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On n’arrondira pas les paiements en cash



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La Belgique a cessé la production des pièces de menue monnaie et veut maintenant en limiter la circulation. (Photo: Shuttertsock)

En Belgique, dès le 1er décembre, les commerçants seront dans l’obligation légale d’arrondir le montant à payer au multiple de 5 cents le plus proche. Le but est notamment de réduire la circulation des pièces de 1 et 2 cents.

La mesure était «recommandée» depuis 2014 et deviendra une obligation légale à partir du 1er décembre prochain. En Belgique, les commerçants devront arrondir le montant à payer par le client au multiple de 5 cents le plus proche. Ainsi, 1 et 2 cents seront arrondis à 0; 8 et 9 arrondis à 10; 3, 4, 6 et 7 cents arrondis à 5.

Pousser à la disparition naturelle

Ce ne sera évidemment valable que pour les paiements en liquide. Ce qui suscite déjà des critiques de la part de certains syndicats, qui craignent de voir des files se créer dans les magasins «car le client réfléchira à la manière de payer qui lui coûtera le moins cher». De plus, le consommateur pourrait croire que les prix sont toujours plus élevés quand on pratique l’arrondi. «Raison pour laquelle peu de commerçants le font», note le Syndicat national des indépendants.

Mais dans quelques semaines, la recommandation deviendra une obligation. Le but du gouvernement est d’éviter des manipulations longues de petites pièces, tant de la part des commerçants que des clients. Mais aussi de poursuivre ses économies entamées puisque la Belgique a cessé de frapper ces pièces depuis quelques années. Leur production et leur transport se faisaient en effet à perte. L’espoir est qu’elles disparaissent petit à petit de la circulation, devenues inutiles.

L’Horesca est totalement contre

L’idée belge pourrait évidemment séduire d’autres pays. D’autant que le Luxembourg ne frappe pas sa monnaie, tâche confiée à la Koninklijke Nederlandse Munt, la Monnaie des Pays-Bas. Ce qui se fait à perte pour les pièces de 1, 2 et 5 cents.

Pour la fédération Horesca, imposer un arrondi des prix est tout simplement inimaginable. «Je me demande parfois si les gens n’ont pas perdu le sens commun», avance François Koepp , son secrétaire général. «Est-ce que 2 cents, cela ne vaut plus rien? C’est presque 1 ancien franc tout de même. Il faut travailler pour avoir cette pièce, or avec une telle mesure, on donne l’impression qu’on les offre gratuitement. Si un article de presse, par exemple, est valorisé à 0,02 euro et que vous en publiez 8 par jour, tous les jours, cela fait presque 60 euros au bout de l’année. Je crois que ceux qui décident de ces mesures ont trop d’argent en poche. Surtout, selon nous, toute prestation a une valeur et il faut accepter de payer celle-ci au juste prix. Je ne vois aucune utilité à arrondir ainsi.»

De plus, François Koepp voit là une porte ouverte sur de possibles autres initiatives. «Va-t-on ensuite arrondir le salaire horaire d’un ouvrier, d’un employé ou d’un fonctionnaire? Vous croyez que cela sera accepté par chacun?», se demande-t-il encore.

Pas de demande du secteur ou des clients

Le débat sur un arrondi des prix, de toute façon, n’est pas à l’ordre du jour.

«La question de savoir si l’arrondi était à l’ordre du jour chez nous a été posée par Comeos, la fédération belge du commerce. Nous leur avons répondu que non», indique Nicolas Henckes , directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce.

Il confirme «n’avoir en tout cas aucune demande en ce sens, ni du secteur, ni des clients». La raison? «Difficile à dire», estime-t-il. «Peut-être payons-nous plus au Luxembourg via nos cartes ou notre téléphone...»