PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Alfi Global Distribution Conference

Pierre Gramegna: «La concurrence ne dort pas»



269409.jpg

Lors de la conférence de l’Alfi, Pierre Gramegna et Corinne Lamesch ont relevé une opportunité à saisir pour les fonds: le futur produit paneuropéen de pension. (Photo: Keven Erickson)

Juste revenus d’une tournée en Chine avec une délégation du secteur financier, le ministre des Finances et la présidente de l’Alfi ont exhorté les fonds à rester innovants et compétitifs, devant l’audience de l’Alfi Global Distribution Conference le 24 septembre.

C’est une première pour  Corinne Lamesch , nouvelle  présidente de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement  (Alfi), et une 28e édition pour l’Alfi Global Distribution Conference, qui se tient les 24 et 25 septembre.

Et les 675 participants aux deux jours de conférence ont déjà remarqué un changement de style dans la salle: fini l’auditoire en rangs d’oignons, place à des tables rondes, plus propices aux échanges de cartes de visite.

Le changement s’est également matérialisé dans un  nouveau record pour l’industrie  luxembourgeoise des fonds d’investissement, qui atteint 4.500 milliards d’euros d’actifs sous gestion à la fin du mois d’août 2019, soit le cinquième record mensuel cette année.

Focus sur les priorités

Le contexte n’est pour autant pas aisé: «Il n’y a aucune raison d’être complaisant dans l’environnement actuel», pose Corinne Lamesch, qui cite pêle-mêle la concurrence, les changements démographiques, le Brexit, les ruptures technologiques ou encore les tensions géopolitiques comme autant de challenges pour la Place.

«Il faut rester concentré lorsque l’on navigue dans des eaux agitées. Nos priorités pour les deux ans à venir sont principalement la finance durable, l’épargne retraite, les fintech et les actifs alternatifs», ajoute Corinne Lamesch.

Le secteur financier regarde aussi résolument vers l’est:  Pierre Gramegna  et Luxembourg for Finance, accompagnés d’une délégation d’une centaine de professionnels du secteur (dont l’Alfi),  reviennent d’ailleurs tout juste de Chine .

«À chaque fois que je reviens de Chine (j’y vais au moins deux fois par an), je suis à la fois plein d’énergie et effrayé de la vitesse à laquelle bouge le marché là-bas. C’est un choc de voir aussi à quel point la Chine est avancée dans le domaine des paiements et des fintech», note Pierre Gramegna lors de son discours.

«En Europe, nous sommes certes plus conscients de notre environnement et de la protection des personnes, mais nous sommes en même temps trop lents», constate-t-il. Avant de poursuivre: «La concurrence ne dort pas et il y a beaucoup à faire.»

Retraite et finance durable

Pierre Gramegna comme Corinne Lamesch ont relevé une opportunité à saisir pour les fonds: le lancement à venir du produit paneuropéen de pension , le Pepp (pan-European personal pension product).

«Vous pourriez faire du Pepp une success-story comme l’a été la directive Ucits pour la Place luxembourgeoise. La clé consiste à anticiper», a lancé le ministre des Finances à l’auditoire.

La finance durable était également omniprésente dans les discours du ministre et de la présidente de l’Alfi. «Le potentiel est énorme. La finance durable n’est pas seulement bonne pour vous, votre conscience et votre éthique; elle est aussi bonne pour le business», a conclu Pierre Gramegna, après avoir confié qu’il portait toujours une cravate verte pour promouvoir la finance durable, ou à défaut, le badge multicolore des  objectifs pour le développement durable des Nations unies .

Un dress code qu’il ne manquera pas d’arborer en décembre, lors de son déplacement au Chili à l’occasion de la COP25.