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Pas de train gratuit depuis Arlon vers Luxembourg



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Le train vers Luxembourg gratuit depuis Arlon. Non, ce ne sera pas possible. (Photo: Paperjam)

Contrairement à celle d’Athus, la gare d’Arlon ne bénéficie pas du double statut belge et luxembourgeois. On ne pourra donc pas y prendre le train gratuitement pour se rendre au Luxembourg.

La gratuité de l’ensemble des transports publics en mars 2020 intéresse évidemment beaucoup les frontaliers. Notamment ceux qui se rendent au Luxembourg en train. La perspective d’une jolie économie sur ses frais de transport ne laisse personne indifférent.

Pas le même statut qu’Athus

Le débat s’est récemment invité au conseil communal d’Arlon où la conseillère Marie Neuberg a interrogé l’échevin de la mobilité, Kamal Mitri (CDH), sur la possibilité de pouvoir prendre le train gratuitement en gare du chef-lieu dès l’année prochaine. La réponse est claire: ce ne sera pas possible. Pourtant, il est acquis que cette gratuité sera de mise depuis la gare d’Athus (mais aussi de Volmerange et Audun-le-Tiche). «Oui, mais c’est parce que la gare d’Athus bénéficie d’un double statut belgo-luxembourgeois. C’est à la fois un arrêt SNCB et un arrêt CFL», a indiqué l’échevin.

Échevine arlonaise, mais aussi députée fédérale CDH, Anne-Catherine Goffinet a, à son tour, interrogé le ministre fédéral de la mobilité, François Bellot (MR), à ce sujet en commission infrastructure de la Chambre. Qui a confirmé que seule la gare d’Athus bénéficierait de la gratuité de transport vers le Luxembourg, car «elle est la seule à avoir ce statut mixte qui résulte d’une convention interministérielle de longue date, prise lors de l’ouverture de la ligne à la fin du 19e siècle».

824 euros par an

Ceux qui prennent le train à Arlon devront donc continuer à payer... jusqu’à la frontière de Sterpenich/Kleinbettingen, puis pourront poursuivre leur voyage gratuitement sur le sol luxembourgeois. Coût: 82 euros par mois ou 824 euros par an.

Certains envisagent donc de prendre le train à Athus. Ce que craint le bourgmestre local, puisque le parking de cette petite gare est déjà largement saturé. Les tarifs pour rejoindre le Luxembourg y sont en effet préférentiels, puisqu’elle a le double statut territorial. Il plaide donc pour que la gratuité soit aussi effective depuis les deux petits arrêts proches que sont Aubange et Halanzy. Une demande qui a peu de chance d’aboutir, puisque c’est déjà non pour Arlon, mais aussi car un P+R de plus de 1.500 places va être construit à Rodange, à un jet de pierre.

Reconstruire Athus: pas avant 2023

Pour rappel, la gare d’Athus devrait être prochainement démolie. La Commune est en cours de discussion avec la SNCB, afin qu’un nouveau bâtiment voyageurs soit rapidement construit, ce qui permettrait sans doute aussi de réaménager le parking. Mais là aussi, le ministre Bellot a douché les espoirs d’une solution à court terme. «Aucune décision sur le réaménagement du site d’Athus n’est prise au sein de la SNCB. Cela fera l’objet de l’exercice du prochain plan pluriannuel, en fonction des besoins, des priorités et des moyens disponibles», a-t-il encore indiqué en réponse à Anne-Catherine Goffinet. On n’évoquera donc peut-être une possible reconstruction qu’en 2023, au plus tôt.

Des consignes pour éviter les retards

La députée a profité de cette réunion de la commission infrastructure pour aussi interroger le ministre sur les causes des nouveaux retards entre Arlon et Luxembourg. Paperjam avait révélé que cela était dû au fait que les conducteurs belges mettaient hors tension les motrices des CFL qui doivent rester sous tension! Sous peine de devoir réinitialiser totalement le démarrage, lourde perte de temps à la clé.

Le ministre a, une nouvelle fois, taclé les CFL, expliquant que «les problèmes rencontrés actuellement sont en bonne partie dus à des avaries sur le matériel roulant fourni par les CFL». Avant de confirmer ce que Paperjam avait révélé: «Certaines bonnes pratiques du personnel luxembourgeois étaient inconnues du personnel belge. Une meilleure communication entre les services a permis de régler ces problèmes.» François Bellot a confirmé que «les consignes données aux conducteurs sont de laisser les pantographes levés... Ces consignes sont dorénavant bien appliquées.» La députée s’est contentée de remarquer qu’en 2019, sur une ligne transfrontalière, cette situation était navrante.