construit autour de trois priorités pour «une reprise durable et solidaire de l’économie luxembourgeoise»,  selon le communiqué du gouvernement :

- encourager l’emploi;

- soutenir les entreprises dans les secteurs les plus touchés;

- promouvoir une relance économique durable.

Qu’en pensent les représentants du patronat? «Il s’agit d’un réel effort, le programme de relance va dans la bonne direction», salue Tom Wirion , directeur général de la Chambre des métiers. Qui apprécie particulièrement les incitations faites pour l’investissement dans des travaux chez les particuliers.

«Les aides financières pour l’assainissement des différents éléments de construction de l’enveloppe thermique du bâtiment Prime House seront majorées de 50%. Seront également augmentées de 25% les aides financières pour la promotion des systèmes de chauffage basés sur les énergies renouvelables et renforcés les programmes des fournisseurs d’énergie en faveur de l’efficacité énergétique», a en effet annoncé le gouvernement. «Ensuite, est-ce que la demande sera au rendez-vous?», s’interroge cependant Tom Wirion.

Le directeur général de la Chambre des métiers se réjouit aussi de la prolongation du chômage partiel et de la mise en place d’un chômage structurel pour l’après-crise. «Il faut voir maintenant au niveau des textes qui seront publiés, comment le gouvernement pourra le rendre le plus simple d’accès possible pour qu’un maximum d’entreprises en profite.»

Pas de date de reprise pour l’Horesca

Le paquet d’aides a aussi séduit l’Horesca. Notamment le fonds de relance pour les secteurs les plus touchés par la crise, de 1.250 euros par mois et par salarié en poste et de 250 euros par salarié au chômage partiel.

«Nous allons dans la bonne direction», admet François Koepp , CEO de la Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers (Horesca). Il considère la nuitée offerte aux frontaliers et résidents comme un «instrument très ingénieux. Cela peut aider les entreprises à se faire une nouvelle clientèle, se redynamiser». Le chômage structurel sera aussi utile dans ce secteur.

Un problème persiste, et pas des moindres: «Nous nous attendions à une date pour la réouverture des entreprises. Que ce soit le 1er juin, le 15 juillet ou le 31 décembre, nous avons besoin d’une date pour prévoir la réouverture. Si on l’apprend au dernier moment, le délai sera très court pour s’organiser, prévenir les clients via un mailing…», regrette M. Koepp.

La CLC dans l’expectative

«Nous prenons acte des annonces du gouvernement et nous attendrons les textes d’application pour nous prononcer. En effet, ces deux derniers mois, il y a eu quelques déceptions importantes dans ce contexte, les critères de sélection et d’exclusion des différentes mesures d’aide étant souvent très restrictifs. Bon nombre de nos entreprises ont besoin d’aide et nous espérons que ces nouvelles décisions gouvernementales apporteront le secours tant attendu», a réagi de son côté Nicolas Henckes , directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce.