PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Wealth management

Retraite

Penser à ses vieux jours tout au long de sa vie



285026.jpg

«Avec l’augmentation de l’espérance de vie, les cotisations que nous percevons pendant la durée de notre pension sont deux fois plus élevées que ce que nous donnons pendant notre vie active. » (Illustration: Maison Moderne)

Que vous ayez 30, 40, 50 ou 60 ans, il n’est jamais trop tôt (ou trop tard) pour préparer sa retraite. Toutefois, les éléments à mettre en place en priorité varient beaucoup en fonction de l’âge. Pour vous aider à y voir plus clair, nous faisons le point sur les meilleures stratégies pour préparer sa retraite, décennie après décennie.

Tous les spécialistes en conviennent: d’ici moins de 10 ans, il ne devrait, en théorie, plus y avoir suffisamment de fonds pour financer le régime des pensions tel que nous le connaissons aujourd’hui.

«Avec l’augmentation de l’espérance de vie, les cotisations que nous percevons pendant la durée de notre pension sont deux fois plus élevées que ce que nous donnons pendant notre vie active. C’est pourquoi des interrogations apparaissent depuis plusieurs années sur la capacité de l’État luxembourgeois à conserver sur le long terme les retraites légales actuelles», confirme-t-on chez Lalux Assurances.

Sans réforme du système actuel, la pension légale – premier des trois piliers permettant de financer sa retraite – risque donc fort de diminuer. Les assurances groupe et l’épargne personnelle, qui constituent les deux autres piliers de la retraite, deviendront donc les dernières planches de salut pour s’assurer de vieux jours confortables. Fort heureusement, sur ces piliers repose un nombre considérable d’options, qu’il vous faudra activer au bon moment pour maximiser leurs effets. Suivez le guide.

À 30 ans

Adopter les bons réflexes

«À 30 ans, au Luxembourg, il est malheureusement difficile de se lancer dans l’immobilier, annonce d’emblée Etienne Zimmermann, product manager Life au sein de Bâloise Assurances Luxembourg. Pour préparer une future acquisition, l’épargne-logement constitue par contre une bonne option, qui est facilitée par de nombreux incitants fiscaux.»

Cette formule consiste à épargner chaque mois sur un compte dédié afin d’obtenir, au terme du contrat, des conditions avantageuses sur un prêt hypothécaire d’un montant équivalent à la somme qui a été épargnée. Ce système offre plusieurs avantages, à commencer par le fait que le souscripteur est assuré d’obtenir son crédit. En outre, les cotisations versées dans le cadre de ce contrat sont déductibles dans la limite des plafonds fixés par le législateur.

Il y a un principe qui est valable pour tous les profils: plus tôt on commence à préparer sa retraite – d’un point de vue financier –, mieux c’est.

Raiffeisen

Ceux-ci dépendent de l’âge et de la composition du ménage: les personnes âgées entre 18 et 40 ans ont le droit de déduire jusqu’à 1.344 euros par an, ce montant étant multiplié par le nombre de personnes dans le ménage; celles âgées de plus de 40 ans peuvent déduire un maximum de 672 euros, cette somme étant également multipliée en fonction de la composition du ménage.

Même s’il ne s’agit pas de viser un achat immobilier, l’épargne, sous toutes ses formes, est un réflexe à avoir aussi rapidement que possible. En effet, une somme investie chaque mois vous rapportera des intérêts qui, eux-mêmes, généreront des intérêts. Cet effet boule de neige peut donc contribuer à constituer, à terme, un joli complément à votre retraite, et ce même si vous n’épargnez pas de grosses sommes chaque mois.

«Il y a un principe qui est valable pour tous les profils: plus tôt on commence à préparer sa retraite – d’un point de vue financier –, mieux c’est. En effet, le capital que vous aurez à disposition pour votre retraite variera en fonction des sommes que vous pouvez mettre de côté chaque année et, évidemment, de la période pendant laquelle vous constituez cette épargne», explique-t-on chez Raiffeisen.

Bien entendu, l’intérêt de commencer à épargner tôt est nettement moins prononcé ­lorsqu’on concentre ses économies sur un compte épargne. Avec des taux d’intérêt tournant autour des 0,10%, on ne peut en effet pas espérer faire beaucoup fructifier son argent. Les choses sont différentes lorsque les rendements augmentent. Cela dit, dans ce cas, il faut se détourner du compte épargne et aller voir du côté d’autres produits.

