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Macroéconomie

Pas de récession en 2019, mais la fin d’un cycle



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Yves Nosbusch estime qu’une fin de cycle économique s’amorce. (Photo: Anthony Dehez / Archives)

Yves Nosbusch, chef économiste de BGL BNP Paribas, a expliqué quels étaient les signes annonciateurs de fin de cycle économique lors d’une conférence de presse mardi 2 juillet.

«Nous n’anticipons pas de récession en 2019, et pas non plus en 2020 à ce stade», annonce clairement Yves Nosbusch , chef économiste de BGL BNP Paribas lors d’une conférence de presse mardi 2 juillet. Ce dernier estime cependant qu’une fin de cycle économique s’amorce.

Plusieurs indicateurs lui permettent d’avancer que le cycle est arrivé à maturité. D’abord le Purchasing Managers’ Index, qui affiche un décrochage du secteur manufacturier, sous pression, générant des craintes d’une contagion au secteur tertiaire.

Inversion de courbe

La pente de la courbe de taux est un autre indicateur de fin de cycle: «Les trois dernières récessions aux États-Unis ont toujours été précédées d’une inversion de la courbe de taux», précise Yves Nosbusch.

Cette inversion se produit lorsque les taux d’intérêt à long terme sont moins élevés que les taux d’intérêt à court terme, ce que le niveau actuel peut laisser présager. Ainsi, BGL BNP Paribas note que la courbe de taux américain n’est certes pas encore inversée entre 2 ans et 10 ans, mais qu’elle l’est déjà entre 3 mois et 10 ans.

Il faut néanmoins analyser cet indicateur avec prudence: «Ces mesures sont actuellement un peu biaisées, car les taux à long terme sont artificiellement déprimés, étant donné le fait que la Fed a acheté beaucoup d’obligations à long terme», indique Yves Nosbusch.

Le pic actuel d’endettement des entreprises américaines peut aussi constituer un indice de fin de cycle, même si le marché ne semble pas encore inquiet du risque de défaut des entreprises.

Banques centrales prudentes

Au final, les perspectives de croissance sont en berne cette année. BGL BNP Paribas prévoit une croissance du PIB de 1,1% dans la zone euro (contre 1,9% en 2018), de 2,7% aux États-Unis (contre 2,9% en 2018) et de 4,2% dans les pays émergents (contre 4,5% en 2018).

«Le ralentissement concerne toutes les grandes économies et devrait être particulièrement marqué en Europe. Les pays les plus tournés vers les exportations seront les plus touchés par le ralentissement», affirme Yves Nosbusch. La banque prévoit ainsi une croissance du PIB allemand de 0,6% en 2019, après 1,4% en 2018.

De ce fait, les banques centrales restent prudentes: la BCE (Banque centrale européenne) a annoncé que ses taux directeurs ne devraient pas remonter avant la fin du premier semestre 2020. Et le marché anticipe aussi une baisse de taux de la Fed en 2019.

«Nous sommes actuellement dans un scénario où les taux devraient rester à des niveaux très bas pour une période plus longue que prévu. Il ne devrait pas y avoir de remontée des taux avant l’arrivée de la prochaine récession», analyse Yves Nosbusch.