ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Covid-19

Le patronat travaille au déploiement des autotests



Le gouvernement annonce des tests antigéniques en entreprise, même si les modalités restent à définir. (Photo: Shutterstock)

Le gouvernement annonce des tests antigéniques en entreprise, même si les modalités restent à définir. (Photo: Shutterstock)

L’Union des entreprises luxembourgeoises discute avec le gouvernement de la mise en place des tests rapides en entreprise. Auxquels se disent favorables les fédérations patronales. Même si, pour beaucoup, un élément important reste l’accélération de la campagne de vaccination.

La troisième phase du large scale testing sera renforcée par le déploiement de tests antigéniques rapides, a annoncé,  jeudi, la ministre de la Santé . Ils pourront s’effectuer à l’école, où aura lieu un projet pilote , mais aussi en pharmacie, à domicile, et même en entreprise.

Comment cela va-t-il s’organiser? Jean-Paul Olinger , directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), assure être en discussion avec le gouvernement à ce sujet. Va-t-il financer un certain nombre de tests, dans des entreprises ou secteurs spécifiques, ou chaque société devra-t-elle se fournir elle-même, si elle le souhaite? «Il est encore trop tôt pour le dire.» Les secteurs ciblés pourraient être ceux «où il y a beaucoup de contacts», les soins et la santé, ou, de manière générale, là où il n’est «pas possible de recourir au télétravail», devine-t-il. Concernant le rythme, «il faudra une stratégie globale».

Les autotests, oui, mais sans oublier la vaccination

Il admet que ces tests rapides pourraient permettre d’«augmenter la sécurité au sein et à l’extérieur des entreprises», et donc «une ouverture de l’économie». Tout en insistant sur l’importance, en parallèle, d’«accélérer la vaccination» dans le pays. Il se dit notamment favorable à la possibilité de vacciner en entreprise. Certaines affirment être déjà prêtes à organiser cela. Comme pour les autotests, l’UEL discute du sujet avec le gouvernement.

«Nous ne pouvons être que favorables aux autotests», estime Romain Schmit , secrétaire général de la Fédération des artisans. «Pour autant qu’ils soient là, qu’ils soient fiables et qu’on sache comment les utiliser sans un professionnel de santé à côté.» Il ajoute que «plus de tests signifient une meilleure vue sur l’évolution de la situation». Il y voit aussi un moyen de diminuer l’attente des résultats des tests après une quarantaine, par exemple, faisant état d’un nombre élevé d’arrêts de travail.

Plusieurs secteurs seraient «certainement très demandeurs» dans l’artisanat. D’abord, «les mêmes que ceux qui sont les plus fortement intéressés par la vaccination», rappelle-t-il, comme les entreprises de nettoyage qui travaillent dans des hôpitaux ou établissements de soins, ou encore les pompes funèbres . Mais aussi «tous ceux où on se rapproche du client». Par exemple, les salons de coiffure ou d’esthétique.

Le secrétaire général de la fédération tient, lui aussi, à préciser: «L’économie est partante pour participer à tout ce qu’elle peut.» Y compris la vaccination, qu’il juge «sous-optimale».

La construction pourrait prendre de l’avance

«C’est une très bonne chose, pour mettre en sécurité nos salariés et rassurer les clients qui reviennent chez nous», confirme François Koepp , le secrétaire général de l’Horesca.

Nicolas Henckes , directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), suit les discussions coordonnées par l’UEL. «Si nous avons des tests et que nous sommes prioritaires avec certains secteurs, en tant que CLC, nous promouvrons cette pratique», affirme-t-il. S’ils ne sont pas financés par le gouvernement, «ce sera aux entreprises de décider, cela dépendra des finances de chacune».

Du côté de la construction, «il est évident que nous sommes extrêmement positifs», commente Pol Faber , secrétaire général du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics. «Nous travaillons par équipe, alors, dès qu’il y a une personne positive, toute l’équipe doit se mettre en quarantaine.»

Même si les tests ne sont pas financés par le gouvernement, «je pense que l’une ou l’autre entreprise essaiera de s’approvisionner elle-même en tests», devine-t-il. Avant cela, certaines avaient déjà mis en place des centres de tests PCR sur site pour leurs salariés. Si on suit la même logique que pour ces derniers, les tests rapides devraient eux aussi se faire uniquement sur base volontaire.