Épargne en fonds et épargne-retraite

Parmi ces autres produits, on peut citer le plan d’épargne en fonds, qui est proposé par de nombreuses banques. Ce produit fonctionne de la même façon qu’une épargne classique, si ce n’est que vos mensualités sont placées dans un ou plusieurs fonds d’investissement. Pour mettre en œuvre ce type de plan d’épargne, vous ne devez pas être un expert boursier qui sait quel est le meilleur moment pour investir: votre épargne mensuelle est systématiquement utilisée pour acheter des titres, que les cours soient hauts ou bas.

Sur le long terme, les rendements sont bien plus intéressants que ceux d’un compte épargne et varient en fonction du niveau de risque que vous êtes prêt à prendre. Autre avantage: les mensualités minimales peuvent être tout à fait accessibles.

Le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter est un élément très important à prendre en considération quand on choisit un produit d’épargne.

Raiffeisen

Notez toutefois que votre capital n’est pas garanti. «Le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter est un élément très important à prendre en considération quand on choisit un produit d’épargne, poursuivent les experts de la Banque Raiffeisen. Certaines formules permettent d’investir dans des fonds dont la valeur varie en fonction de l’évolution des marchés financiers.Ces formules offrent un rendement espéré plus élevé sur le long terme, mais il faut accepter que la valeur de l’investissement puisse diminuer à certains moments. Autre élément important à prendre en compte: les plans d’épargne en fonds ne permettent pas de profiter d’avantages fiscaux.»

Pilier à part entière de la pension au Luxembourg, l’épargne-retraite constitue une autre option particulièrement prisée. Il s’agit d’un contrat comparable à une assurance-­vie, qui offre des rendements variables en fonction des risques que vous êtes prêt à prendre. Différence notable par rapport au compte épargne: la liquidité réduite du produit. Les fonds que vous épargnez sont en effet moins disponibles, puisqu’ils restent bloqués pendant un minimum de 10 ans. En outre, votre contrat ne peut se terminer qu’à partir de votre 60e anniversaire, et jusqu’à votre 75e anniversaire au plus tard.

À l’échéance du contrat, l’épargnant retire entièrement son capital ou l’obtient à travers une rente viagère. Il peut également choisir de retirer seulement une partie de son capital et de recevoir le reste à travers une rente. Depuis 2017, ce type de produit bénéficie d’un incitant fiscal particulièrement intéressant: jusqu’à 3.200 euros peuvent en effet être déduits, quel que soit votre âge.

À côté de cette possibilité de déduction, offerte en vertu de l’article 111 bis de la loi concernant l’impôt sur le revenu, il faut aussi relever que 672 euros par membre du ménage peuvent également être déduits pour d’autres types d’assurance, comme l’assurance-vie.

Etienne Zimmermann,  product manager Life,  Bâloise Assurances Luxembourg

«À côté de cette possibilité de déduction, offerte en vertu de l’article 111 bis de la loi concernant l’impôt sur le revenu, il faut aussi relever que 672 euros par membre du ménage peuvent également être déduits pour d’autres types d’assurance, comme l’assurance-vie. Cette déductibilité, explicitée dans l’article 111 de cette même loi, peut suffire dans certains cas et évite de devoir souscrire d’autres contrats d’assurance», précise Etienne Zimmermann.

Ces formules d’épargne, que les gouvernements des pays européens sont de plus en plus nombreux à favoriser fiscalement, doivent idéalement être initiées dès le début de la vie professionnelle. La différence entre le capital obtenu en commençant son épargne-pension, par exemple, à 25 ans plutôt qu’à 45 ans est en effet très importante.

Acheter son logement

Si l’accès à l’immobilier est pour le moins compliqué au Luxembourg, en raison des prix élevés du logement, il est tout de même possible de l’envisager après quelques années de vie professionnelle. «L’idéal serait d’acquérir son premier bien immobilier aux alentours de 35 ans, indique Etienne Zimmermann. Si l’on contracte un prêt hypothécaire sur 25 ans, on pourra avoir terminé son remboursement vers 60 ans. La baisse de revenus qui intervient à la pension pourra ainsi être compensée par le fait de ne plus payer pour son logement.»

