POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Rapport Waringo 

«La non-vaccination du personnel soignant est incompréhensible»



Jeannot Waringo a coordonné le travail d’une équipe multidisciplinaire de huit spécialistes. (Photo: Chambre des députés)

Jeannot Waringo a coordonné le travail d’une équipe multidisciplinaire de huit spécialistes. (Photo: Chambre des députés)

Jeannot Waringo a présenté ce lundi aux députés le rapport du groupe de travail chargé d’étudier les clusters de Covid-19 apparus dans certaines structures pour personnes âgées. Le gouvernement est exonéré de fautes majeures. Mais la non-vaccination d’une partie du personnel soignant interpelle.

L’évolution du Covid-19 dans les maisons de repos et les centres intégrés pour personnes âgées (Cipa) du Luxembourg avait soulevé de nombreuses questions dans le chef des députés. À tel point que le gouvernement avait commandé une étude neutre et indépendante en réponse à une motion adoptée le 1er avril. C’est Jeannot Waringo qui a été chargé de constituer un groupe multidisciplinaire, dont le rapport de 82 pages a été déposé et présenté ce lundi à la Chambre.

Que retenir de cette analyse?

Tout d’abord, que l’évolution des cas de Covid-19 dans des structures d’hébergement pour personnes âgées a suivi la tendance des vagues d’infections dans la population en général. 

Mais aussi que le gouvernement est exonéré de fautes lourdes et de lacunes. Toutefois, des recommandations doivent aider à faire mieux, notamment quant aux directives données aux directions des établissements.

Ensuite, que le Luxembourg ne présente pas de mauvais résultats par rapport aux autres pays de la Grande Région en ce qui concerne les divers indicateurs, comme la mortalité, le nombre d’infections, la vaccination… «Le Grand-Duché se situe dans la moyenne», peut-on lire dans le rapport. Qui précise que «les résidents des maisons de retraite et de soins étaient moins touchés par la première vague d’infections au printemps 2020 que lors de la deuxième vague en novembre et décembre 2020, ou encore au printemps 2021».

Enfin, les experts se montrent sans nuance par rapport à la vaccination du personnel des maisons de soins. «À cet égard, il importe au groupe de travail d’exprimer très clairement son incompréhension à l’égard de la décision itérativement répétée de ne pas rendre obligatoires d’abord le testing, puis la vaccination de toutes les personnes qui sont en contact avec les personnes les plus vulnérables de notre société. Cette incompréhension est partagée par la très grande majorité des responsables d’établissements que nous avons eu la chance de rencontrer dans le cadre de notre mission. De nombreux arguments sont bien évidemment avancés avec plus ou moins de conviction par toutes celles et tous ceux qui plaident, parfois avec véhémence, la cause de la liberté de choix dans ce domaine, mais l’interrogation reste toujours la même. Comment peut-on concilier la volonté de protéger les personnes les plus vulnérables de notre société et le refus de se faire tester ou vacciner?», est-il écrit dans le rapport.

Clarifier les rôles et les responsabilités

Lors de la discussion, les députés ont voulu savoir si les recommandations du gouvernement ont toujours été bien comprises par les directions des établissements. La réponse est «oui», et les maisons de repos n’ont donc pas été laissées à l’abandon. Mais un certain désarroi a été identifié «quant à la mise en œuvre des recommandations». De nombreux responsables de structures ont dû, de leur propre chef, évaluer la balance entre «liberté individuelle des résidents» et «protection sanitaire de la population».

Les membres du groupe de travail ont aussi conclu qu’il sera souhaitable de clarifier les rôles et responsabilités de chacun. De plus, il a été recommandé de profiter des périodes d’accalmie du virus pour mettre en place un plan de recommandations minimales à suivre.

Le rapport est accompagné d’une revue scientifique, ainsi que d’une analyse épidémiologique et des données statistiques. Pour mener cela à bien, le groupe de travail s’est rendu dans 11 structures et a échangé avec 18 responsables des 52 établissements (Cipa et maisons de soins), ainsi que des logements encadrés. Il a ainsi épluché près de 25.000 documents concernant les règles et mesures en place.

Ce mardi, le gouvernement évoquera les conclusions qu’il en tire, et sans doute les futures stratégies qui seront proposées.