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Politique agricole

Plan agricole: des promesses lointaines pour l’environnement



Biodiversité, pollution, gaz à effet de serre: la politique agricole nationale a un lourd effet sur l’environnement. Suite à l’accord sur la nouvelle PAC, le plan national pour l’agriculture devrait apporter des réponses. Mais inverser la tendance semble difficile. (Photo: Shutterstock)

Biodiversité, pollution, gaz à effet de serre: la politique agricole nationale a un lourd effet sur l’environnement. Suite à l’accord sur la nouvelle PAC, le plan national pour l’agriculture devrait apporter des réponses. Mais inverser la tendance semble difficile. (Photo: Shutterstock)

Après l’accord sur la nouvelle PAC européenne, Romain Schneider a présenté le plan stratégique national pour l’agriculture. Les annonces sont orientées vers l’environnement. Mais elles paraissent insuffisantes pour inverser la tendance d’un pays mauvais élève en la matière.

Soutien aux revenus agricoles, renforcement de la compétitivité, traçabilité des produits, diminution des gaz à effet de serre: le ministre de l’Agriculture, Romain Schneider (LSAP), a présenté mercredi en commission parlementaire le plan stratégique national dans le domaine de l’agriculture, peu de temps après l’accord trouvé au niveau européen sur la nouvelle PAC.

La présentation a été parsemée de références à la transition écologique. Ainsi, les fameux «ecoskills» (ou «ecoschemes»), des subsides destinés à la protection de l’environnement et du climat, devraient constituer 25% des paiements directs. 35% devraient être dévolus au bien-être animal. Et l’ensemble devrait constituer 40% du budget total.

Dans les exploitations agricoles, les pesticides ne devraient plus être utilisés – rappelons que le pays est sorti du glyphosate au début de l’année. Et la part de l’agriculture biologique devrait augmenter.

Une PAC décevante

Mais ces annonces ne doivent pas cacher que l’accord sur la nouvelle PAC européenne avait déçu ceux en faveur d’une réforme écologique. 25% d’écoskills est un taux plus faible que celui réclamé à l’origine, rappelait récemment à Paperjam la députée européenne Tilly Metz (déi Gréng), et de nombreuses échappatoires existent pour diminuer ce taux dévolu aux paiements directs.

Et si Romain Schneider a promis que la densité du bétail devrait «rester basse, voire diminuer», il faut rappeler que la production agricole du pays est à plus de 76% issue de l’élevage et qu’elle représente désormais la quatrième plus haute densité de bétail en Europe.

Côté gaz à effet de serre, les émissions agricoles ont bien diminué de 20% dans l’UE entre 1990 et 2018. Mais elles sont restées stables sur la même période au Luxembourg – et ont même augmenté de 7% entre 2013 et 2018.

L’utilisation des pesticides a encore un très lourd impact sur l’environnement: conséquence de leur utilisation, plus de 95% des cours d’eau analysés dans le pays sont dans un mauvais état écologique.

Un accord amené à évoluer

Concernant la transition vers l’agriculture biologique, avec seulement 5,18% de surface agricole biologique en 2020, l’objectif d’atteindre 20% d’ici 2025 paraît irréaliste. Et l’Observatoire de l’environnement naturel a récemment tiré la sonnette d’alarme concernant la biodiversité , mal en point dans le pays, en pointant du doigt la politique agricole nationale.

«Le plan, tel que présenté aujourd’hui, constitue un accord politique et va sûrement encore évoluer», a souligné Romain Schneider. Des rencontres sont prévues avec différents acteurs, notamment ceux issus des professions agricoles, et une grande consultation publique, à laquelle tous les citoyens sont invités à participer, sera organisée le 15 octobre.

Le plan stratégique national doit être présenté à la Commission européenne d’ici la fin du mois de décembre. C’est seulement à l’issue de ce processus qu’une loi agraire nationale pourra voir le jour.