ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Le jour où…

«Nous avons décidé de minimiser notre impact environnemental»



Gilles Gerard invite tous les acteurs industriels à envisager tous les leviers d’optimisation environnementaux à leur disposition. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Gilles Gerard invite tous les acteurs industriels à envisager tous les leviers d’optimisation environnementaux à leur disposition. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

À la tête de Luxlait, Gilles Gerard a contribué à la mise en œuvre d’une politique volontariste de mesure et de réduction des incidences environnementales de l’ensemble de l’activité. Parce que ce qui est bon pour la planète peut être bon aussi pour l’entreprise.

Gilles Gerard.- «Quand j’ai repris la direction de Luxlait il y a bientôt 3 ans, j’ai constaté que le marché était peu conscient des efforts entrepris par notre coopérative en termes de durabilité et d’écoresponsabilité. Si nous étions déjà engagés dans une démarche durable, j’ai souhaité inscrire l’ensemble de notre activité dans une logique d’amélioration continue au service de l’environnement. Que l’on parle de la réduction ou du tri des déchets liés à la production, de la consommation de l’eau ou de l’énergie, ou encore de l’utilisation d’emballages plus respectueux de l’environnement, nous évaluons désormais de manière continue une centaine d’indicateurs attachés au volume de production avec la volonté de réduire notre impact sur l’environnement.

Au niveau opérationnel, la démarche s’envisage avec les équipes, en restant ouverts aux possibilités qui s’offrent à nous pour un développement plus responsable. Nous trions aujourd’hui 65 types de déchets différents afin de mieux les revaloriser. Nous allons investir pour renforcer notre installation de panneaux photovoltaïques dans le but de passer d’une puissance actuelle de 0,5 MWc à 1,9 MWc. Cela permettra une réduction de l’empreinte carbone de +/- 750 tonnes de CO2. À côté de cela, nous avons diminué notre consommation électrique en généralisant le recours aux LED et aux pompes à chaleur. L’usage de l’eau, qui est uniquement utilisée chez Luxlait pour le nettoyage des installations, fait l’objet d’un suivi régulier, avec la volonté de préserver cette ressource précieuse. L’eau usée est directement traitée sur site, au sein de notre station d’épuration, pour être rendue à la rivière la plus proche avec une qualité supérieure à celle exigée par les normes en vigueur. Aujourd’hui, nous envisageons la mise en place d’une unité de méthanisation, permettant de récupérer de l’énergie au départ des déchets organiques issus de la production.

La démarche se prolonge dans le choix des emballages, en privilégiant ceux qui sont les plus respectueux de l’environnement. Nous regardons actuellement à privilégier des contenants produits en plastique biosourcé, autrement fabriqués grâce aux déchets végétaux et non à partir de pétrole.

Déployer une telle politique part d’une démarche volontariste. J’explique souvent que nous ne souhaitons pas subir le marché mais bien contribuer à une transition aussi inévitable qu’essentielle. J’invite d’ailleurs tous les acteurs industriels à envisager tous les leviers d’optimisation environnementaux à leur disposition. Au-delà de l’engagement en faveur de la planète, une telle démarche est bénéfique pour le développement de l’activité.

En cherchant à réduire ses émissions de CO2, on parvient le plus souvent à réduire sa consommation énergétique, à améliorer sa rentabilité, à augmenter la qualité.

Le retour sur investissement doit évidemment être pris en considération. Mais en évaluant ces enjeux en permanence afin de minimiser son impact, en restant ouvert aux évolutions technologiques, en intégrant les critères d’écoresponsabilité dans le choix de ses fournisseurs et partenaires, on peut trouver de nouvelles possibilités de développement bénéfiques à la fois pour la planète et pour l’entreprise. De cette manière, on découvre alors qu’il est possible de faire évoluer progressivement toute sa production dans une logique vertueuse et de tendre vers une économie circulaire.»

Cet article a été rédigé pour le supplément «Green economy» accompagnant l’édition magazine de  Paperjam datée de novembre  qui est parue le 29 octobre 2020.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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