POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

ATTENDU AU KIRCHBERG

Le Parquet européen siégera dans la Tour B



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La place de l’Europe portera encore mieux son nom en novembre 2020, lorsque la Tour B accueillera les services du Parquet européen. (Photo: MAEE - ministère des Affaires étrangères et européennes)

Le procureur européen et son équipe s’installeront dans l’une des deux tours marquant l’entrée sur le plateau du Kirchberg.

Si le visage du futur procureur européen n’est pas encore connu en raison d’un désaccord persistant entre le Conseil et le Parlement européen , les préparatifs vont bon train à Luxembourg. «En tant qu’ État hôte du Parquet européen , le Luxembourg continue à accompagner avec diligence la mise en place de ce nouvel organe de l’Union européenne», assurent les ministères de la Justice et des Affaires étrangères et européennes dans un communiqué.

C’est la Tour B – l’une des deux tours jumelles marquant la porte de l’Europe, à deux pas de la Philharmonie et du Centre européen des congrès et à un jet de pierre de la Cour de justice de l’UE – qui a été choisie «d’un commun accord avec la Commission européenne».

500 millions d’euros de fraude à traquer

L’entrée en fonction de l’équipe du Parquet européen se déroulera au plus tôt en novembre 2020, soit trois ans après l’entrée en vigueur du  règlement européen qui fixe ses modalités . C’est la Commission qui décidera in fine de la date exacte à laquelle le nouveau gendarme de la fraude européenne sera opérationnel.

Dans les cartons communautaires depuis les années 1990 , rendu possible par le traité de Lisbonne de 2009, le Parquet européen devient donc réalité à une période où la pression se renforce sur l’UE pour optimiser l’utilisation de son budget.

La Commission européenne évoque le chiffre de 500 millions d’euros de fraudes au budget de l’UE (et les estimations grimpent à 3 milliards d’euros). Le Parquet européen permettra de traquer les fraudeurs qui passent encore entre les mailles du filet, comme complément au travail de l’Office européen de lutte antifraude qui n’a pas les outils pour déceler des fraudes transfrontières et n’a de pouvoir qu’administratif.

«Les citoyens veulent savoir comment leur argent est dépensé et comment il est investi», rappelait l’an dernier Klaus-Heiner Lehne, président de la Cour des comptes européenne.