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Pour le ministre des Finances

«Pas de risque réputationnel» à une faillite du Freeport



L’avenir du Freeport est de plus en plus incertain. Une faillite ne concernerait pas l’État, a dit le ministre des Finances, et ne présenterait pas de risque réputationnel puisque les règles antiblanchiment y sont appliquées. (Photo: Nader Ghavami / Paperjam)

L’avenir du Freeport est de plus en plus incertain. Une faillite ne concernerait pas l’État, a dit le ministre des Finances, et ne présenterait pas de risque réputationnel puisque les règles antiblanchiment y sont appliquées. (Photo: Nader Ghavami / Paperjam)

Devant la Chambre des députés, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a indiqué ne pas voir de risque réputationnel pour le Luxembourg à une faillite du Freeport, où le président du conseil d’administration a démissionné en mars et où le CEO se tâte.

La question est sensible pour le ministre des Finances. Pierre Gramegna (DP) a fait son «pur-sang de bataille» la lutte pour redorer l’image du Luxembourg auprès de la communauté internationale.

Interrogé par le député Laurent Mosar (CSV) , ce mercredi en fin d’après-midi à la Chambre des députés, le ministre s’est montré serein, même si d’aventure le Freeport de Luxembourg venait à faire faillite, en raison de ses dettes et de l’incertitude qui plane autour de la volonté de ses dirigeants historiques.

M. Gramegna a rappelé qu’historiquement, quand il s’est aperçu que ce sont les opérateurs qui veillaient au respect des règles antiblanchiment, il a demandé à l’Administration de l’enregistrement de s’en occuper, puisque ce n’est pas la mission des Douanes. «Le business model du Freeport n’est justement plus si intéressant puisque ces lois sont respectées au Luxembourg», a assuré le ministre. «Du coup, je ne vois pas de risque réputationnel autour d’une éventuelle faillite. S’il y a une faillite, ce sera à cause des règles. Je le dis tranquillement.»

À la création de cet endroit où sont stockées des œuvres d’art et d’autres objets de millionnaires ou de milliardaires, en 2012, les ministres Jeannot Krecké (LSAP) et Luc Frieden (CSV), a dit le ministre, avaient prévu «un droit de superficie». Autrement dit, en cas de faillite, le terrain revient à l’État puisqu’il lui appartenait à l’origine.

Aux actionnaires de décider

Le ministre a aussi rappelé que cette infrastructure avait été mise sur les rails pour développer le secteur de la logistique près de l’aéroport, pour diversifier l’économie et pour favoriser à la fois le secteur de l’art et celui de la gestion de fortune associée à l’art.

Il n’empêche, a rappelé le député Mosar, que les médias internationaux et certains partis, notamment à gauche, qui avaient obtenu une visite des parlementaires européens ne manqueraient pas de rappeler qu’ils ont toujours considéré ces infrastructures en zones franches comme opaques.

On ignore ce que Yves Bouvier et les actionnaires du Freeport ont l’intention d’en faire. Récemment, le millionnaire était prêt à vendre son autre Freeport, à Singapour, avant que les acheteurs ne fassent machine arrière. «C’est à eux de clarifier ce qu’ils veulent en faire, d’injecter du capital ou de faire faillite», a dit le ministre, qui a rappelé que cette société était à 100% privée et ne bénéficiait d’aucun soutien de l’État qui justifie une intervention des autorités.

Le député soulignait, comme le président du conseil d’administration démissionnaire, Robert Goebbels , que l’endroit pourrait être utilisé à d’autres fins, compte tenu de la qualité de l’infrastructure et de ses capacités de stockage potentiel.