ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Reboot (9/10)

Paul Meyers: «De 5 à 9 millions de combinaisons par mois»



La nouvelle ligne de Tyvek, prévue pour 2022, devrait encore augmenter la production de combinaisons de protection. (Photo: DuPont de Nemours)

La nouvelle ligne de Tyvek, prévue pour 2022, devrait encore augmenter la production de combinaisons de protection. (Photo: DuPont de Nemours)

Le Covid-19 fait vivre aux CEO un été pas comme les autres. Chaque semaine, nous les interrogeons sur leur stratégie pour la reprise. Chez DuPont de Nemours, l’objectif sera de réduire l’empreinte carbone et d’organiser efficacement la production, grâce à la construction d’une nouvelle ligne.

Paul Meyers , 52 ans, dirige DuPont de Nemours Luxembourg depuis 2016. Ses combinaisons en Tyvek, en partie issues de son usine de Contern (1.300 employés), se sont retrouvées sous le feu des projecteurs pendant la crise du Covid-19 puisqu’elles servent à protéger le personnel médical . Le point sur sa stratégie pour la suite.

Vous avez été fortement sollicités pendant la crise pour vos combinaisons en Tyvek. D’un autre côté, les ventes ont diminué pour d’autres produits. Globalement, sortez-vous gagnants ou perdants de la crise?

Paul Meyers. – «Au premier trimestre 2020, les ventes de DuPont au niveau global ont baissé de 4%, à 5,2 milliards de dollars US. Certaines de nos activités ont connu des résultats stables (électronique, nourriture), d’autres ont baissé (-13% pour le transport), et d’autres ont augmenté comme le Tyvek (+55%). Nous avons augmenté la production de 5 à 9 millions de combinaisons par mois. L’usine de Contern a travaillé étroitement avec la cellule de crise du gouvernement luxembourgeois pour répondre aux demandes des hôpitaux du pays. DuPont vient également de signer un contrat avec la Commission européenne pour livrer 5 millions de combinaisons au cours de 12 mois, pour les travailleurs en première ligne du Covid-19.

Nous publions un chiffre d’affaires global uniquement, et pas pour les différentes entités individuelles comme la branche luxembourgeoise. Pour l’instant, DuPont n’a pas donné de perspectives financières pour 2020. Bien qu’il soit encore impossible de prédire le calendrier, nos marchés finiront par se stabiliser et par renouer avec la croissance.

Quelle stratégie adoptez-vous pour l’après-crise?

«Nous continuons à être proches de nos clients, afin de pouvoir répondre rapidement à leur demande. Pour nous, il ne s’agit pas tellement d’une reprise des activités, mais d’une continuation et d’une gestion intelligente de nos capacités de production, notamment dans la fabrication du Tyvek pour lequel nous avons pu augmenter le rythme de production et raccourcir les délais de livraison.

Avant la crise, vous deviez construire votre nouvelle ligne de production de Tyvek à Contern, pour laquelle vous avez investi 340 millions de dollars. Le projet est-il toujours à l’arrêt?

«La construction de la nouvelle ligne a été interrompue temporairement. Le projet reprendra son allure début 2021. Cela veut dire que la commercialisation du produit émanant de cette ligne est prévue pour 2022.

Avez-vous prévu d’autres investissements?

«Pas de la même ampleur. Nous continuons à investir dans le développement durable du site en garantissant la réduction de la consommation d’eau. En ce qui concerne sa consommation énergétique, DuPont l’a réduite de 4% depuis 2016. Il n’est pas toujours nécessaire d’investir largement pour réaliser des optimisations. Beaucoup naissent au sein des équipes de production que nous défions constamment pour savoir comment nous pouvons optimiser nos processus de production, améliorer les performances de nos produits et en augmenter la quantité en utilisant l’équipement de production existant.»