De nos jours, l’achat est toujours un meilleur calcul que la location, puisqu’il constitue une forme d’épargne personnelle, là où la location revient, en définitive, à épargner pour un autre. Toutefois, il faut bien reconnaître qu’au vu des montants à débourser pour se loger au Grand-Duché, le risque, pour un jeune acheteur, est de voir sa capacité d’épargne intégralement phagocytée par le remboursement de son crédit immobilier. Or, il est toujours préférable de diversifier ses canaux d’épargne pour réduire le risque et pouvoir compter sur un capital suffisant à la retraite. Tout est question de choix!

Depuis la nouvelle réforme fiscale entrée en vigueur le 1 er  janvier 2019, les professions libérales et indépendantes peuvent également souscrire à un régime complémentaire de pension agréé.

Lalux Assurances

Enfin, si les carrières sont aujourd’hui plus éclatées qu’il y a quelques années, on ne peut que conseiller aux personnes qui commencent leur vie professionnelle de choisir une entreprise qui propose une assurance groupe. Le principe est simple et attractif: l’employeur verse tous les mois une cotisation à une compagnie d’assurances, en vue de constituer une pension complémentaire pour son employé.

Les cotisations sont imposées à la source, auprès de l’employeur, à hauteur de 20%. Si le travailleur souhaite également contribuer personnellement à cette pension complémentaire, il bénéficie d’une déduction fiscale pour un montant allant jusqu’à 1.200 euros par an.

«Depuis la nouvelle réforme fiscale entrée en vigueur le 1er janvier 2019, les professions libérales et indépendantes peuvent également souscrire à un régime complémentaire de pension agréé, et ainsi bénéficier d’avantages similaires à ceux des salariés affiliés à une assurance pension groupe de type 2e pilier», précise-t-on chez Lalux Assurances.

À 40 ans

L’heure des décisions

À 40 ans, il est possible que l’envie vous prenne de lever le pied dans votre carrière. Vous pouvez en effet éprouver le besoin de consacrer plus de temps à vos enfants ou à un projet personnel. Si cette décision peut être bénéfique au développement personnel, il faut aussi être conscient qu’elle a un impact sur le montant de la retraite. Qui dit temps de travail partiel, dit en effet également salaire partiel et retraite partielle.

La quarantaine révolue pousse certains travailleurs à faire d’autres choix de vie. Cela peut également se traduire par un changement d’employeur. Mais que deviendra, alors, l’assurance groupe dans laquelle votre précédent entrepreneur avait cotisé? En réalité, il vous reviendra de prendre une décision par rapport aux «réserves acquises», c’est-à-dire les cotisations versées jusqu’ici dans le cadre de ce contrat d’assurance.

Alors que le niveau d’endettement lié au logement était, il y a encore quelques années, de 33%, ce chiffre atteint aujourd’hui 40 à 45%.

Etienne Zimmermann,  product manager Life,  Bâloise Assurances Luxembourg

Vous pouvez les laisser entre les mains de l’assureur qui gérait l’assurance groupe de votre ancien employeur, et vous toucherez le montant à l’échéance du contrat. Si votre nouvel employeur propose lui aussi une assurance groupe, il est également possible de transférer le capital constitué précédemment vers l’assurance du nouvel employeur. Enfin, vous pouvez également transférer le montant constitué vers une autre institution de pension, indépendante de votre employeur.

Des bonus sous la bonne forme

Dans le cas où vous restez chez le même employeur et que celui-ci est particulièrement content de vos prestations, il souhaitera peut-être vous récompenser par une augmentation ou un bonus. Ces bonifications en cash étant fortement taxées, il serait bien plus intéressant de plaider auprès de votre employeur pour qu’il verse cette somme dans votre assurance groupe.

Cela dit, cette pratique n’est pas autorisée et se heurte au caractère collectif de l’assurance groupe, qui concerne en réalité tous les employés d’une société ou, à tout le moins, toute une catégorie d’employés.

D’autres solutions existent toutefois pour récolter les fruits de son travail, tout en s’assurant une retraite plus sereine. On peut ici évoquer les plans de participation financière qui permettent à une entreprise d’accorder au salarié des actions de la société ou des stock-options.

Pour les cadres, il existe également la solution des plans de warrants. Ils consistent à octroyer, en guise de bonus, des titres négociables en bourse, rattachés à un droit d’option. Pour y avoir droit, il faut toutefois respecter des conditions assez strictes. Cela dit, le jeu en vaut la chandelle, puisque le taux d’imposition d’un plan de warrants est de 13,5%, pour 43,6% pour un bonus en cash…

Bonne rénunération = bonne retraite

Au Luxembourg, le montant de la pension légale dépend du nombre d’années cotisées – qu’on appelle les majorations forfaitaires – et du montant des revenus cotisables au cours de la carrière – les majorations proportionnelles, qui ne sont autres que le salaire brut.

