POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

élections européennes

De nombreuses recettes pour l’Europe sociale



Tous les partis présents lors du débat estiment qu’il faut augmenter le niveau de vie des citoyens européens. (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne)

Tous les partis présents lors du débat estiment qu’il faut augmenter le niveau de vie des citoyens européens. (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne)

Rapprocher l’Europe du citoyen sera une obligation des futurs élus. Des mesures devront être prises afin de faire baisser la tension sociale qui, dans certains pays, alimente les populismes.

Les questions sociales, tout comme la fiscalité , n’ont pas été éludées lors du débat organisé par le Paperjam Club et Paperjam mercredi soir avec sept candidats des principaux partis. Tous sont d’accord sur le fait que le lien entre les citoyens et les institutions doit être retendu, les actions européennes mieux expliquées. Mais aussi, sans doute, être plus concrètes.

Salaire social minimum européen?

L’idée d’un salaire social minimum européen est donc revenue à l’ordre du jour. «Plutôt qu’un montant commun, on préfère évoquer pour notre part un minimum local de 60% du salaire moyen en vigueur dans le pays concerné», affirme Tilly Metz (Déi Gréng). Reprise par Monica Semedo (DP), qui souligne «que si cela est appliqué au Luxembourg, cela fera un salaire minimum de 4.600 euros, c’est inimaginable. Il faut s’adapter à chaque pays et non pas décider d’un taux à appliquer partout de la même manière.» 

Isabel Wiseler-Lima (CSV) rappelle pour sa part que «les accords de Göteborg ont été signés en ce qui concerne le socle social européen. Tout est là. Reste à le mettre en pratique et deux directives ont déjà été adoptées.»

Lutter contre toutes les inégalités

Nicolas Schmit (LSAP) répond que «c’est un beau texte, mais non contraignant. Le socle social européen est encore en retrait par rapport au socle économique. Il faut un vrai plan d’action et le but des socialistes est de compter 50 millions de pauvres en moins en 2050. Il faut combattre toutes les inégalités. Un enfant sur cinq court un risque de pauvreté sur le continent le plus riche du monde, c’est inadmissible, scandaleux! Et les familles pauvres ne produisent que des enfants pauvres.» 

Monica Semedo n’est pas de cet avis. «Non, les familles pauvres ne produisent pas que des enfants pauvres. J’en suis l’exemple! Ce qu’il faut, c’est donner des opportunités de monter dans l’ascenseur social, au Luxembourg et en Europe.»

Que ceux qui pensent que le salaire social minimum est suffisant au Luxembourg essaient d’en vivre sans aide durant un an.
David Wagner

David Wagner,  candidat Déi Lénk

Pour David Wagner (Déi Lénk), la diminution du temps de travail pourrait être aussi une forme de redistribution des richesses. Et la semaine de travail de 32 heures ne devrait pas être un frein à la compétitivité. «Si on veut être compétitif, qu’on réintroduise aussi le travail des enfants», lance-t-il un peu sur le ton de la provocation. «Moi, je me sens plus proche d’un travailleur chinois que d’un grand patron luxembourgeois, car on a les mêmes valeurs. Quant à ceux qui pensent que le salaire social minimum est suffisant au Luxembourg, je leur dis de tenter le coup, sans aide, et on en reparle dans un an.»

Starsky Flor (Piratenpartei) est en phase avec cela: «J’ai moi-même gagné ce salaire minimum social, qui permet de survivre, pas de vivre.»

Gagner avant de redistribuer

«Tout cela est fort sympathique. Mais avant de distribuer de l’argent, il faut le gagner. L’ADR pense aussi qu’il faut augmenter le niveau de vie des gens, mais il faut que l’économie le permette», conclut Fernand Kartheiser .

Un meilleur niveau de vie contribuera sans doute à faire baisser la tension sociale. Qui alimente les populismes, estiment la plupart. Fernand Kartheiser n’est pas de cet avis. «Il y a dans certains pays des problèmes liés à l’identité, c’est vrai. Mais ce n’est pas du nationalisme, concept qui est mort. C’est plutôt la résurgence d’une conscience nationale qui demande simplement qu’on redonne plus de pouvoir aux nations.»