POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Reprise du tourisme

Le Luxembourg fait le pari du tourisme de proximité



Luxembourg for Tourism appelle les habitants de la Grande Région et des pays voisins à visiter le Grand-Duché après le confinement. (Photo: Nader Ghavami)

Luxembourg for Tourism appelle les habitants de la Grande Région et des pays voisins à visiter le Grand-Duché après le confinement. (Photo: Nader Ghavami)

L’indépendance du Luxembourg vis-à-vis des touristes non européens devrait l’aider à surmonter la crise du Covid-19 selon le CEO de Luxembourg for Tourism. Il espère faire du pays une destination à l’année et non saisonnière.

Restaurants fermés, annulations à la chaîne des réservations dans les hôtels… le coronavirus a ravagé le secteur touristique, en témoignent ses différents acteurs. Luxembourg for Tourism, agence nationale de développement et de promotion touristique, garde espoir.

«Nous avons la chance de ne pas être trop dépendants des marchés lointains», signale Sebastian Reddeker , son CEO. Allemagne, France, Belgique et Pays-Bas représentent 65% des arrivées internationales au Luxembourg, selon lui. Viennent ensuite les touristes du reste de l’Europe (23%) et du monde (12%).

En 2019, 74% d’entre eux sont arrivés en voiture, 8% en train et 7% en avion. Avec un délai de réservation moyen de 58 jours avant le voyage. «Nous sommes une destination proche, où les voyageurs sont beaucoup plus flexibles», analyse-t-il.

«C’est une bonne chose, car ce sont les marchés proches qui vont reprendre», prévoit-il. Le groupement d’intérêt économique, financé par l’État à hauteur de 5,6 millions d’euros en 2020, a ainsi modifié sa stratégie. Il prévoyait cette année de renforcer la communication en Chine – dans une logique de voyages individuels ou en petits groupes et non de «tourisme de masse». Annulé. La recherche de touristes américains autour des deux guerres mondiales attendra également. Deux marchés avec du «potentiel». Il ciblait des voyageurs faisant un tour d’Europe et pouvant s’arrêter une nuit au Grand-Duché. Les incertitudes sur la réouverture des frontières dans le monde changent la donne: «C’est le moment de favoriser le tourisme intra-européen et national.»

Manque à gagner de 16,6 millions d’euros

L’agence a sorti en avril son magazine de promotion du Luxembourg, Luci, même si le projet date d’avant la crise. Le CEO de Luxembourg for Tourism livre un message à tous les habitants de la Grande Région: «Vous n’avez pas la possibilité de voyager, mais c’est le moment de découvrir ce qu’il y a autour de vous.» Comme les randonnées en plein air, qui ne demandent pas d’organisation à trop long terme, ou la visite de musées.

La crise pourrait aussi modifier les habitudes de voyage. «Elle va montrer que le Luxembourg n’est pas une destination saisonnière, mais de toute l’année», espère Sebastian Reddeker. «Il y a encore des beaux jours en novembre et décembre. Les paysages du Luxembourg ont leur charme sous la neige de janvier. Certains vignerons de Moselle restent ouverts toute l’année. Avec nos châteaux, il y a l’aspect ‘fairytale’ du pays qu’on peut développer», illustre-t-il.

En juillet 2019, environ 137.000 réservations ont été enregistrées dans les établissements d’hébergement luxembourgeois, contre un peu plus de 67.000 en décembre.

Bien sûr, l’agence constate un effet «catastrophique» de la crise sur le secteur. Elle calcule un manque à gagner de 16,6 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les réservations de chambres d’hôtel entre mars et avril. Sebastian Reddeker n’ose pas utiliser le terme d’après-crise.

«Je ne suis pas persuadé que nous retrouverons un statut normal d’ici l’année prochaine», pense-t-il, en redoutant une seconde vague d’infections. De quoi mettre en péril les perspectives de reprise du secteur.