Ainsi, il y a un lien direct entre votre niveau de salaire et le montant de votre retraite. À 40 ans, il est temps d’y penser et de se demander si son salaire correspond réellement à sa fonction. Dans le cas contraire, il est encore possible d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…

À 50 ans

Le moment d’investir à nouveau

Avec l’augmentation de votre salaire, le départ éventuel de vos enfants du foyer familial, la fin de l’un ou l’autre crédit, il est possible que vous vous retrouviez avec un excédent de liquidités. Dans ce cas, il serait judicieux de veiller à les réinvestir.

Dans cet ordre d’idées, pourquoi ne pas vous tourner vers une deuxième acquisition immobilière? Cet investissement ne sera jamais perdu: il vous protège contre la hausse du coût de la vie, puisque la valeur du bien immobilier va également croître avec le temps. Au-delà de la plus-value que vous pourrez réaliser sur le bien, l’intérêt de la seconde résidence est également de viser un rendement locatif, c’est-à-dire ce que vous rapporte le bâtiment annuellement par rapport à son prix d’achat.

Il ne faut pas sous-estimer les ‘risques de vie’: le coût d’une maison de retraite, par exemple, est non négligeable. Il convient donc de préparer son financement.

Etienne Zimmermann,  product manager Life,  Bâloise Assurances Luxembourg

Pour un immeuble résidentiel, celui-ci se situe aujourd’hui aux alentours des 3%. Les bureaux offrent encore un rendement un peu plus élevé, de l’ordre de 3,5 à 4%. Cela signifie qu’en empruntant à un bon taux – ce qui est tout à fait envisageable, vu les faibles taux actuels –, cet investissement vous coûtera moins cher que ce qu’il vous rapporte. Ainsi, même si vous possédez une somme importante, qui vous suffirait à financer votre achat immobilier, il est conseillé de passer par la case emprunt, qui vous permet de diminuer votre base imposable.

Notez qu’une grande variété de biens sont disponibles sur le marché et peuvent proposer des rendements intéressants: appartement en ville, maison à la campagne, maison de vacances, résidence pour étudiants, bureau, immeuble en colocation ou espace de coworking…

Il est assez intéressant, dans le cadre de l’achat d’un deuxième bien immobilier, de combiner l’aspect investissement avec un aspect pratique. Ainsi, si vous avez plusieurs enfants qui font des études, l’acquisition d’un appartement dans une ville estudiantine peut constituer un achat intelligent.

Utiliser son assurance groupe

«Alors que le niveau d’endettement lié au logement était, il y a encore quelques années, de 33%, ce chiffre atteint aujourd’hui 40 à 45%», souligne Etienne Zimmermann. Ces chiffres indiquent, s’il fallait encore le faire, que l’immobilier a atteint des prix tels qu’ils laissent peu de place à d’autres investissements. Pour financer un second achat immobilier, il faut donc parfois faire preuve d’astuces. L’une d’elles consiste à faire jouer votre assurance groupe. En effet, il est possible d’utiliser une partie du montant cotisé dans votre assurance groupe pour financer l’achat d’un bien immobilier au sein de l’espace économique européen. Pour y parvenir, il s’agit de demander à l’assureur une avance sur une partie du montant cotisé. Des frais seront la plupart du temps appliqués pour cette opération, qui peut également être refusée par l’assureur.

Même si l’issue de cette tentative reste donc incertaine, il est très intéressant de tenter le coup. Posséder deux ou trois biens immobiliers plutôt qu’un seul fait en effet une grosse différence à l’heure de la pension, même si vous serez toujours taxé sur les loyers perçus.

285031.jpg

Certaines formules d’épargne-retraite sont déjà conçues pour réduire le risque au fil des années, en diminuant la part d’actions dans le mix de vos investissements. (Photo: Shutterstock)

Changer sa stratégie d’investissement

À l’aube de la soixantaine, le moment est également peut-être venu de protéger le capital que vous avez réussi à accumuler au cours des années précédentes. Ainsi, si vous avez opté pour des plans d’épargne en fonds menés avec des stratégies offensives, vous pourrez songer à adopter une position plus défensive. Vous éviterez ainsi toute déconvenue, à quelques années à peine de l’échéance du contrat. De nombreuses institutions proposent de modifier votre stratégie de façon simple et sans frais. Notez toutefois que certaines formules d’épargne-retraite sont déjà conçues pour réduire le risque au fil des années, en diminuant la part d’actions dans le mix de vos investissements.

