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Start-up

Nouveau partenaire de choix pour CarPay-Diem



CarPay-Diem permet d’activer une pompe et de payer son carburant depuis son smartphone dans la voiture. Une solution technologique qui a séduit le géant français Edenred et sa filiale centrée sur la mobilité professionnelle. Un win-win inédit. (Photo: archives Paperjam)

CarPay-Diem permet d’activer une pompe et de payer son carburant depuis son smartphone dans la voiture. Une solution technologique qui a séduit le géant français Edenred et sa filiale centrée sur la mobilité professionnelle. Un win-win inédit. (Photo: archives Paperjam)

CarPay-Diem a profité de l’été pour enrôler un actionnaire de choix: la filiale d’Accor, la française Edenred Fleet and Mobility, a la main sur 52.000 stations-service en Europe, dans des pays différents de la start-up luxembourgeoise.

CarPay-Diem a changé de braquet. Plus question d’aller convaincre de nouveaux acteurs ou de nouvelles chaînes de supermarché qui vendent du carburant d’intégrer sa solution de paiement facilité du carburant. Autant chercher un partenaire qui a lui-même le contrôle de stations-service pour pousser plus rapidement à l’adoption du paiement complètement digitalisé.

Fin juillet, la start-up luxembourgeoise a finalisé un deal avec la française Edenred. Pour 2,6 millions d’euros, celle-ci a pris 10% du capital et aura un actionnaire au conseil d’administration en la personne d’Antoine Dumurgier. À sa sortie de l’École polytechnique, le directeur général de la branche Fleet and Mobility du groupe français était devenu ingénieur à la Nasa.

Tandis que la start-up luxembourgeoise compte près de 2.000 stations dans le Benelux et rêve d’attaquer prochainement le marché français, son nouvel actionnaire va lui «amener» ses 52.000 stations en Allemagne, en Italie, en Pologne et en Autriche, acquises par le rachat de l’allemande UTA, entamé dès 2015 .

Les deux entités vont surtout collaborer autour de la dimension commerciale de la digitalisation de la carte carburant. «C’est un mouvement de marché», commente un des fondateurs de CarPay-Diem, Alain Tayenne. «On voit que tout le monde a envie de digitaliser sa carte carburant.»

Pourquoi les Français, qui en ont largement les moyens financiers, avec un chiffre d’affaires de près de 700 millions d’euros en 2019 et un bénéfice net part du groupe de 100 millions d’euros, ne le font pas seuls? «Ils ont grandi progressivement, ne sont pas franchement des IT et cherchaient une structure agile avec cette culture-là dans l’ADN», commente encore le fondateur de CarPay-Diem.

Edenred propose des solutions de paiement à usages spécifiques dédiées à l’alimentation (titres-restaurant), à la mobilité (cartes carburant, titres-mobilité), à la motivation (titres-cadeaux, plateformes d’engagement des collaborateurs), et aux paiements professionnels (cartes virtuelles). Elle est la numéro 2 en Europe, et la numéro 1 en Amérique du Sud. Elle a géré la vente de 7,6 milliards de litres de carburant, via trois millions de cartes carburant et autres dispositifs de paiement de péage.

Le partenariat tombe bien, parce qu’après des dettes accumulées d’1,7 million d’euros en fin d’année dernière, où la solution venait à peine d’être lancée, la start-up devrait finir l’année dans le vert. Un million de transactions auront été opérées en moins de trois secondes. Alors qu’elle comptabilisait quatre employés à Noël dernier, la start-up cherche aujourd’hui à recruter son quinzième talent pour se préparer à attaquer deux autres marchés géographiques.

CarPay-Diem permet d’activer une pompe à essence et le paiement depuis l’intérieur de son véhicule avec son smartphone. Il ne reste plus qu’à descendre se servir.