COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Expertises

thought Leadership

Perspectives actions 2020



Romain Boscher, Global CIO Actions, Fidelity International  Credit: Fidelity International

Romain Boscher, Global CIO Actions, Fidelity International Credit: Fidelity International

2020 est l’année du retour de la croissance des bénéfices grâce à une politique monétaire accommodante et à la résistance des ménages américains. La récession devrait être évitée en dépit de la faiblesse du secteur industriel, mais des mesures budgétaires pourraient s’avérer nécessaires. 

Des performances des actions soutenues par la quête de rendement

Les marchés commencent à refléter cette amélioration potentielle. Toutefois, tout signe d’exubérance excessive pourrait nous rendre plus prudents. En dépit de tout le bruit politique, nous restons polarisés sur les bénéfices dans la mesure où ils représentent la majeure partie de l’évolution des cours des actions à moyen terme et 80 %-90 % sur une décennie. Bien entendu, il convient également de prêter attention aux taux d’intérêt et aux flux de capitaux. Nous nous attendons à ce que les taux d’intérêt demeurent bas, voire même qu’ils baissent encore un peu plus. Un possible retour en grâce des actions « value », mais les valeurs financières demeurent entravées Néanmoins, nous continuons de nous méfier de la japonisation croissante des grandes économies. Maintenir artificiellement les taux au plus bas pendant une longue période se traduit par une faible croissance et volatilité de l’économie. Des taux peu élevés empêchent l’augmentation des défauts à court terme, mais ont pour effet d’accroître sur le long terme le nombre d’entreprises « zombies » maintenues en vie par un crédit bon marché plutôt que par une croissance solide de leurs bénéfices. Afin d’éviter ces pièges à valeur, nous conservons un biais en faveur de la qualité et marquons une préférence pour les entreprises dotées de bilans solides. Toutefois, si la croissance commence à se réaccélérer en 2020, on pourrait observer un regain d’intérêt pour les entreprises « value » et cycliques auparavant négligées. Les banques sont l’exception. Les niveaux de leur matière première, à savoir les taux d’intérêt, vont demeurer extrêmement bas, voire peut-être devenir encore plus négatifs. Selon moi, il n’existe pas de taux négatif. En fait, il s’agit d’une taxe sur les banques et les épargnants comme les fonds de pension. Des taux négatifs introduisent une sorte de défaut insidieux sur les actifs. Normalement, les banques centrales tentent de provoquer de l’inflation afin d’alléger les niveaux d’endettement intenables après une crise financière, mais cette fois-ci, en dépit de taux au plus bas et de l’assouplissement quantitatif, elles ont échoué.

Ma devise pour 2020 : c’est surtout une question budgétaire

Les banques centrales étant à court de munitions pour stimuler la croissance, nous nous attendons à ce que l’attention se porte sur la politique budgétaire. Ma conviction pour 2020 serait : c’est surtout une question budgétaire (en référence à l’ancienne directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde qui a plaidé en faveur de l’expansion budgétaire). Nous sous-estimons probablement la marge de manœuvre budgétaire de la Chine et des États-Unis, tandis que les banques centrales du Japon et européenne demandent toutes les deux à leurs États respectifs de dépenser davantage. Ce sont les États-Unis et le Japon qui pourraient bénéficier le plus d’une réorientation des dépenses vers de nouvelles industries telles que les voitures électriques et la robotique, tandis que les industries allemandes plus traditionnelles risquent de rester sur le carreau.

États-Unis : écart de santé entre les secteurs de l’industrie et de la consommation

Une autre première : le secteur de la consommation aux États-Unis est en pleine forme, alors même que les groupes industriels du pays sont en récession avec des déclins similaires à ceux de 2008. En général, les secteurs de la consommation et de l'industriie évoluent de concert. Mais, malgré la guerre commerciale, les dépenses de consommation demeurent solides aux États-Unis, soutenues par les politiques monétaire et budgétaire. Les ménages américains profitent de la baisse des taux d’intérêt pour refinancer leurs crédits hypothécaires. Dans le même temps, l’industrie représente désormais une part beaucoup moins importante de l’économie qu’il y a dix ans ; sa récession a donc un impact moindre. Dans ces conditions, nous prévoyons un atterrissage en douceur du PIB en 2020 et peut-être même qu’aucun trimestre ne témoignera d’une croissance négative. Il en est de même pour les consommateurs européens qui résistent eux aussi relativement bien, en dépit de l’atonie de la croissance et de l’accès de faiblesse de l’industrie allemande.

Le secteur immobilier chinois est vulnérable

Nous continuons de surveiller les risques événementiels tels que le conflit commercial, les répercussions du Brexit, la dette de l’Italie et l’incertitude liée à l’élection présidentielle aux États-Unis. Toutefois, nous nous concentrons davantage sur les risques que nous ne pouvons pas encore pleinement anticiper, comme la limite d’emprunt dans une économie étatique comme la Chine. Le ratio dette totale/PIB de la Chine est sujet à caution car il dépend de la façon dont on agrège la dette nationale, la dette des entreprises et la dette financière. Mais, en gros, la dette totale en pourcentage du PIB de la Chine a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie en passant de 140 % à près de 300 %. Par comparaison, les niveaux élevés de la dette en pourcentage du PIB d’économies telles que les États-Unis et le Japon n’ont quant à eux que légèrement augmenté*. Nous prévoyons donc un atterrissage en douceur au niveau du PIB en 2020, avec peut-être même pas un seul trimestre de croissance négative. Il en va de même pour le consommateur européen, qui résiste lui aussi relativement bien, malgré un environnement de faible croissance et la faiblesse de l'industrie allemande. Le marché immobilier est également une source de préoccupation. La Chine, ainsi que le Canada et l’Australie, ont évité le pire de la crise financière provoquée par l’endettement il y a dix ans, mais chacun de ces pays a depuis connu une bulle immobilière. Des estimations officieuses tendent à indiquer qu’environ 50 millions d’appartements en Chine sont vides, les investisseurs misant davantage sur la croissance du capital que sur les revenus locatifs. Mais, il est difficile de déterminer quand la bulle pourrait éclater.

Accéder à nos vues détaillées sur les marchés Actions 2020 :

https://www.fidelity.lu/Pages/2019-11-26-outlook-2020-earnings-returning-in-2020-1574787437310