Il est également tout à fait concevable de délaisser certains investissements pour placer votre argent dans des valeurs réputées plus stables, comme les métaux précieux ou les obligations d’État. Dans tous les cas, veillez à garder un portefeuille qui soit le plus diversifié possible, de manière à continuer à limiter les risques.

À 60 ans

L’épargne, ce n’est pas fini

Avec une espérance de vie moyenne de 82 ans, le Luxembourgeois de 60 ans a encore de beaux jours devant lui. C’est la raison pour laquelle, même si l’heure de la pension se rapproche, il ne faut pas se laisser aller. «On parle souvent des risques d’accident de la vie, qui peuvent faire en sorte qu’on n’arrive en fait jamais à la pension, rappelle Etienne Zimmermann. Mais il ne faut pas non plus sous-estimer les ‘risques de vie’: le coût d’une maison de retraite, par exemple, est non négligeable. Il convient donc de préparer son financement.»

Bonne nouvelle: à cet âge de la vie, il est encore assez simple de mettre en place des plans d’épargne, qui, de surcroît, donnent droit à des avantages fiscaux. Ainsi, les formules d’épargne-retraite vous font bénéficier de la déductibilité d’un maximum de 3.200 euros par an jusqu’à 65 ans. À 55 ou 60 ans, vous pouvez donc facilement contracter une nouvelle épargne-retraite, dont vous pourrez récolter les fruits 10 ans plus tard. L’âge limite pour sortir d’un tel contrat est en effet de 75 ans.

Pourquoi ne pas continuer à travailler?

Même si vous êtes pensionné, vous pouvez tout à fait avoir encore envie de travailler, ou le faire pour arrondir vos fins de mois, sans que cela n’ait de conséquence sur le montant de votre pension. Des règles sont cependant à respecter pour les travailleurs qui ont demandé une pension anticipée.

Ainsi, si l’activité complémentaire du pensionné anticipé est non salariée, le revenu qu’il en tire ne doit pas dépasser un tiers du salaire social minimum, sans quoi la pension est retirée.

S’il s’agit d’une activité salariée, son revenu ne doit pas dépasser la moyenne des cinq revenus cotisables les plus élevés de sa carrière professionnelle, au risque de perdre, ici aussi, sa pension. Évidemment, les revenus engrangés par cette activité complémentaire seront également taxés.

Il est également possible de continuer à travailler même lorsque vous avez droit à la pension. Au Luxembourg, la pension légale est fixée à 65 ans, mais il est envisageable de demander une pension anticipée à partir de 57 et 60 ans. En continuant à travailler au-delà de ces âges, vous pourrez augmenter le montant de votre pension légale.

285054.jpg

Quel que soit le moment de votre départ à la retraite, pensez à faire votre demande de pension en temps et en heure à la Caisse nationale d’assurance pension. (Photo: Shutterstock)

À l’inverse, partir en retraite anticipée diminue le montant de votre pension. Quel que soit le moment de votre départ à la retraite, pensez à faire votre demande de pension en temps et en heure à la Caisse nationale d’assurance pension. Celle-ci conseille d’introduire sa demande au moins deux mois avant l’ouverture de son droit à la pension, pour éviter tout retard.

On le voit, la moralité de la fable de la cigale et de la fourmi s’applique donc à tous les âges de la vie. Elle est d’autant plus importante à mettre en pratique que le contexte actuel laisse planer des doutes très importants sur les montants de nos futures pensions.

Pour ne pas vous retrouver, à l’image de la cigale de la fable, fort dépourvu quand la bise sera venue, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire! L’une d’elles consiste à faire jouer votre assurance groupe. En effet, il est possible d’utiliser une partie du montant cotisé dans votre assurance groupe pour financer l’achat d’un bien immobilier au sein de l’espace économique européen.

Pour y parvenir, il s’agit de demander à l’assureur une avance sur une partie du montant cotisé. Des frais seront la plupart du temps appliqués pour cette opération, qui peut également être refusée par l’assureur.

Même si l’issue de cette tentative reste donc incertaine, il est très intéressant de tenter le coup. Posséder deux ou trois biens immobiliers plutôt qu’un seul fait en effet une grosse différence à l’heure de la pension, même si vous serez toujours taxé sur les loyers perçus.