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Commerce international

La Nigériane Okonjo-Iweala à la tête de l’OMC



L’économiste nigériane Ngozi Okonjo-Iweala accèdera, le 1er mars, à la direction de l’OMC. (Photo: WTO/Jay Louvion)

L’économiste nigériane Ngozi Okonjo-Iweala accèdera, le 1er mars, à la direction de l’OMC. (Photo: WTO/Jay Louvion)

L’Organisation mondiale du commerce a enfin un directeur. Et pour la première fois, il s’agit d’une directrice, originaire du continent africain. L’économiste aura pour première tâche de faire redémarrer le gendarme du commerce mondial.

Même si la nomination de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala (66 ans) n’a pas étonné – elle était candidate unique –, le fait de voir une femme africaine à la direction de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’en est pas moins un événement.

Depuis la démission du Brésilien Roberto Azevêdo en mai 2020, officiellement pour raisons familiales, l’arbitre du commerce international basé à Genève restait sans direction. Madame Okonjo-Iweala avait la faveur de la quasi-unanimité des membres sauf… des États-Unis de Trump, qui défendaient celle de la ministre des Finances sud-coréenne Yoo Myung-Hee.

Il a donc fallu l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden pour mettre fin à la paralysie qui mine déjà l’institution dans son fonctionnement quotidien.

Première femme et première représentante du continent africain à la tête de l’OMC, la Nigériane n’aura pas la tâche facile pour faire redémarrer cette «machine» créée en 1995, victime actuellement des querelles entre Pékin et Washington et, plus généralement, de l’individualisme des États.

L’expérience de la Banque mondiale

Mais la nouvelle patronne a du caractère et l’a déjà prouvé. Économiste reconnue, diplômée d’Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), elle a entamé sa carrière à la Banque mondiale en 1982 et en est devenue la secrétaire du conseil d’administration.

En 2003, elle est appelée au Nigéria pour devenir ministre des Finances où sa rigueur fait faire d’importants progrès au pays. Revenue à la Banque mondiale en 2007, elle est nommée directrice générale. Un poste de numéro deux qui constitue aussi une première pour une femme africaine.

Revenue en 2011 dans son pays d’origine, à nouveau pour assumer le rôle de ministre des Finances, elle brigue la présidence de la Banque mondiale en 2012, mais échoue face à l’Américain Jim Yong Kim.

Depuis juillet 2020, elle est l’envoyée spéciale de l’Union africaine dans la lutte contre la pandémie liée au coronavirus.