POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Reprise de la construction dès lundi

Le patronat prêt pour la reprise



Les chantiers pourront reprendre dès lundi, après trois semaines d’arrêt. (Photo : Matic Zorman / archives / Maison Moderne)

Les chantiers pourront reprendre dès lundi, après trois semaines d’arrêt. (Photo : Matic Zorman / archives / Maison Moderne)

Les représentants des entreprises ont bien accueilli l’annonce d’une reprise progressive de l’activité économique, à commencer par les métiers de la construction.

Évoquée par Paperjam dès mardi , la première étape de la sortie de crise a été confirmée mercredi par le Premier ministre Xavier Bettel  (DP) à l’issue du conseil de gouvernement. Avec un coup d’envoi donné par les salariés de la construction, qui pourront reprendre le chemin des chantiers dès lundi .

«Nous sommes soulagés, et nous sommes bien préparés pour cette reprise», assure Roland Kuhn , président de la Fédération des entreprises de construction et de génie civil, qui réunit 600 entreprises et compte 20.000 salariés. «Nous avons créé une guideline reprenant la façon doit on doit redémarrer. Le plus important étant la sécurité et la santé de nos collaborateurs. Nous sommes prêts.» La Fédération a d’ailleurs préparé affiches et flyers afin de sensibiliser les collaborateurs.

Il est illusoire de croire que tout va redémarrer au point où ça s’est arrêté.
Roland Kuhn

Roland Kuhn,  président,  Fédération des entreprises de construction et de génie civil

«Nous allons démarrer doucement», nuance toutefois l’ancien président de la Chambre des métiers, puisqu’une partie des salariés seront forcés de rester à la maison tant que les crèches et les écoles seront fermées, ou parce que vulnérables ou en maladie. «Il est illusoire de croire que tout va redémarrer au point où ça s’est arrêté. Nous avons beaucoup de choses à mettre en place, et il va falloir former les gens sur les chantiers pour les sensibiliser aux mesures de sécurité.»

Les chantiers ont en effet été mis à l’arrêt durant trois semaines, souligne Tom Wirion , directeur général de la Chambre des métiers. «Il faut que les équipes soient mobilisées, et aussi certainement voir sur site si les fournitures qu’il faut sont bien là, si les machines fonctionnent.» Et évidemment veiller à ce que les entreprises mettent bien à disposition de leurs salariés des masques de protection – ou protections buccales alternatives – et du gel hydroalcoolique.

«La Fédération des artisans et les différentes associations professionnelles ont élaboré des concepts et des instructions de sécurité pour protéger les employés et les clients contre une éventuelle infection», met également en avant Michel Reckinger , président de la Fédération des artisans, dans un communiqué. «Ces documents et informations pourront être téléchargés sur notre site web dans les prochains jours, et nous les diffuserons via notre newsletter.»

C’est une étape décisive dans un pays où les chantiers de toutes sortes, de logements comme d’infrastructures, ont une importance particulière.
René Winkin

René Winkin,  directeur,  Fedil

L’industrie voit en tout cas d’un bon œil le dégel progressif d’une partie de l’économie luxembourgeoise. «Je suppose que le gouvernement a été convaincu par les mesures de préparation prises par le secteur de la construction – quasiment le seul secteur que nous couvrons qui a dû arrêter de travailler», note René Winkin , directeur de la Fedil. «C’est une étape décisive dans un pays où les chantiers de toutes sortes, de logements comme d’infrastructures, ont une importance particulière.»

D’ailleurs, «cette reprise arrange aussi les porteurs de projets, et nous devons espérer qu’aucun projet ne sera reporté en raison de problèmes de liquidités», commente M. Winkin.

Les autres secteurs devront toutefois attendre leur tour, puisqu’aucune échéance n’a été avancée par le gouvernement. «C’est important qu’une perspective soit dessinée avec ce déconfinement progressif en plusieurs phases», tempère M. Wirion. «Le fait que la construction, un secteur-clé de l’économie luxembourgeoise, puisse reprendre est un bon signal.» Outre l’hôtellerie, la restauration et les cafés (horeca), la coiffure et l’esthétique – qui ne peuvent offrir leurs services en ligne comme d’autres commerces – souffriront encore avant de reprendre. «Il est très important que des aides supplémentaires soient débloquées comme y a fait allusion le Premier ministre», plaide M. Wirion.

C’est un tout cohérent, on peut être content que cela redémarre progressivement, et c’est ce qui semble être le plus raisonnable.
Jean-Paul Olinger

Jean-Paul Olinger,  directeur,  UEL

L’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) salue en tout cas l’annonce, soulignant le respect nécessaire des mesures de précaution que le gouvernement précisera dans les prochains jours, à commencer par la protection obligatoire de la bouche. «La sécurité et la santé des citoyens et des salariés sont l’élément le plus important», répète son directeur, Jean-Paul Olinger . «C’est un tout cohérent, on peut être content que cela redémarre progressivement, et c’est ce qui semble être le plus raisonnable.»

Car cette première étape cruciale demeure fragile. «Le gouvernement veut observer comment se passe la première phase avant de prendre la décision d’une deuxième phase, et cela correspond au souci d’éviter une marche arrière , qui serait vraiment déplorable et très coûteuse des points de vue sanitaire, économique et social», abonde M. Winkin. Une deuxième phase très attendue, puisqu’elle libérera les parents d’enfants scolarisés au fondamental.