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La table

On a testé un savoureux voyage dans le temps au Postkutsch



S’il faut aimer l’ambiance joyeusement désuète du Postkutsch, les assiettes ne trompent pas, et on y mange toujours bien, ce que ne manque pas de prouver la clientèle locale très présente.  (Photo: Maison Moderne)

S’il faut aimer l’ambiance joyeusement désuète du Postkutsch, les assiettes ne trompent pas, et on y mange toujours bien, ce que ne manque pas de prouver la clientèle locale très présente.  (Photo: Maison Moderne)

Un décor délicieusement désuet, un rapport qualité-prix qui n’existe plus, et un chariot de fromages tout à fait épique: on sait pourquoi le Postkutsch à Esch fait le plein depuis 1987.

1987. C’est l’année de naissance du restaurant Postkutsch à Esch-sur-Alzette, et lorsqu’on rentre dans cette véritable institution du sud du pays, on pourrait avoir l’impression d’y être retourné... Ce n’est pas une mauvaise chose: le service obséquieux juste comme il faut et le décor légèrement fin de siècle mâtiné d’années 80 donnent au restaurant de faux airs de capsule temporelle figée, qui transporte dans une époque où il était chic d’aller s’habiller et se fournir en tout et rien au Monopol de la rue de l’Alzette.

Le restaurant Postkutsch est une référence à Esch depuis 1987. C’est écrit dessus!  (Photo: Maison Moderne)

Le restaurant Postkutsch est une référence à Esch depuis 1987. C’est écrit dessus!  (Photo: Maison Moderne)

Autre atout de ce petit voyage dans le temps d’un soir: les prix, qui datent eux aussi du siècle dernier, ou presque. Le menu entier, comprenant 4 services, l’apéritif, le vin à discrétion (oui, vous avez bien lu) et le trou normand (oui, vous avez encore bien lu!), est facturé à 97€. Allez trouver ça ailleurs... Ce qui justifie sûrement que le restaurant fasse le plein depuis tant d’années et soit une des aventures gastronomiques préférées de la clientèle locale, luxembourgeoise comme française.

Après deux amuse-bouche honnêtes, la crème brûlée de camembert servie en entrée avec de la bresaola fait plutôt bien le travail pour ouvrir l’appétit, même si l’on aurait bien aimé qu’elle soit un peu plus chaude et moins sucrée. Mais le tout marche bien, et la gourmandise est de la partie!

La crème brûlée au camembert, qui a su nous mettre en appétit!  (Photo: Maison Moderne)

La crème brûlée au camembert, qui a su nous mettre en appétit!  (Photo: Maison Moderne)

Arrive le fameux trou normand, une espèce rare que l’on n’avait plus aperçue depuis une soirée de Saint-Sylvestre dans une salle polyvalente du coin. Si le caractère vintage de ce service est plus qu’enthousiasmant, on est un peu déçu du résultat, avec un gin premier prix (Gordon) versé dans sa bouteille sur un sorbet aux fruits de la passion. Si on met du beurre Bordier à table, pourquoi ne pas opter pour un joli gin local, un peu plus chic?

Seule déception du dîner: le trou normand, dont l’apparition inattendue aurait mérité meilleur traitement…  (Photo: Maison Moderne)

Seule déception du dîner: le trou normand, dont l’apparition inattendue aurait mérité meilleur traitement…  (Photo: Maison Moderne)

Mais le plat qui suit rattrape facilement ce petit faux pas! En effet, le duo Saint-Jacques/lotte est parfaitement cuit et assaisonné. Le poisson délicat a mariné dans de la vanille, et ça se sent, mais les saveurs s’équilibrent bien lorsqu’il est accompagné de la sauce onctueuse, des champignons et des fantastiques petites pommes de terre avec lesquels il est servi. Le vin coule à flots à coups de grands «refills» sans qu’on ne nous demande vraiment notre avis, mais, soyons honnêtes, on ne va pas s’en plaindre.

Duo Saint-Jacques et lotte marinée dans de la vanille, légumes et champignons: un très beau plat!  (Photo: Maison Moderne)

Duo Saint-Jacques et lotte marinée dans de la vanille, légumes et champignons: un très beau plat!  (Photo: Maison Moderne)

Arrive la grande attraction gustative qui a fait et fait encore la réputation du Postkutsch: le phénoménal chariot de fromages. À plus ou moins cinq près, et en attendant les explications de la sympathique jeune serveuse en charge de la préparation des assiettes, on a compté 98 variétés différentes, dont une grande majorité proviennent de la très réputée maison d’affineurs anversois Van Tricht. On aimerait se rappeler tout ce qu’on a dégusté de délicieux sur ce chariot fantastique, mais ce serait illusoire. On se rappellera surtout du dernier fromage, affiné au tabac, d’un autre monde!

Impossible de choisir soi-même ce dont on a envie sur le plateau de fromages du Postkutsch. Ça tombe bien, le personnel est d’excellent conseil!  (Photo: Maison Moderne)

Impossible de choisir soi-même ce dont on a envie sur le plateau de fromages du Postkutsch. Ça tombe bien, le personnel est d’excellent conseil!  (Photo: Maison Moderne)

Avec tout ça, plus de place pour le dessert, mais les gourmand(e)s y auront droit. Un café, un digestif, et c’est déjà la fin du voyage, le retour vers le futur. Mais qu’à cela ne tienne, on n’est jamais bien loin du Postkutsch...

Restaurant Postkutsch: 8, rue Xavier Brasseur, Esch-sur-Alzette, T.54 51 69

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